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Prêt à partir en mission d'exploration du haïku ? Suivons Nicolas Grenier dans l'univers du haïku contemporain !

Publié le 12 août 2016 par Eric Roche @lyon_japon_info
Photo lyon-japon.com et paris-lyon-japon.com vous invite à la découverte du haïku à travers deux ouvrages de Nicolas Grenier, un auteur français qui utilise cette forme poétique d’origine japonaise pour traiter de sujets particulièrement contemporains et intéressants. Dans « Rosetta (suivi de Philae) » paru en octobre 2015 chez l’éditeur L’échappée Belle, puis « Palais de l’Élysée Hôtel de Matignon Ministère des Affaires étrangères & autres lieux de pouvoir de la République française en haïkus » paru en septembre 2015 aux éditions du Cénacle de France, les haïku de Nicolas Grenier invitent le lecteur à vivre une aventure instantanée et poétique certes, mais, bien réelle et tout à fait contemporaine, puisqu’ils nous emmènent dans des endroits et situations aussi extraordinaires que particuliers comme la base de lancement de l’Agence Spatiale Européenne ou dans les lieux de pouvoir sous la Vème République. Une prouesse technique ? De la haute voltige ? Pour nous, cela ne fait aucun doute. On sent bien que le poète a de nombreuses heures de vol à son actif et une excellente maîtrise des éléments quant à l’architecture et l’esthétique de ses haïku. Ils sont magnifiques à lire du dehors même si un plaisir plus grand attend le lecteur qui pénètrera à l’intérieur pour en explorer les nombreux étages.
Alors ? Les haïkus, qu’est-ce que c’est ? Nous répondrons à cette question en nous introduisant dans deux exemples concrets de la poésie contemporaine française : deux ouvrages particulièrement délicats et fins de Nicolas Grenier qui nous a même fait l’immense plaisir d’un petit interview en fin d’article !
Photo Qui aurait pu croire que le nom apparu sur l’archipel nippon en plein XVIIème siècle de cette forme poétique dérivée du Tanka, allait à ce point traverser les frontières et les siècles ? Bashō Matsuo, lui-même, pouvait-il imaginer une seconde que cette forme brève de poésie allait inspirer de grands poètes internationaux du XXème et XXIème siècle ? Peu importe, car quoi qu’il en soit, on dirait bien que le haïku continue sa course à travers le temps et qu’il s’adapte merveilleusement à toutes les évolutions technologiques de notre ère. L’artiste franco-chilien Alexandro Jodorowsky (87 ans) dit par exemple, adorer en faire sur Twitter qui se prêterait selon lui, magnifiquement à l’instantanéité et à la brièveté du haïku. ​
Photo ​Le haïku se compose de 17 syllabes réparties en lignes de 5, 7 puis 5 syllabes. En plus de sa brièveté, sa dynamique repose entièrement sur son rythme impair.
Ce qui semble plaire dans cette forme « simple » de poésie est qu’elle peut sans effort visiter notre quotidien, quel que soit notre rapport au temps qui passe. « Ne pas avoir le temps », « être trop jeune ou trop vieux », ou encore « passer son temps sur son smartphone » ne seront jamais des excuses valables pour ne pas lire des haïku de 17 syllabes ! Et peut-être nous garantissent-ils pouvoir encore avoir accès à un peu de poésie, vibrer et réfléchir ne serait-ce que quelques secondes ? Photo Dans « Rosetta (suivi de Philae) », les haïku de Nicolas Grenier nous emmène explorer une comète, périple qui commence à Kourou en Guyane, sur la base de lancement de l’Agence Spatiale Européenne jusque dans le lointain cosmos. Voici ce que nous en dit Francis Rocard, planétologue au CNES dans sa préface:
Nicolas Grenier m’a fait découvrir cette poésie à travers la magie d’une comète, objet mythique qui a parfois effrayé les hommes, mais qui leur a aussi apporté l’un des plus beaux spectacles que le ciel peut nous donner. Ces spectacles célestes, comme ceux offerts par une éclipse totale de soleil, sont rarissimes et l’on ne peut espérer en admirer par hasard que quelques-uns dans une vie. Certains néanmoins parcourent le monde à la recherche de ces moments forts à la fois prédictibles, et pour autant incertains.(...) 

