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Apocalypse Now: Welcome to Brexit !

Publié le 24 juin 2016 par Edelit @TransacEDHEC

Apocalypse Now, hurlent les banquiers. Independence Day, titrait le Sun. Et London has fallen, maintenant en dvd et Blu-ray. En tête du box-office de l’été 2016, voire des années à venir, le… Brexit !

Ou comment une des plus grandes puissances du monde vient de se tirer une balle dans le pied. Récit d’un voyage britannique vers des horizons bien sombres.

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Une ville de rêve…

Commençons notre voyage par la capitale. Londres est une ville aussi délicieuse qu’un cupcake a Covent Garden et aussi vivante qu’un match à Old Trafford. On lui pardonnerait presque sa météo aussi imprévisible qu’un référendum britannique. Mais c’est aussi la ville des records. La plus grande ville d’Europe ? Ici. La deuxième plus chère au monde en termes d’immobilier ? Toujours Londres. Et la première place financière mondiale ? Here again.

Avec 40 fois plus de nouveaux arrivants que de logements créés, y a-t-il de la place pour tout le monde ? Pas de soucis, mais avec un loyer moyen de 2.100 euros par mois. En trente ans, c’est 400% de hausse. Ça calme. Pour faire simple, il y a de l’argent, beaucoup, mais pas pour tout le monde. Si les gratte-ciels, la cocaïne et les costumes trois-pièces prolifèrent à la City, beaucoup vivent dans la précarité. Les plus aisés habitent à Chelsea, bossent à la City et sortent sur Soho. Les autres, survivent.

La City, parlons-en. Mythique place financière, elle produit la moitié du PIB londonien, lui-même représentant 20% du PIB britannique. Toute banque digne de ce nom y a un pavillon, si ce n’est une tour à son nom. JP Morgan, Goldman Sachs, Citi, Morgan Stanley, HSBC, Merrill Lynch et bien d’autres s’y retrouvent, s’assemblent et s’affrontent. Eden de la finance diront certains, l’antre du Diable selon les autres.

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… jusqu’au réveil

Ces gentlemen de la City ont fait baver d’envie des milliers de stagiaires et d’étudiants, prêts à tuer père et mère pour un summer internship. Travailler pour les plus grosses banques mondiales, gagner un salaire à six chiffres, devenir membre à part entière de ce microcosme élitiste : un rêve. Mais en ce vendredi 24 juin, le réveil a sonné.

Proposé dès 2013 par David Cameron, le référendum sur le maintien ou non du Royaume-Uni dans l’Union Européenne s’est finalement tenu hier. Lors de la campagne, axée sur l’économie, l’immigration et le projet européen, les banques ont mis en garde le peuple britannique. Délocalisations et suppressions de postes seraient à attendre en cas de Brexit.

Aux vues des derniers sondages, le « In » restait majoritaire. À la City, on était donc relativement serein. Pas de Brexit, voyons. La veille du referendum, les marchés, confiants, ont largement parié sur le « Remain » et les bookmakers, avec des côtes à 10/1 sur le « Leave », l’étaient aussi. À 23h, on l’était encore. Puis, vers 4h du matin, le cataclysme.

Bloody Friday

Le problème, ce n’était pas l’évènement en tant que tel. Le référendum, tout le monde l’attendait. Les chambres d’hôtel aux alentours réservées depuis six mois, des lits installés dans les open-spaces, des milliards de livres prêts à être investis, les hedge funds sur le qui-vive, la City savait que cette journée allait être intense. Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’elle allait être aussi sanglante.

À l’ouverture, la Bourse de Paris a pris -7% avant de s’effondrer de plus belle. Celles de Madrid, Francfort, Athènes, Lisbonne et Londres ne s’en sont pas mieux sortis. Les banques se sont faites saigner : -25% pour Barclays, idem pour la Lloyds, -21% pour la Société Générale, etc. Même le Japon  a été touché, sa Bourse perdant 8%. On parle de milliards partis en fumée, et ce n’est pas fini.

Si d’autres industries britanniques sont touchées, comme l’automobile où Jaguar Land Rover craint une perte de plus d’un milliard d’euros, c’est bien à Londres que se trouve l’épicentre du séisme. Sans son passeport européen, la capitale n’aura plus accès aux marchés financiers. Dublin, Francfort ou Paris vont faire de la City un quartier fantôme.

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Good Bye England

Avec la chute de la livre sterling, la perte du triple A, la fin du marché unique et le retour des douanes, c’est toute l’économie britannique qui s’en trouve affectée. On parle d’une perte de près de 78 milliards d’euros par an, et ce pendant dix ans. Selon certains économistes, c’est une « réplique de même ampleur que la faillite de Lehman Brothers ». Le Royaume-Uni s’en remettra ? L’avenir nous le dira.

Mais comme une catastrophe n’arrive jamais seule, ce Bloody Friday a de nombreux dégâts collatéraux. Exode des banques rimant avec suppression d’emplois ou du moins délocalisations des traders, c’est tout le marché des escort-girls qui se retrouve affecté. Chute de la demande, baisse des marges, rien ne va plus. Les rooftops londoniens se désolent aussi, qui va boire leurs cocktails à £20 ? Même le marché de la drogue s’en trouve perturbé, un jour noir pour les dealers.

Peut-être que le jeu des fuseaux horaires, la langue anglaise et son influence historique pourront sauver Londres et sa City. Peut-être que la place financière saura se réinventer à travers la finance islamique,  la monnaie chinoise et les économies émergentes. Ou peut-être pas. Quoi qu’il en soit, nous sommes au début d’une nouvelle ère. Et la saga ne fait que commencer.


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