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[critique] (5/10) L'AVENIR par Laetitia G.

Par Christian Papia @ChristianPAPIA

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Synopsis : Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Passionnée par son travail, elle aime par-dessus tout transmettre son goût de la pensée. Mariée, deux enfants, elle partage sa vie entre sa famille, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Un jour, son mari lui annonce qu’il part vivre avec une autre femme. Confrontée à une liberté nouvelle, elle va réinventer sa vie.

Le jeune cinéma français – y compris celui de Mia Hansen-Løve ( Maya,Eden) – pose souvent sa caméra sur la jeunesse, génération de ceux qui y participent ou de nos adolescents. Ici, si le film s'intitule L'Avenir, tout comme Paolo Sorrentino avait appelé son dernier film sur la vieillesse Youth, il raconte l'histoire d'une femme quinquagénaire en quête de son futur et d'une nouvelle liberté. L'idée est belle. Nathalie, interprétée par Isabelle Huppert (Happy End,Madame Hyde,Valley Of Love),voit le confort de sa vie intellectuelle et bourgeoise vaciller lorsque la réalité de son âge vient brusquement frapper à sa porte : sa mère qui n'a plus toute sa tête doit partir en maison de retraite, son brillant ancien élève lui souligne son endormissement politique et, cerise sur le gâteau, son mari la quitte pour une femme plus jeune qu'elle. Nathalie se retrouve alors seule face à sa vie, le chat obèse de sa mère, et surtout elle-même.

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Isabelle Huppert dessine son personnage avec aisance et tendresse. Son jeu est précis, vivant, sa démarche souvent maladroite - celle d'une femme qui a depuis longtemps cessé de se regarder dans le miroir – est d'une extrême justesse. Car il s'agit bien de l'histoire d'une femme endormie qui réapprend à se regarder et à regarder son avenir. Les scènes d'Isabelle Huppert visent l'instant et puisent sa force dans les détails des gestes. Seulement, si elles sont plaisantes à suivre, ces scènes semblent comme détachées des unes des autres, éloignées de leurs conséquences. Le film s'écoule sur le spectateur comme le temps qui passe trop vite, sans véritable emprise. Mia Hansen-Løve nous lance des pistes sans en creuser aucune : ni la relation de Nathalie avec son mari, ni celle avec sa mère, ni celle – plus regrettée encore – avec son ancien élève de philosophie. Le film, bien que porteur d'une certaine beauté, à force de trop de fluidité et de retenue en oubli de laisser une empreinte.

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Le film est une perpétuelle esquisse, effleurant son thème avec la retenue, la prudence et la superficialité du milieu bourgeois qu'il critique (un peu). Et puis, il faut le dire, il est temps que le cinéma français prenne son envol de l'énième représentation du milieu parisien intellectuel. La jeunesse voudrait sortir, comme Nathalie, de cet endormissement artistique : osons l'audace, la pertinence, quitte à frôler l'insolence.

L'AVENIR Bande Annonce (Isabelle Huppert - 2016)

LAETITIA G.

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