Tout un programme spatial à découvrir en haïku, ce n’est vraiment pas banal ! Voici un extrait, traduit en japonais pour l’occasion​ :

verticalement
sous la lenteur des nuages 

Ariane file 
垂直に
すじ雲抜けて
アリアン船
continent muet
dans la fenêtre de tir 

la terre vacille 
静かな地
打ち上げ時刻
地球揺れ
mouvement léger
sur l’océan Atlantique 
les vagues refluent 

微動なる
太平洋の
波の揺れ
puissance de dieu
comme une traînée d’étoiles 

à haute altitude 
神の火よ
流星如く
高くあれ
Pour vous le procurer, accéder au livre sur le site de l'éditeur :
​ http://www.lechappeebelleedition.com/nicolasgrenier_rosetta.html Photo Dans « Palais de l’Élysée Hôtel de Matignon Ministère des Affaires étrangères & autres lieux de pouvoir de la République française en haïkus », Nicolas Grenier nous plonge dans ces lieux de pouvoir de la Vème République d’une façon tout à fait unique et pleine de poésie. Cette dernière fait beaucoup parler d’elle en cette période troublée et la découvrir en haïku est d’une fraîcheur à toute épreuve !
Pour vous le procurer, accéder au livre sur le site de l'éditeur :
http://www.librairiecirculaire.com/index.php?id_product=27&controller=product

Mais, n’aimerions-nous pas en savoir un peu plus ?

Même si les deux livres se suffisent à eux même pour nous emmener beaucoup plus loin que tout ce qu’on pourrait dire dans un article, Nicolas Grenier (N.G.) a eu la gentillesse de bien vouloir répondre aux quelques questions de Lyon-Japon.

Interview :

