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[Critique] S.O.S FANTÔMES (2016)

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] S.O.S FANTÔMES (2016)

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Titre original : Ghostbusters

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Paul Feig
Distribution : Melissa McCarthy, Kristen Wiig, Leslie Jones, Kate McKinnon, Chris Hemsworth, Charles Dance, Andy Garcia, Michael K. Williams…
Genre : Fantastique/Comédie/Remake
Date de sortie : 10 août 2016

Le Pitch :
À New York, Erin, une ancienne spécialiste du paranormal, est contactée par le responsable d’un célèbre musée qui serait la proie d’un fantôme. Ne prenant pas du tout au sérieux la chose, elle contacte Abby, une ancienne collègue, elle aussi très portée sur l’étude des phénomènes extraordinaires et accepte à contre-courant de l’accompagner sur place afin de mener l’enquête. Épaulées par Jillian, une pro du bidouillage, les deux ex-amies sont alors confrontées à une entité particulièrement agressive, qui remet en cause toutes les croyances d’Erin et réveille en elle une passion éteinte depuis longtemps. C’est alors que la ville devient le théâtre d’une succession d’événements du même genre. Totalement galvanisées, les jeunes femmes décident de créer une escouade spécialisée dans la chasse aux fantômes…

Petit prologue  :
Rarement un projet ne s’est fait autant pourrir que celui-là. Les attaques étant d’une violence inouïe et ce quasiment dès l’annonce de la chose sur internet. Le phénomène s’est accentué quand les premiers visuels ont fait leur apparition et ont pris des proportions jamais vues quand le trailer est arrivé. Pourtant, ce n’est pas le seul film à oser toucher à une œuvre culte. Les remakes sont nombreux de nos jours, où l’imagination est mise en sourdine au profit de longs-métrages plus sûrs économiquement parlant. Et si on peut comprendre que beaucoup de fans ont vu d’un mauvais œil la mise en chantier d’une relecture de S.O.S Fantômes pour la simple (et légitime) raison qu’il n’y avait justement aucune raison de faire un truc pareil, il est tout à fait inacceptable que le film fut attaqué à grands coups de propos sexistes bien gerbants, doublés de missives bien racistes, envers une Leslie Jones bombardée de toutes parts. Des fans complètement à la ramasse et franchement malsains ont ainsi souligné l’absurdité de faire un Ghostbusters féminin, tandis que d’autres ont affirmé que les actrices n’étaient même pas jolies, car comme tout un chaque sait, le physique compte énormément quand il s’agit de jouer la comédie. En gros, et pour conclure là-dessus, la version 2016 de S.O.S Fantômes ne reçut pas que des critiques légitimes, mais cristallisa une haine libérée par les réseaux sociaux. Une haine bien puante que rien ne peut justifier, et certainement pas un simple film. On ne le dit peut-être pas assez souvent, mais on ne parle que de cinéma. Et disons-le tout net : si le remake vous révulse parce que vous ne trouvez pas les actrices assez « bonnes » ou si cela vous dérange que l’une d’entre elle ait la peau noire, c’est que vous avez un problème très préoccupant à régler. Autrement plus important en tout cas que celui de se voir « dérangé » par un simple long-métrage.
Alors oui, on est tous d’accord. Réaliser un remake de Ghostbusters n’était pas du tout indispensable. Il y a des choses auxquelles on ne touche pas. Impossible de faire mieux ou de retrouver l’alchimie et le parfum unique. Surtout pour toi, l’ami trentenaire ou quadragénaire (voire plus) pour qui le film original représente vraiment quelque chose en cela qu’il se situe à la base de ta cinéphilie dévorante et passionnée (c’est le cas de l’auteur de ses lignes). Mais le fait est que le remake est là et bien là. Si cela vous dérange, il existe un excellent moyen de s’en prémunir : n’allez pas le voir.
Pour les autres, les plus jeunes, ceux qui s’en foutent du premier film et les curieux, S.O.S Fantômes pourrait bien faire son petit effet. Car quitte à faire un remake, envers et contre tous, c’est très bien qu’il ressemble à ce que Paul Feig a réussi à accomplir, accompagné par son casting de haute-volée.

