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France, le pays des droits à la torture

Par Plumesolidaire
France, le pays des droits à la torture

Quel regard portent les Français sur le recours à la torture? C'est la question que s'est posée l'ONG Acat (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) qui a commandé un sondage* à l'IFOP en avril dernier. «Et les résultats sont effrayants», s'alarme Jean-Etienne de Linares, délégué général de l'ONG, engagée de longue date dans la lutte contre la torture et la peine de mort.

Un chiffre préoccupe particulièrement ce responsable associatif: 36% des Français estiment que, dans certains cas exceptionnels (attentats, guerre, etc.), «on peut accepter le recours à la torture». À titre de comparaison, ils n'étaient «que» 25% à le penser en 2000, selon une enquête** similaire réalisée à l'époque par Amnesty International.Pour défendre la République faut-il recourr à la torture ?

Humain, trop humain. La moitié des français ont un tortionnaire caché en eux.

Près d'un français sondé sur cinq (18%) se sentirait capable de pratiquer lui-même la torture dans des cas exceptionnels

Ignominie du jouisseur égoïste ? Déchéance de l'ignorant sans mémoire ?  Femme ou homme insensible dépourvu(e) de ce qui fait le propre de l'humain ? Individu aux facultés intellectuelles réduites ? Haine suscitée par le ressentiment ? Esprit au mental amoindri par le pilonage médiatique quotidien de la guerre contre les criminels djihadistes ?

Qui sont ces français interrogés par l'ONG Acat ? 

Devons-nous les considérer comme des "compatriotes" ou nous résigner au constat que l'éducation dans notre pays a produit autant de sous-hommes cyniques aussi dangereux ?

Ma réponse est dans la question.

Elle pose une autre question: mais que font les français qui ont défilé le 11 janvier 2015 ?

N'était-ce qu'un bal national des hypocrites ?

Plume Solidaire

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Libération - 21 juin

La torture davantage acceptée en France depuis les attentats

La possibilité de la torture est acceptée par plus d’un Français sur deux, dans le contexte des attentats jihadistes de 2015, selon un sondage de l’Acat à l’occasion de son rapport annuel sur le phénomène tortionnaire dans le monde.

«On se doutait qu’il y avait une acceptation de plus en plus grande de la torture, dans le contexte de la montée du terrorisme, mais on ne se rendait pas compte que l’évolution était aussi dramatique», a commenté pour l’AFP le délégué général de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Jean-Etienne de Linares.

Ainsi, 54% des Français interrogés considèrent comme justifié qu’un policier envoie des décharges électriques sur une personne soupçonnée d’avoir posé une bombe prête à exploser pour la faire parler. Ils n’étaient que 34% en 2000 (sondage CSA pour Amnesty International).

Pour 36% des personnes interrogées, on peut accepter «dans certains cas» le recours à des actes de torture, une hausse de 11 points par rapport à 2000. Et 18% d’entre elles se sentiraient capables de pratiquer la torture dans des cas exceptionnels.

«Par rapport à l’interdit absolu de torturer, les digues cèdent les unes après les autres: acceptabilité plus grande dans l’opinion, discours guerrier, complaisance à l’égard d’Etats pratiquant la torture comme le Maroc... De renoncement en renoncement, un terreau se met en place et qui sait ce qu’il se passera s’il y a un, cinq, dix attentats de plus», a déploré Jean-Etienne de Linares.

Cette évolution d’une partie de l’opinion publique française, vue comme une «tolérance croissante à l’égard de la pratique de la torture d’Etat», va de pair avec une méconnaissance du phénomène tortionnaire, selon l’Acat.

«Les Français ne se rendent pas compte qu’un Etat sur deux est un Etat tortionnaire qui utilise au quotidien ces méthodes pour opprimer ses opposants et faire avouer des suspects de droit commun», souligne Jean-Etienne de Linares.

