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Asmara Dream, Marco Barbon, à la Galerie Clémentine de la Féronnière (Paris 4)

Publié le 26 juin 2016 par Carnetauxpetiteschoses @O_petiteschoses

Il fait enfin plein soleil, et une chaleur plutôt de saison, quand, au seuil de la charmante galerie Clémentine de la Féronnière, nous arrivons cet après-midi.

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Située sur l’île Saint-Louis, comme hors du temps, elle présente pour ces derniers jours l’exposition ovni, de Marco Barbon, intitulée Asmara Dream. Plébiscitée et prolongée, l’exposition propose des formats originaux des photos de l’artiste réalisées avec un Polaroïd, et 2 agrandissements réalisés au jet d’encre.

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Au premier regard, il semblerait qu’on soit en présence de tableaux intemporels, figés, aux teintes passées. C’est ce qui fait la spécificité du travail de Marco Barbon, sa technique particulière, qui consiste à accorder une part importante au film en lui-même. Sur une série précédente, intitulée “Casablanca”, il utilise un film passé dans son appareil Polaroïd, qui donne un vernis rosé à l’ensemble de ses clichés.

En s’approchant des cadres, on entre dans l’intimité de ce travail de documentation. Comme si nous tournions les pages d’un album souvenir, où les instants captés, fragments de moments vécus, rentrent en écho avec l’enfance de l’artiste passée à Rome. En effet, le choix du Polaroïd s’explique à la fois, comme un instrument d’instantanéité, pour “mieux restituer ce temps suspendu” dont parle Marco Barbon ; mais également parce qu’à Asmara, il est interdit de faire des photos sans autorisation. L’usage de cet appareil lui permet ainsi d’associer discrétion, maniabilité et rapidité de la prise. Dans les motifs saisis, on trouve successivement un détail d’architecture, sur lequel la lumière crée des lignes éphémères, des enseignes oubliées, des scènes de vie, une atmosphère désuète, et des objets isolés, arrachés de leur environnement.

Le nom évocateur d’Asmara, désigne la capitale de l’Erythrée, un pays situé sur la corne de l’Afrique, qui a proclamé son indépendance par rapport à l’Ethiopie, en 1993. Aujourd’hui considéré comme un des pays les plus répressif du monde, et où l’ONU parle d’autant d’années d’indépendance que de crimes contre l’humanité”, on lit l’ancien passé colonial italien. C’est ce qui frappe Marco Barbon, en raison notamment de ses origines. Son regard loin de cette réalité atroce, livre un témoignage nostalgique. Ses photos comme des morceaux choisis, s’abstraient de tout contexte, pour retrouver l’essence de leur existence. La démarche de Marco Barbon est de retranscrire son sentiment, et de faire émerger ses détails, comme d’un songe. Au cours de ses voyages à Asmara, qu’il effectue entre 2006 et 2008, il se demande comment caractériser cette sensation. Il pense à la frontière du rêve et de la réalité, notamment en raison du rythme ralenti qui peut caractériser un univers onirique.

Il capte ainsi le faste des architectures modernistes décolorées sous le soleil impitoyable, traces d’un âge d’or perdu. Mais ce faisant, il parvient à questionner sur le devenir d’Asmara. Car dans le titre même de son travail, “Asmara Dream”, ouvre la réflexion sur l’identité d’Asmara. A la fin du 19e siècle, les colons italiens arrivent dans la ville avec l’espoir de construire une “nouvelle Rome”, en 1993 Asmara vit son indépendance au terme d’années d’affrontements, et aujourd’hui la population fuit le pays, espérant trouver un avenir meilleur. Quel est donc le rêve possible d’Asmara ?

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(Exposition terminée)
Asmara Dream
Marco Barbon,
à la Galerie Clémentine de la Féronnière
51 Rue Saint-Louis en l’Île
75004 Paris


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