Vers quelle profession voulait se tourner le jeune étudiant Nicolas Grenier avant d'être poète ?
N.G. : J'ai toujours voulu passer à la postérité avec des mots ou des images. Pourquoi ? Quand j'étais jeune, mon métronome, c'était, par exemple, Percy Bysshe Shelley, Henrich Heine, je souhaitais être comme ces gens-là, cela me paraissait évident. J’avais le sentiment d’avoir une expérience intérieure dont il fallait laisser une trace. Alors j’ai tenté de faire de beaux objets poétiques, bien que cela ne soit pas forcément utile à la société. Être poète et écrire des poèmes, ce n'est pas grand-chose, et la postérité, c’est un peu comme les Pages Jaunes, il y a des millions de noms, et après ? De toute façon, j'ai beaucoup plus de respect pour les personnes qui ont un rapport avec la nature, les humains, les animaux : les gardes forestiers, les sages-femmes ou les auxiliaires vétérinaires.
Comment s'est fait ce choix d'auteure Ingeborg Bachmann ? A-t-elle été le déclencheur de votre vocation ?
N.G. : Ingeborg Bachmann, je l'ai découverte au fil de la vie. Sa poésie de jeunesse est splendide, c'est une femme qui a beaucoup souffert. Elle a brûlé dans une chambre d’hôtel à Rome, j'espère qu'elle repose en paix. Quand on évoque un grand poète ou une grande poétesse, il faut savoir se recueillir, et face à certains destins, il faut se taire. La poésie de langue allemande a toujours eu de grandes figures, Ingeborg Bachmann, Else Lasker-Schüler ou Nelly Sachs, la foudre s'est hélas abattue sur ces femmes.
Sinon, à quel moment et comment la poésie est-elle rentrée dans votre vie ? Est-ce un livre, un(e) auteur(e) en particulier ? Un professeur, un cours ?
N.G. : À mes yeux, la poésie a été toujours présente. Le babil d’un enfant, n’est-il pas déjà de la poésie à l’état pur ? La poésie, c'est se fixer des règles soi-même, sans que nul ne vous dérange. Depuis l’enfance, j'ai été autonome, et un sentiment de solitude vous pousse à jouer à l’écart du monde. Je ressens la société comme une violence, car un poète en soi ne fera jamais de mal, c'est toujours lui qui a mal. Le poète est un être inoffensif et innocent, regardez le visage de Paul Éluard, c'est la douceur même ! Il faut dire que la réalité est dangereuse, c’est une jungle. Nous vivons dans un monde dirigé par des fous et des bandits. Avant de vivre, il faut se connaître soi-même… et écouter ce que le cœur dit.
Avez-vous eu et vous souvenez-vous de ce moment de certitude indescriptible sans doute, où vous avez su que cette forme d'expression était d'une certaine manière faite pour vous ?
N.G. : Dans un métier, il faut être soi-même. Dans sa façon d'exister, on ne doit jamais forcer sa nature. Dès l’origine, j'ai senti que la poésie pouvait être ludique. C’est peut-être le jeu avec le son, les rimes et les mots. Puis contrairement à une page de roman qui est un rectangle de signes, la poésie, ce ne sont que quelques mots sur une feuille blanche.
« Le Tanka et plus largement la poésie japonaise, qu'est-ce que ça représente pour vous ? » Vous m'aviez répondu alors : « La forme du tanka correspond à l'esprit du temps, la vitesse et la brièveté dans la société. Plus largement, la poésie japonaise propose une vision différente de la réalité et du monde sensible. » Et vous aviez rajouté alors, et non sans humour : « Cette forme de poésie se lit agréablement dans la blancheur de la page. Elle ne fait pas mal aux yeux, et se lit sans lunettes. »
N.G. : Le tanka se rattache à l'Empereur du Japon, et donc à la plus ancienne dynastie au monde. Pour un poète, travailler avec cette forme de poésie millénaire, cela fait donc sens. Mais c'est une forme qui n'est pas forcément facile à pratiquer. S’il faut être plus concret, le tanka ne représente pas grand-chose, je préfère un bon steak, ça nourrit le poète ! Enfin, faire de la poésie, c'est une chance de devenir moins aveugle... car le poète travaille avec moins de mots, certains écrivains se sont tués les yeux à écrire.
Pouvez-vous parler du choix, de cette envie de traiter ces sujets en Haïku ? Que proposez-vous aux lecteurs dans les recueils « Rosetta (suivi de Philae) » et  « Palais de l’Élysée Hôtel de Matignon Ministère des Affaires étrangères & autres lieux de pouvoir de la République française en haïkus » ?
N.G. : « Rosetta (suivi de Philae) », c'est un clin d'œil à Jakob van Hoddis, le poète qui passe à la postérité… avec huit vers. Ça, c'est la classe ! Il y en a tellement qui ont fait des pieds et des mains pour n’arriver à rien. Au fond, de quoi se souvient-on chez un poète ? Un poème ? Un recueil ? Un vers ? Pas plus ! Pour revenir à ce recueil « spatial », j'adore les sujets contemporains, c’est comme un défi, et le poète doit vivre dans son temps. Cent soixante-sept haïkus sur la mission Rosetta, c’est presque une prouesse technique. Quand je découvre des recueils du XIXe siècle, et c’est le grand siècle de la poésie en France, j'aime tomber sur des auteurs totalement méconnus qui à mes yeux sont beaucoup plus « hauts » que les noms de poète que les universitaires ressassent depuis un siècle ! Alors j’aimerai bien qu’un jour un esprit iconoclaste découvre mon recueil « Rosetta (suivi de Philae) » au XXIIIe siècle, j’en serai amusé.