Le rapport 2016 présente une analyse détaillée de neuf pays: Allemagne, Congo-Brazzaville (le régime de Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis 32 ans, «s’appuie en partie sur la persistance du recours à la torture comme moyen pour museler toute velléité d’opposition»), Nigeria, Chine, Ouzbékistan («un des Etats les plus répressifs au monde», où «dans un contexte d’impunité totale, la torture est devenue une méthode d’enquête ordinaire»), Uruguay, Mexique («le nombre de plaintes pour torture a augmenté de 600% en dix ans»), Tunisie et Koweït.

En Tunisie, si l’usage de la torture est «moins systématique qu’avant la révolution» qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en 2011, elle continue d’être «fréquemment employée», selon l’Acat, notamment contre les jeunes présentant un profil salafiste et suspectés d’appartenir à des groupes terroristes ou des délinquants de droit commun.

«Si la torture est une pratique quotidienne dans beaucoup de pays, c’est d’abord parce que des policiers mal formés et mal payés l’utilisent comme une méthode d’enquête», afin d’obtenir des aveux et de «faire du chiffre», notent les auteurs du rapport.

La torture ne permet pas selon l’Acat d’obtenir des informations fiables, mais elle est très utile pour les régimes autoritaires qui souhaitent terroriser leurs opposants: «Faire taire et non pas faire parler. Une redoutable efficacité dès lors qu’il ne s’agit pas d’obtenir des renseignements, mais d’écraser toute velléité de révolte».

L’Acat a aussi observé le développement au cours de la dernière décennie d’un nouveau phénomène: la torture privée de migrants à des fins de rançons, principalement dans le Sinaï et en Libye (visant Erythréens, Ethiopiens et Soudanais notamment), mais aussi au Mexique, ciblant des migrants d’Amérique latine.

Dans les «maisons de torture qui ont poussé comme des champignons» dans le désert du Sinaï, au Soudan, en Libye, au Yémen, des milliers de migrants «sont torturés devant un téléphone relié à leur famille (...) par des bourreaux sans scrupules qui espèrent en retirer des sommes faramineuses».

AFP

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Le Figaro - 21 juin

Le scénario de la bombe à retardement

L'Acat entrevoit «un effet attentats» dans ces résultats. «Dans la situation présente où le terrorisme international s'est répandu au point que nul d'entre nous puisse être assuré d'y échapper, l'hypothèse du recours à la torture est devenue pour beaucoup une question sérieuse, et cela seul est le signe d'un recul dont il y a lieu de s'inquiéter», prévient le philosophe Michel Terestchenko dans une analyse accompagnant le sondage. «On sent qu'il y a des digues de tolérance qui cèdent et qu'on est en train de régresser», déplore Jean-Etienne de Linares, rappelant que de nombreux textes nationaux et internationaux interdisent le recours à la torture. L'article 5 de la Déclaration universelle des droits de l'Hommel'énonce clairement: «Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants».

En cause? La plupart d'entre eux pensent que la torture est efficace pour prévenir des actes de terrorisme et obtenir des informations fiables (45%). «Il existe un fantasme selon lequel il vaut mieux faire souffrir quelqu'un pour sauver des vies. C'est ce qu'on appelle le scénario de la bombe à retardement. Sauf que dans les faits, cette thèse a largement été remise en cause», insiste Jean-Etienne de Linares. «Les agents secrets le savent: les détenus parlent mais ne donnent pas de renseignements fiables».

En 2014,un rapport du Sénat américainallait en ce sens. Après cinq années d'enquête sur la torture exercée par la CIA après les attentats du 11 septembre 2001, les sénateurs avaient découvert que les informations obtenues sous la contrainte n'avaient jamais été utiles pour lutter contre le terrorisme. «Sans compter que c'est contre-productif», complète le responsable associatif. «En torturant, vous créez des martyrs, vous inspirez la vengeance, rien d'autre».

Hormis les décharges électriques, une part non négligeable de Français sont prêts à accepter certains comportements de la part des forces de sécurité.

Ainsi,42% pensent qu'il peut être justifié que des fonctionnaires des services d'immigration bâillonnent et menottent un immigré clandestin qui s'oppose à son expulsion vers son pays d'origine.

