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ARN : la médecine du futur donne plus de pouvoir au patient

Publié le 05 juillet 2016 par Pnordey @latelier

Cofactor se concentre sur la recherche de l’ARN pour détecter de manière précoce différents types de cancers et de maladies neurologiques.

La détection précoce de maladies neurologiques et de cancers siège au centre des préoccupations de nombreuses start-ups de l’e-santé. Certaines ne jurent que par les tests sanguins à l’instar de Guardant Health. D’autres comme Perlstein Lab ou Loop Genomics parient sur le potentiel de la génomique en s’appuyant sur les dernières avancées en matière de séquençage ADN.

Cofactor Genomics, une start-up californienne rencontrée lors du meet-up Impact.Tech sur la médecine préventive, propose une solution à mi-chemin entre les tests sanguins et l’étude de l’ADN : l’analyse de l’acide ribonucléique (ARN). L’ARN est une enzyme, soit un ensemble de molécules, qui joue un rôle clé dans l’expression du patrimoine génétique. L’ARN messager en particulier, dont la structure chimique diffère peu de l’ADN, occupe une place centrale dans la synthèse des protéines à partir de l’information génétique.

L’ARN, utilisé pour diagnostiquer des maladies  

En effet, ces deux techniques ne sont pas infaillibles. Pour ce qui est des prélèvements sanguins, certaines maladies peuvent malheureusement échapper au radar. En effet, dans un échantillon de sang, un biologiste cherche des anticorps et des protéines qui pourraient indiquer la présence d’une pathologie dans l’organisme. Cependant, ces deux éléments qui ne sont autres que des réactions du corps face à la maladie peuvent se manifester tardivement, rendant le diagnostic précoce difficile. De plus, certaines maladies, comme Parkinson, ne libèrent pas nécessairement de protéines dans le sang. Quant à l’ADN, la lecture du patrimoine génétique d’un individu permet d’identifier sa probabilité de déclencher telles ou telles maladies. On comprend ainsi que l’étude de l’ADN rend possible la mise en lumière d’un certain potentiel mais peine à révéler ce qu’il se passe réellement à l’instant t dans le corps de l’individu.

« Les mutations de l’ADN sont certes responsables du déclenchement de maladies. Toutefois d’autres facteurs influent également sur l’apparition de ces pathologies comme le régime alimentaire, l’âge, la pratique ou non du sport, etc. Or ces éléments dynamiques n’apparaissent pas dans l’étude de l’ADN seule. À l’inverse, l’ARN se fait à la fois l’expression du patrimoine génétique et des traces de l’activité du corps. En étudiant l’ARN, on dispose donc d’une lecture de ces facteurs dynamiques », explique Jarrett Glasscock, fondateur et CEO de Cofactor.

Les ingénieurs de Cofactor ont mis au point une plateforme d’analyse permettant la détection avancée de cancers et de maladies neurologiques. Pour le patient, le procédé est similaire à celui d’une analyse sanguine. Le prélèvement est ensuite envoyé à Cofactor qui tire des conclusions en fonction des résultats du séquençage de l’ARN. « Pour créer ces tests, nous avons été obligés de gérer des milliers et des milliers de données. Au cours des derniers 18 mois, nous avons obtenu la certification clinique de nos tests », poursuit Jarett Glassrock.

La médecine du futur engage les patients

Si sur le papier le test de l’ARN s’apparente à la solution miracle pour la détection rapide de pathologies graves, dans les faits, l’équipe de Cofactor doit encore faire face à certaines imperfections. L’ARN est par nature relativement instable, ce qui peut nuire à la précision et donc à la validité des résultats du test. « 30% des échantillons que nous recevons ne sont pas d’une qualité suffisamment bonne pour passer l’épreuve du test. Nous travaillons à faire évoluer notre technologie pour aller vers plus d’efficacité », commente Jarett Glasscock.

Cofactor est l’image de la « médecine version 3.0 » selon les propos de son fondateur. « La médecine version 1.0 est la médecine telle que pratiquée traditionnellement : un événement inattendu survient, contraint l’individu à se rendre à l’hôpital et peut résulter en des changements majeurs dans la vie de celui-ci ». Cette première forme de médecine correspond à un scénario dans lequel le médecin occupe le premier rôle. Quant au patient, il n’est lui, pas ou peu impliqué dans la démarche de traitement. « Plus tard, est née la médecine version 2.0, une médecine qui réalise le potentiel de l’analyse de l’ADN et de ses mutations, en tant que révélateur potentiel des prédispositions de l’individu à certaines pathologies. Il appartient ici à chaque individu d’aller réaliser un test. Ce dernier peut d’ailleurs être effectué dès la naissance. Il ne s’agit pas d’un diagnostic per se mais plutôt d’une prise de conscience de ses probabilités de déclarer une maladie tôt ou tard ». Selon Jarett Glassock, la médecine version 2.0 impliquerait donc davantage le patient dans la mesure où celui peut choisir de prendre connaissance des risques liés à son patrimoine génétique. Avec le séquençage de l’ARN, la médecine pourrait bien faire un pas de plus. « La médecine version 3.0 implique le patient, elle lui donne du pouvoir en l’informant en temps réel. C’est une médecine qui traque constamment les paramètres du corps et transmet l’information au premier concerné : le patient. Celui-ci peut alors comprendre l’impact des facteurs extérieurs, tels que sont le régime alimentaire et la pratique de l’exercice physiue, sur sa santé et les ajuster », conclut Jarret Glasscock. 


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