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[Critique] BAD MOMS

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] BAD MOMS

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Titre original : Bad Moms

Note:

★
★
½
☆
☆

Origine : États-Unis
Réalisateurs : Jon Lucas, Scott Moore
Distribution : Mila Kunis, Kathryn Hahn, Kristen Bell, Christina Applegate, Jay Hernandez, Annie Mumolo, Jada Pinkett Smith, Emjay Anthony…
Genre : Comédie
Date de sortie : 3 août 2016

Le Pitch :
La vie d’Amy est des plus frénétiques. Jeune maman de 32 ans, elle passe ses journées à courir un contre la montre, entre ses enfants, son travail et les multiples activités qui monopolisent sa journée, constamment sous pression. Au bout du rouleau, elle décide de lâcher du lest, et fait la rencontre de Carla, une mère rock and roll et délurée, qui la met sur la voie d’une existence beaucoup moins stressante. Accompagnée de cette dernière et de Kiki, une autre maman au bord de la crise de nerf, Amy va radicalement changer ses habitudes. Ce qui ne va manquer de choquer son entourage…

La Critique :
À Hollywood, un modèle de comédie est né voici plusieurs années. Un modèle qui a bien sûr subi quelques modifications, mais qui se retrouve dans un grand nombre de productions actuelles et auquel Bad Moms obéit. Jon Lucas et Scott Moore, les deux réalisateurs, ont également écrit le film, eux qui avant, avaient déjà cartonné avec la saga Very Bad Trip. Deux hommes qui ne semblent pas disposés à prendre de quelconques risques et qui pour l’occasion ont donc appliqué à la lettre la bonne vieille recette mentionnée plus haut, tout en saupoudrant leur histoire d’une bonne dose d’humour trash à la Very Bad Trip.

Bad-Moms-Mila-Kunis

On retrouve donc dans Bad Moms une Mila Kunis débordée dans le rôle d’une jeune mère confrontée à l’indifférence de son mari et à la pression qu’exerce une chef des parents d’élèves tyrannique incarnée par Christina Applegate. Elle n’en peut plus et rapidement, alors que se dessine son quotidien sur l’écran, la solution ne tarde pas à pointer le bout de son nez en la personne de la redoutable Kathryn Hahn. Une actrice absolument géniale, vue dans Frangins malgré eux, qui, dès lors qu’elle apparaît, quel que soit le long-métrage, a le pouvoir d’envoyer bouler les conventions et d’imposer une tonalité bien rentre-dedans. Dans Bad Moms, la routine s’installe très vite et il est clair que le fait de suivre Mila Kunis dans un rôle cousu de fil blanc ne va pas s’avérer très passionnant ni très drôle. Quand Kathryn Hahn arrive, assez vite heureusement, le film prend un nouvel envol, juste avant d’avoir failli sombrer dans les tréfonds d’une banalité fatale. Avec la tornade comique, le trash fait aussi son entrée. Les gags inhérents à Kathryn Hahn ne sont certes pas très fins, mais ils fonctionnent la plupart du temps et si la dynamique entre les trois actrices principales (Kristen Bell ne tarde pas à se joindre à la fête) fonctionne bien, c’est aussi grâce à elle, puisqu’elle lie, avec sa folie douce, une sauce qui au départ, manque quand même un peu de caractère.

Du coup on rigole. Pas très souvent, mais régulièrement. À la manière d’un Very Bad Trip, Bad Moms enchaîne les scénettes et dessine un récit hyper conventionnel mais efficace, qui voit donc trois mères rebelles s’opposer à une bien-séance trop politiquement correcte. Le tout sans trop déborder néanmoins, car le film n’ose jamais aller trois loin, si ce n’est au travers de quelques blagues bien salaces. Les comédiens s’amusent et nous avec. Enfin, la plupart du temps, car au fond, Bad Moms tire quand même sur une corde déjà bien usée. On voit où tout ceci veut en venir et on devine vite où tout va se terminer. Mila Kunis est à bout, elle se ressaisit, profite de la vie, il y a plusieurs scènes de fête comme on en voit partout, un problème se présente, il se résout et hop, générique de fin, hommage aux mères et les lumières se rallument dans la salle.
Dernièrement, le regretté Garry Marshall nous livrait avec Joyeuse Fête des Mères, une illustration très sage de la condition de mère au sens large. Bad Moms fait un peu la même chose mais mise davantage sur un ton plus décalé, sans pour autant se priver de puiser dans la réserve pour nous sortir des clichés bien voyants de derrière les fagots. Plutôt divertissant, le long-métrage s’avère malheureusement aussi inégal. Quand Kathryn Hahn n’est pas à l’écran par exemple, tout devient plus fade car c’est elle qui se fait la garante de l’humour le plus brut de décoffrage. On se moque un peu ainsi de ce qu’on veut nous raconter car on connaît déjà la fin. Contrairement à certaines comédies, comme celles qu’a pu réaliser ou produire Judd Apatow, Bad Moms ne repose que sur un discours très plat. Il n’y a pas vraiment plusieurs niveaux de lecture, y compris dans la façon de communiquer un message pourtant salvateur. Tout ceci tient presque du conte de fée moderne, avec une sorte de Cendrillon, transformée en Super Maman fatiguée et ses copines les fées qui vont lui permettre de s’envoler, de trouver l’amour et de s’épanouir pleinement au volant d’une belle américaine rouge vif, en faisant la nique à la méchante de l’histoire. Non, pas de quoi se lever la nuit ni crier au génie. Les ambitions de Bad Moms sont limitées. Son intérêt aussi, même si il devrait largement remplir son office auprès des amateurs de ce genre de spectacle.

@ Gilles Rolland

 Bad-moms-cast
  Crédits photos : Metropolitan FilmExport


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