Et25% estiment qu'un policier peut, lors d'un interrogatoire, gifler un individu pour lui faire avouer un crime. À l'Acat, une gifle est considérée comme un acte de torture à partir du moment où l'individu n'est pas en mesure de riposter.

Autre enseignement de ce sondage: les Français n'ont pas tous la même vision de la torture. Ainsi,14% des personnes interrogées considèrent que priver quelqu'un de nourriture et de sommeil n'est pas un acte de torture en soi.Tout comme le fait d'humilier un détenu en le laissant nu pendant plusieurs jours (15%) ou faire croire à une personne qu'elle va être exécutée (18%).

Une méconnaissance du phénomène tortionnaire

Les raisons qui mènent à ces résultats sont multiples: la haine, le désir de vengeance, le refus de voir attribuer des droits à ceux qui ne les respectent pas. Sans oublier l'ignorance. «Le sondage montre que le Français ne connaissent pas grand-chose au phénomène tortionnaire», regrette Jean-Etienne de Linares. Ils sont ainsi un certain nombre (39%) à penser que les minorités ethniques et religieuses sont le plus souvent victimes de torture, alors qu'en réalité, ce sont les délinquants et les suspects de droit commun qui en souffrent le plus.

De même, ils sont majoritairement persuadés que les tortionnaires sont le plus souvent des groupes armés et des organisations criminelles (84%). À tort. Contrairement aux idées reçues, ce sont les militaires, les membres de forces de l'ordre, les policiers et les gardiens de prison qui pratiquent le plus souvent des actes de torture. À ce jour, «on considère qu'un pays sur deux continue de torturer», conclut Jean-Etienne de Linares. «Et je ne parle pas de bavure. La torture est encore fréquente, voire encouragée par les autorités».

* Sondage réalisé via Internet par l'Ifop en avril 2016 auprès d'un échantillon de 1500 personnes, selon la méthode des quotas.

**Sondage CSA pour Amnesty International réalisé par téléphone du 26 au 27 septembre 2000 auprès d'un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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France, le pays des droits à la torture

Quel regard portent les Français sur le recours à la torture? C'est la question que s'est posée l'ONG Acat (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) qui a commandé un sondage* à l'IFOP en avril dernier. «Et les résultats sont effrayants», s'alarme Jean-Etienne de Linares, délégué général de l'ONG, engagée de longue date dans la lutte contre la torture et la peine de mort.

Un chiffre préoccupe particulièrement ce responsable associatif: 36% des Français estiment que, dans certains cas exceptionnels (attentats, guerre, etc.), «on peut accepter le recours à la torture». À titre de comparaison, ils n'étaient «que» 25% à le penser en 2000, selon une enquête** similaire réalisée à l'époque par Amnesty International.Pour défendre la République faut-il recourr à la torture ?

Humain, trop humain. La moitié des français ont un tortionnaire caché en eux.

Près d'un français sondé sur cinq (18%) se sentirait capable de pratiquer lui-même la torture dans des cas exceptionnels

Ignominie du jouisseur égoïste ? Déchéance de l'ignorant sans mémoire ?  Femme ou homme insensible dépourvu(e) de ce qui fait le propre de l'humain ? Individu aux facultés intellectuelles réduites ? Haine suscitée par le ressentiment ? Esprit au mental amoindri par le pilonage médiatique quotidien de la guerre contre les criminels djihadistes ?

Qui sont ces français interrogés par l'ONG Acat ? 

Devons-nous les considérer comme des "compatriotes" ou nous résigner au constat que l'éducation dans notre pays a produit autant de sous-hommes cyniques aussi dangereux ?

Ma réponse est dans la question.

Elle pose une autre question: mais que font les français qui ont défilé le 11 janvier 2015 ?

N'était-ce qu'un bal national des hypocrites ?

Plume Solidaire

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Libération - 21 juin

La torture davantage acceptée en France depuis les attentats

La possibilité de la torture est acceptée par plus d’un Français sur deux, dans le contexte des attentats jihadistes de 2015, selon un sondage de l’Acat à l’occasion de son rapport annuel sur le phénomène tortionnaire dans le monde.