Quelles expériences avez-vous vécu au Japon ?
N.G. : C’est de l’autre côté du monde, on a le sentiment de bascule : le Pacifique. On constate une fois de plus, comme aux États-Unis, que la climatisation est la plus ignoble invention au monde. Ce qui peut dépayser le poète, c’est de pouvoir déchiffrer d’étranges signes dans le métro, les rues et les villes. Je ne parle pas japonais, et ne souhaiterai aucunement apprendre cette langue, car je dois déjà apprendre le français, ma langue maternelle. Au final, on vit mieux dans son propre pays, et je l’ai toujours su.
Pour vous le Japon, qu'est-ce que ça représente ?
N.G. : Le Japon, c'est une bande de terre qui va un jour chuter dans le vide. Un archipel tectonique ! C’est aussi un grand peuple avec une civilisation étrange pour un Européen. Des villes martyres également : Hiroshima et Fukushima. J’espère qu’un accident nucléaire ne se produira pas en France dans les prochaines décennies.
La structure du Haïku vous permet-elle de cerner au plus près le monde ? Le Haïku serait-il pour vous cette sonde idéale par ses dimensions réduites, vous permettant de « photographier » tout ce qui est proche comme ce qui est éloigné, avec le plus de justesse et de flexibilité possibles ?
N.G. : Je ne pense pas que le rôle de la poésie soit forcément de cerner le monde. Le haïku est une forme jeune de trois cents ans. Sur la Terre, certains arbres ont plus de mille ans, les montagnes et les ruisseaux, des milliers d'années. Dans quelques siècles, le haïku n'existera peut-être plus. Pour parvenir à la simplicité avec un haïku, il faut beaucoup travailler. Après cela, je n'aime pas cette tendance du haïku contemporain qui consiste à singer les Anciens, c'est totalement ridicule. Bashô doit se retourner dans sa tombe. Avant de pouvoir écrire un haïku, il faut être poète, et cela ne se décrète pas, ce sont des décennies de travail, de labeur, des jours et des nuits d'écriture ! À mon sens, le haïku reste un épiphénomène dans l'histoire de la poésie minimale. Il y a toujours eu un mouvement poétique que l'on pourrait appeler le « minimalisme ». Mais vous savez, le haïku représente un pour cent de ma production poétique.
Ressentez-vous de donner à vos lecteurs quelque chose de beaucoup plus grand avec le Haïku par rapport à d'autres formes poétiques plus longues ?
N.G. : Avec toutes les formes de poème, le poète essaie de donner quelque chose. Le haïku, il y a moins de mots, et ça tient sur un ticket de métro. Le lecteur interprète à sa façon ce qu’il lit, mais sachez que j’ai toujours un message de fond qui parle à l’Humanité, dans son intérêt, ce que j’estime être le Bien. Le choix d’un style ou d’une forme se fait simplement, et c’est grâce au long travail du poète que ce choix est devenu instantané.
Paradoxalement, avec le Haïku, ressentez-vous les jeter à la découverte du vide (chose à laquelle les lecteurs occidentaux sont très peu habitués) ?
N.G. : Le vide est partout, surtout dans les villes, car la société de consommation a ravagé les esprits. Aujourd’hui, nous vivons à l’heure du totalitarisme numérique. Tout cela m’attriste profondément, pour les gens, et surtout les jeunes. Un jour, les gens se réveilleront, et ils s’apercevront que toute la société les a dupés, amusés, manipulés, de leur naissance à leur mort ! Que tout était faux ! Mais les bourreaux meurent aussi, fort heureusement, et j’espère vite ! A contrario, les paysans, par exemple, ont toujours été des esprits pleins, riches... savants, comme des aïeux. Alors je dirai que la poésie, a fortiori le haïku, permet de rapprocher les êtres humains de ce sentiment de vide, même si ce n’est pas forcément mon objectif.
Le Haïku laisserait-il plus alors, aux lecteurs le pouvoir du libre-arbitre et/ou tout simplement le sentiment d'exister ?
N.G. : Tous les mots écrits n’existent pas. Ah ! le sentiment d’exister, mais rien n’existe, les gens et l’argent n’existent pas, la vie passe trop vite, rien ne se fixe. Depuis la nuit des temps, tout est en mouvement.
Comment réussissez-vous à intégrer toutes ces subtilités, arrivant même parfois à faire des images dans l'image en si peu de mots ?
