



On aurait pu entendre voler une mouche.
Galliano, Lockwood, Catherine : quelle affiche incroyable! Je ne pouvais pas rater ça, tout en craignant un peu d'être déçu, je l'avoue. Chacun de ces musiciens est à lui seul un univers, une étoile brillante au firmament du jazz, et les trois réunis, je ne sais pas, j'avais peur qu'ils fassent dans le conceptuel et virtuose. Bien sûr, ce ne fut absolument pas le cas.
Il faisait frais, certains disaient même qu'il faisait froid; on attendait que le trio commence à jouer pour réchauffer les cœurs et les corps.
Au début, les spectateurs étaient sagement assis; ils ont fini la soirée debout et bien serrés les uns aux autres juste devant la scène.
Parce que ce que ces trois gars nous ont donné ce mercredi 13 juillet, c'est tout simplement une immense tranche de bonheur partagé.
Leur amour de la musique et l'extraordinaire complicité qui les allie ont fait de chaque morceau une plongée abyssale dans un monde de poésie et d'émotion. Ils ont fait chanter, pleurer, rire, hurler leurs instruments.
Tout simplement l'un des plus beaux concerts de ma vie.
Un sentiment partagé par tous, il me semble, tant les regards que l'on s'échangeait disaient tous la même chose : "c'est magique, c'est époustouflant, ces trois-là sont grandioses et si humbles à la fois".
Il a plu un peu pendant le concert, il faisait effectivement un temps d'automne, mais il était impossible et impensable pour quiconque dans l'auditoire de quitter le parvis du neimenster, on se rendait bien compte du privilège qui était le nôtre. Un jour plus tard, on pourra dire "j'étais là!"