«On se doutait qu’il y avait une acceptation de plus en plus grande de la torture, dans le contexte de la montée du terrorisme, mais on ne se rendait pas compte que l’évolution était aussi dramatique», a commenté pour l’AFP le délégué général de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture, Jean-Etienne de Linares.

Ainsi, 54% des Français interrogés considèrent comme justifié qu’un policier envoie des décharges électriques sur une personne soupçonnée d’avoir posé une bombe prête à exploser pour la faire parler. Ils n’étaient que 34% en 2000 (sondage CSA pour Amnesty International).

Pour 36% des personnes interrogées, on peut accepter «dans certains cas» le recours à des actes de torture, une hausse de 11 points par rapport à 2000. Et 18% d’entre elles se sentiraient capables de pratiquer la torture dans des cas exceptionnels.

«Par rapport à l’interdit absolu de torturer, les digues cèdent les unes après les autres: acceptabilité plus grande dans l’opinion, discours guerrier, complaisance à l’égard d’Etats pratiquant la torture comme le Maroc... De renoncement en renoncement, un terreau se met en place et qui sait ce qu’il se passera s’il y a un, cinq, dix attentats de plus», a déploré Jean-Etienne de Linares.

Cette évolution d’une partie de l’opinion publique française, vue comme une «tolérance croissante à l’égard de la pratique de la torture d’Etat», va de pair avec une méconnaissance du phénomène tortionnaire, selon l’Acat.

«Les Français ne se rendent pas compte qu’un Etat sur deux est un Etat tortionnaire qui utilise au quotidien ces méthodes pour opprimer ses opposants et faire avouer des suspects de droit commun», souligne Jean-Etienne de Linares.

Le rapport 2016 présente une analyse détaillée de neuf pays: Allemagne, Congo-Brazzaville (le régime de Denis Sassou-Nguesso, au pouvoir depuis 32 ans, «s’appuie en partie sur la persistance du recours à la torture comme moyen pour museler toute velléité d’opposition»), Nigeria, Chine, Ouzbékistan («un des Etats les plus répressifs au monde», où «dans un contexte d’impunité totale, la torture est devenue une méthode d’enquête ordinaire»), Uruguay, Mexique («le nombre de plaintes pour torture a augmenté de 600% en dix ans»), Tunisie et Koweït.

En Tunisie, si l’usage de la torture est «moins systématique qu’avant la révolution» qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali en 2011, elle continue d’être «fréquemment employée», selon l’Acat, notamment contre les jeunes présentant un profil salafiste et suspectés d’appartenir à des groupes terroristes ou des délinquants de droit commun.

«Si la torture est une pratique quotidienne dans beaucoup de pays, c’est d’abord parce que des policiers mal formés et mal payés l’utilisent comme une méthode d’enquête», afin d’obtenir des aveux et de «faire du chiffre», notent les auteurs du rapport.

La torture ne permet pas selon l’Acat d’obtenir des informations fiables, mais elle est très utile pour les régimes autoritaires qui souhaitent terroriser leurs opposants: «Faire taire et non pas faire parler. Une redoutable efficacité dès lors qu’il ne s’agit pas d’obtenir des renseignements, mais d’écraser toute velléité de révolte».

L’Acat a aussi observé le développement au cours de la dernière décennie d’un nouveau phénomène: la torture privée de migrants à des fins de rançons, principalement dans le Sinaï et en Libye (visant Erythréens, Ethiopiens et Soudanais notamment), mais aussi au Mexique, ciblant des migrants d’Amérique latine.

Dans les «maisons de torture qui ont poussé comme des champignons» dans le désert du Sinaï, au Soudan, en Libye, au Yémen, des milliers de migrants «sont torturés devant un téléphone relié à leur famille (...) par des bourreaux sans scrupules qui espèrent en retirer des sommes faramineuses».

