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Goat + Camp Claude + The Social Network (Pointu Festival)

Publié le 21 juin 2016 par Misterblog

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Photos des concerts ICI

Presqu’ile du Gaou, Six Fours Les Plages, 19 Juin 2016

Avant de possibles escapades à Rockorama et au Midi Festival, tous deux proposant encore une fois des programmations une nouvelle fois défricheuses, c’est à Six Four Les Plages que les amateurs d’indie avaient rendez vous.

On avait eu l’occasion de s’y rendre cet hiver pour la belle soirée hommage à Eliott Smith à l’Espace Malraux, on est ce soir motivé par la venue de Dinosaur Jr, ratés quelques semaines plus tôt à Nimes.

Douche froide en arrivant sur le magnifique site de l’île du Gaou, un tout petit écriteau nous annonce l’annulation de dernière minute du concert de ces derniers.

Grosse déception pour une part non négligeable des 4000 spectateurs (selon les organisateurs) dont la plupart ont fait pas mal de route exprès pour la bande à J. Mascis et Lou Barlow.

« keskonfait oueskon va » se dit-on dépité en écoutant les selections impeccables du selecta The Social Network, des Cocteau Twins aux Smiths, en passant les plus obscurs Freur ou Martha & The Muffins.

Les enchaînements sont parfois aussi hasardeux qu’un centre de Sagna mais que cela fait du bien d’entendre ces pépites à fond les enceintes dans un cadre pareil.

Coucher de soleil, petite brise et deux groupes sur trois encore jamais vus, on va rester un peu pour les premiers, on n’est pas à l’abri d’une bonne soirée.

Camp Claude investissent la scène vers 20h devant un public parsemé qui ne tardera pas à se rapprocher pour un live un peu mitigé.

Un peu comme le groupe précédent de Mike Giffts (machines) et Leo Hellden (guitares), les bien nommés Tristesse Contemporaine, on aimerait davantage être emballé par une musique sous bonnes influences mais assez convenue.

La chanteuse Diane Sagnier est aguicheuse à souhait et a un timbre plutôt agréable, mais on a l’impression qu’elle n’y croit pas vraiment avec des interventions et un jeu de scène peu convaincants.

Quelques titres sortent du lot, notamment ceux où Mike donne de la voix, rappelant qu’il a été dans une autre vie le fameux Mau des autrement plus marquants Earthling.

Peut-être qu’un batteur et un bassiste auraient donné un peu plus de chair à cet electro rock qui peine à décoller, y compris lors des eux reprises au programme, une molassone du « All shook Up » d’Elvis, et une un (tout) peu plus pêchue du « Ace of spades » de Motörhead.

La soirée sera néanmoins sauvée par le groupe suivant qui est malgré ses deux albums une totale découverte pour votre chroniqueur.

On sera bien en peine de coller une étiquette aux Suédois de Goat dont la mixture est des plus libres et audacieuses, adepte de mélanges et de fusions des grooves les plus irrésistibles.

Le chaînon manquant entre leurs ainés Talking Heads et des formations contemporaines comme No Zu, qui vont nous plonger dans une transe psychédélique où l’on ne saura jamais sur quel pied danser.

Ils sont une dizaine sur scène, et rien que visuellement on est impressionné, une sorte d’Avengers de la world music avec un guitariste sapé façon Tinariwen, des chanteuses arborant des masques Vaudou, un percussionniste au visage peinturluré…

Et contrairement à tant de groupe tape à l’œil qui misent plus sur le look que le son, la musique de Goat est riche et intense, et malgré tout suffisamment accessible pour mettre tout le monde d’accord, de la jeune branchée venue pour Etienne De Crecy au vieux blasé qui n’aurait jamais pensé autant guincher.

Non seulement la surprise est totale mais s’inscrit dans la durée, pendant plus d’une heure et demi, comme quoi l’annulation de la tête d’affiche aura eu au moins quelques heureuses vertus.

Après cette claque et se souvenant qu’il y a de la route à refaire, on fera l’impasse pour Superdiscount 3, vu à Marsatac et revu à Acontraluz, pour lequel une majorité de fêtards semble être venue.

On quitte Six Fours en regrettant de ne pouvoir y retourner le surlendemain pour revoir l’envoûtante Hollie Cook, tout en espérant y revenir dès l’an prochain si le bien nommé Pointu Festival daigne proposer d’aussi bons concerts, qui plus est gratuits.


Classé dans:live review

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