La Critique :
Les chasseuses de fantômes 2.0 ont clairement de la gueule. Il faut dire que Paul Feig n’a pas lésiné et s’est offert une distribution aux petits oignons, dominée par l’un des quatuors d’actrices les plus enthousiasmants de la décennie. Que ce soit Kristen Wiig, Melissa McCarthy, Kate McKinnon ou Leslie Jones, toutes ont une place bien définie, qui leur permet d’exprimer avec une belle plénitude leur étonnante verve comique. Et si c’est le duo Kristen Wiig/Melissa McCarthy qui mène dans un premier temps la danse, les deux autres ne sont jamais en reste. Sans singer le casting d’origine, les comédiennes ne cèdent pas à la pression que le projet pouvait à priori exercer, et livrent des numéros diablement efficaces et très complémentaires. Surtout qu’en l’occurrence, le script leur donne de multiples occasions de briller en mettant en avant leurs caractéristiques propres. Ainsi, Kristen Wiig et Melissa McCarthy donnent le La, suivies de près par une Kate McKinnon hyper dynamique, qui explose à chacune de ses apparitions, c’est à dire très souvent. Leslie Jones quant à elle, apporte un vrai plus, aidée par un charisme à toute épreuve et par une propension à ne jamais sombrer dans les excès quels qu’ils soient. Sexy, sauvage et attachant, ce quatuor représente la raison principale de considérer d’un autre œil ce qui n’était au départ qu’un énième reboot inutile. La fine fleur de la comédie américaine, estampillée Saturday Night Live, est dans la place et vous pouvez le croire, ça envoie du lourd ! Et si on ajoute l’implication bourrée d’un second degré parfait, d’un Chris Hemsworth épatant, la coupe est joyeusement pleine. Le film, au premier abord pas du tout original, trouve dans l’alchimie qui caractérise le casting, un caractère vraiment atypique qui lui offre en outre la possibilité d’immédiatement exister par lui-même, quasiment indépendamment de l’œuvre d’Ivan Reitman. On retrouve ici la même saveur que dans Mes Meilleures Amies. Le tout étant adapté à une intrigue qui fait bien sûr la part belle au fantastique. En d’autres mots, Ghostbusters 2016 s’approprie sans vergogne, mais avec un grand respect, le matériau de base pour en faire quelque chose de différent.

S.O.S.-Fantômes-2016

Le scénario d’ailleurs, semble davantage se focaliser sur l’humour, en enchaînant les (excellentes) vannes. L’histoire des fantômes et la façon dont ils sont introduits, ne diffèrent guère de ce que nous connaissons déjà, même si la simplicité avec laquelle le méchant déboule, par rapport à des personnages moins « évidents » comme le Maître des Clés du S.O.S Fantômes originel, colle mieux avec la tonalité de l’ensemble. Certainement dans un soucis de conserver une certaine cohérence, Paul Feig a suivi la même ligne directrice, mais ne s’y est pas complètement tenu, pour explorer des trajectoires certes proches, mais néanmoins alternatives. L’histoire du film se suit donc sans problème et brille par son approche directe, parfaitement raccord avec les intentions initiales et cette volonté de toujours payer son tribu à celui auquel il doit tout. Même constat en ce qui concerne les inévitables caméos des vétérans, savoureux à souhait. Le truc, c’est que Feig et ses lieutenants ne font pas preuve du cynisme trop souvent présent dans les remakes. Ils ne cherchent pas à nous faire oublier les racines du projet mais veulent nous proposer une autre version, animée d’intentions, là encore plus louables qu’à l’accoutumée, à commencer par le désir de distraire. Le cahier des charges a peut-être un peu le cul entre deux chaises, avec d’un côté cet esprit si typiquement 80’s, avec clins d’œil en supplément, et cet humour typique des filmographies respectives des actrices impliquées, mais il s’assume en tant que tel.

Les premières scènes instaurent une ambiance dans laquelle on reconnaît ses marques. Le film nous affirme qu’il n’est nul besoin de se méfier de lui, qu’il ne cherche pas à effacer de nos mémoires le premier Ghostbusters, sachant de toute façon qu’il n’y arriverait pas. Autant ne pas essayer et faire ce qu’il fait, à savoir aller de l’avant, tout en gardant un œil sur le rétroviseur. D’autant plus que le spectacle est à la hauteur. Les effets-spéciaux, flashy au possible, confèrent un côté bariolé très sympathique, et la 3D sert enfin à quelque chose, offrant au show un caractère à part résolument fun. On voit les rayons des phasers sortir de l’écran, alors que les spectres envahissent le champs dans une chorégraphie calibrée par un réalisateur décidément doué quand il s’agit de jouer sur plusieurs tableaux. Ce nouveau Ghostbusters attrape le regard et retient l’attention, sans prétention. Il amuse et divertit, grâce à des atouts qu’il sait mettre en avant et petit à petit, gagne ses gallons.

Parmi les récents remakes de films cultes, S.O.S Fantômes se détache. Nous ne sommes pas ici en face d’un produit du même acabit que Total Recall, Conan ou RoboCop. Parce qu’il a compris que son salut se trouvait dans la capacité des actrices et du réalisateur à imprimer leurs personnalités à l’histoire déjà connue, avant d’essayer de faire plus grand et plus fort niveau grand spectacle, ce reboot a trouvé la solution pour exister. Il ne court pas sans arrêt après son modèle. La surprise est bonne et si le logo, le nom et le thème musical renverront toujours au film d’Ivan Reitman pour tous ceux qui ont grandi avec, il faut avouer que cette version fait au mieux. Sans se prendre la tête, au point de représenter une belle bouffée d’air frais au sein d’un été plutôt décevant niveau blockbusters. Alors ? C’est qui qu’on appelle ? Assurément les vétérans, mais si ça sonne occupé, on se rabattra volontiers sur la nouvelle garde, qui ne manque de mordant !

@ Gilles Rolland

S.O.S.-Fantômes-2016-cast
  Crédits photos : Sony Pictures Releasing France


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