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Strange days - 8/10

Par Aelezig

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Un film de Kathryn Bigelow (1995 - USA) avec Ralph Fiennes, Angela Bassett, Juliette Lewis, Tom Sizemore, Vincent D'Onofrio, Michael Wincott

Excellent !

L'histoire : 1999. Los Angeles attend le passage à l'an 2000 dans un mélange de crainte et d'espoir. Lenny, lui, poursuit ses petites affaires : il vend sous le manteau des clips illégaux, fonctionnant avec la nouvelle technologie Squid. Quelqu'un filme à l'insu de ses partenaires toutes sortes de situations et le clip les restitue au "client" comme si c'était lui qui vivait la scène. La perversité des demandes n'a pas de limite... mais Lenny en a une : il refuse de vendre du crime en direct. La ville est en déliquescence ; lui-même ne sait plus où il en est. Ex flic, il ne se remet pas de sa rupture avec Faith, jeune chanteuse de rock, désormais en couple avec un type qui baigne dans des affaires peu reluisantes. Une des amies de Lenny, prostituée, qui filmait pour lui de nombreuses scènes, vient le voir, terrifiée, lui disant qu'elle a été témoin d'une chose abominable et qu'on veut maintenant la tuer...

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Mon avis : Un film qui m'a captivée de bout en bout. Un thriller d'anticipation, particulièrement bien fait, glauque, trash, passionnant. Et visionnaire, car la société qu'il décrit est exactement celle que nous vivons aujourd'hui. Ca se passe en 1999... le tournage datant de 1994, c'était bien de l'anticipation, mais 20 ans après, il se regarde sans aucun problème, y a juste les téléphone portables qui sont un peu gros et les cabines téléphoniques encore présentes dans les rues... Strange days m'a un peu fait penser à Blade runner pour l'ambiance, et à eXistenz pour ces casques mous, genre de méduses qu'on se colle sur la tête et qui vous envoient directement dans les neurones les images des disques enregistrés pour que viviez les sensations. De belles références tout de même.

Signalons que le scénario est signé James Cameron, l'ex-époux de Kathryn Bigelow ; un tandem de choc !

L'histoire est pleine d'horreurs et de rebondissements, avec un héros un peu borderline mais terriblement attachant et animé de "bons" sentiments, incarné par le très subtil Ralph Fiennes, absolument parfait et charismatique comme d'habitude. Il est accompagné par une Angela Bassett déterminée, un beau personnage de femme forte, qui cache ses blessures, et aussi par la délirante Juliette Lewis que l'on voit ici en rockeuse, géniale, la carrière qu'elle exerce désormais à plein temps. Dommage pour nous cinéphiles, car elle a une présence redoutable à l'écran, cette fille. Fine, déliée, un regard envoûtant, un minois adorable... et une énergie considérable. D'ailleurs faut que je vérifie si les morceaux qu'elle chante dans le film font partie de son répertoire. C'est du rock sale, crade. Pas hard ni métal, plutôt punk je dirais. Le tout en combine "toile d'araignée" perlée bien sexy qui contraste sévère avec les métallos habituels !

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Les séquences où l'on est dans "la tête" de la personne qui voit le squid sont hallucinantes. C'est hyper bien fait et terrifiant. Ames sensibles s'abstenir. On n'est pas loin du snuff movie.  

Les thèmes abordés sont toujours d'actualité (mais que fait la police ?) : émeutes raciales, crises financières, ghettos, corruption, technologie intrusive et marchés parallèles de plus en plus pervers, des gourous qui parlent d'apocalypse...

Un tout petit peu trop long peut-être ? (2h20)

Strange days a été un échec commercial total aux Etats-Unis et n'a reçu que 160.000 visites en salle en France. Les chansons sont bien interprétées par Juliette. Il s'agit de Hardly wait et Rid of me, toutes deux de P.J. Harvey.


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