AFP

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Le Figaro - 21 juin

Le scénario de la bombe à retardement

L'Acat entrevoit «un effet attentats» dans ces résultats. «Dans la situation présente où le terrorisme international s'est répandu au point que nul d'entre nous puisse être assuré d'y échapper, l'hypothèse du recours à la torture est devenue pour beaucoup une question sérieuse, et cela seul est le signe d'un recul dont il y a lieu de s'inquiéter», prévient le philosophe Michel Terestchenko dans une analyse accompagnant le sondage. «On sent qu'il y a des digues de tolérance qui cèdent et qu'on est en train de régresser», déplore Jean-Etienne de Linares, rappelant que de nombreux textes nationaux et internationaux interdisent le recours à la torture. L'article 5 de la Déclaration universelle des droits de l'Hommel'énonce clairement: «Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants».

En cause? La plupart d'entre eux pensent que la torture est efficace pour prévenir des actes de terrorisme et obtenir des informations fiables (45%). «Il existe un fantasme selon lequel il vaut mieux faire souffrir quelqu'un pour sauver des vies. C'est ce qu'on appelle le scénario de la bombe à retardement. Sauf que dans les faits, cette thèse a largement été remise en cause», insiste Jean-Etienne de Linares. «Les agents secrets le savent: les détenus parlent mais ne donnent pas de renseignements fiables».

En 2014,un rapport du Sénat américainallait en ce sens. Après cinq années d'enquête sur la torture exercée par la CIA après les attentats du 11 septembre 2001, les sénateurs avaient découvert que les informations obtenues sous la contrainte n'avaient jamais été utiles pour lutter contre le terrorisme. «Sans compter que c'est contre-productif», complète le responsable associatif. «En torturant, vous créez des martyrs, vous inspirez la vengeance, rien d'autre».

Hormis les décharges électriques, une part non négligeable de Français sont prêts à accepter certains comportements de la part des forces de sécurité.

Ainsi,42% pensent qu'il peut être justifié que des fonctionnaires des services d'immigration bâillonnent et menottent un immigré clandestin qui s'oppose à son expulsion vers son pays d'origine.

Et25% estiment qu'un policier peut, lors d'un interrogatoire, gifler un individu pour lui faire avouer un crime. À l'Acat, une gifle est considérée comme un acte de torture à partir du moment où l'individu n'est pas en mesure de riposter.

Autre enseignement de ce sondage: les Français n'ont pas tous la même vision de la torture. Ainsi,14% des personnes interrogées considèrent que priver quelqu'un de nourriture et de sommeil n'est pas un acte de torture en soi.Tout comme le fait d'humilier un détenu en le laissant nu pendant plusieurs jours (15%) ou faire croire à une personne qu'elle va être exécutée (18%).

Une méconnaissance du phénomène tortionnaire

Les raisons qui mènent à ces résultats sont multiples: la haine, le désir de vengeance, le refus de voir attribuer des droits à ceux qui ne les respectent pas. Sans oublier l'ignorance. «Le sondage montre que le Français ne connaissent pas grand-chose au phénomène tortionnaire», regrette Jean-Etienne de Linares. Ils sont ainsi un certain nombre (39%) à penser que les minorités ethniques et religieuses sont le plus souvent victimes de torture, alors qu'en réalité, ce sont les délinquants et les suspects de droit commun qui en souffrent le plus.

De même, ils sont majoritairement persuadés que les tortionnaires sont le plus souvent des groupes armés et des organisations criminelles (84%). À tort. Contrairement aux idées reçues, ce sont les militaires, les membres de forces de l'ordre, les policiers et les gardiens de prison qui pratiquent le plus souvent des actes de torture. À ce jour, «on considère qu'un pays sur deux continue de torturer», conclut Jean-Etienne de Linares. «Et je ne parle pas de bavure. La torture est encore fréquente, voire encouragée par les autorités».

* Sondage réalisé via Internet par l'Ifop en avril 2016 auprès d'un échantillon de 1500 personnes, selon la méthode des quotas.

**Sondage CSA pour Amnesty International réalisé par téléphone du 26 au 27 septembre 2000 auprès d'un échantillon de 1005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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