N.G. : Quand vous avez l’habitude d’écrire des poèmes, l’esprit est structuré pour donner le meilleur de lui-même, comme l'artisan qui a acquis un tour de main dans son métier. Le poète est un peu comme un ingénieur, mais il n’a aucun diplôme pour cela, c’est un autodidacte. Dans son atelier, il apprend, c'est le mythe du « poeta faber ». Peut-être devrait-on créer un C.A.P. de poète, je serai enchanté d’obtenir ce diplôme !
Qu'est-ce qu'autoriserait et/ou interdirait un Haïku par rapport à d'autres formes poétiques ?
N.G. : Nous entrons dans un débat technique. L'histoire et les règles du haïku ne m'intéressent absolument pas. Je n’ai jamais voulu être historien, scoliaste ou perroquet. Je ne suis pas un « universitaire » qui a la belle vie avec un C.D.I. En tant que poète, je travaille pour les siècles, c’est le temps long ! Je suis ce manant avec mon sarcloir face à un champ de betteraves, et je travaille, je ne fais pas semblant. Pour paraphraser Tristan Tzara, la poésie autorise tout… et en poésie, tout est permis !
Lorsque vous avez pour la première fois tenté d'écrire un Tanka ou un Haïku, qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous ?
N.G. : Aujourd’hui, les haïkus et les tanka sont souvent mal traduits, donc mal écrits. Cela fait donc baisser la qualité littéraire de la poésie. Donc, cette influence est dangereuse pour le style, car on finirait par y perdre son propre style. Autrefois, les traductions de haïku étaient bien ficelées, car elles étaient confiées à des traducteurs qui avaient une sensibilité aux mots, un peu dans le style d’Anna de Noailles. Ensuite, c’est le rythme, je pense, ce balancement n’est pas forcément évident, voire lassant. On pense beaucoup au rythme impair, mais c’est tout autre chose. Enfin, il faut savoir que dire… De quoi parler dans un haïku ? De l’automne ? D’une rainette ? Sans intérêt ! Il faut donc trouver un sujet intéressant.
Où êtes-vous quand vous écrivez, au sens propre (lieux privilégiés, etc.) comme au figuré (dans quel monde, état d'esprit, etc...) ?
N.G. : Pour écrire un poème, il faut donner du temps à soi, beaucoup de silence. C'est laborieux, et ça se passe à mon bureau. Ne pensez pas que j'entre dans un état de transe qui me dicte des mots. Cela peut parfois arriver, mais peu importe, car l'objectif est d'écrire et de mettre un point final au poème. Vraiment, la chose la plus importante, c’est la concentration. Chaque poème, c’est le résumé de toute sa vie. Je mobilise tout ce que je sais, tout ce que je ressens, tout ce que j’ai vu : j’œuvre ensuite !
Indépendamment de l'Espace (pays, cultures) et du Temps (depuis l'Antiquité à nos jours) quelles constances « primaires » ou « fondamentales » nourrirait peut-être votre poésie sur le plan d'un continuum ?
N.G. : La vie et la mort, c’est déjà un beau programme. Le poète porte sur ses épaules quatre mille cinq cents ans de poésie. Mais il a aussi à l’esprit l’origine de l’univers… donc, des milliards d’années, alors ça commence à faire lourd. Sinon, comme un être humain est influencé par son milieu de vie, je dirais la ville et sa modernité, ce que j’appelle la « ville-Moloch ». J’aimerai bien avoir des connaissances en botanique et en minéralogie, Johann Wolfgang von Goethe était un grand savant en ce sens. Il y a beaucoup trop de mots, il me paraît donc difficile de parler de choses que je ne maîtrise pas, et je le regrette beaucoup.
Si l'univers s'exprimait en mots, la Poésie serait sans doute son langage privilégié, tant celle-ci est bien évidemment source d'infini, multidimensionnelle et en expansion, mais en même temps, tant elle serait capable d'atteindre l'imperceptible néant. Mais, revenons sur Terre, plus près de nous en cet instant.  Qu'est-ce que le monde du XXIe siècle vous inspire de particulier ?
N.G. : À mes yeux, le XXIe siècle n’existe pas, car je raisonne en milliards d’années. S’il faut placer le curseur sur ce « petit » siècle, je dirai tout d’abord que l'espérance de vie humaine a augmenté. Les recherches scientifiques n’ont jamais été aussi grandes, et je fais allusion aux savants, et non aux marchands de soupe qui vendent de l’innovation. Mais je pense que dans l’histoire de la Terre il a existé des mondes plus intelligents que le nôtre. Sinon, dans la société française, toutes les structures du XIXe siècle ont explosé, c’est là que les problèmes commencent. Aussi le XXIe siècle, c’est le cancer et le chômage de masse. Le paganisme et le tribalisme sont à l’œuvre en Europe… de ce côté-là, le pire est à venir. La chute, la chute, la chute ! Donc, je serai plutôt un poète du XIXe siècle… Pour conclure, je ne vois dans la société que la médiocrité et la mascarade, rarement une grandeur d’âme, mais Jean de La Bruyère et Honoré de Balzac ne l’évoquaient-ils pas.
Qu'apporte-t-il à votre poésie et selon vous, qu'est-ce que d'une manière plus large la poésie pourrait lui apporter de particulier voire de meilleur ?
N.G. : La poésie, c’est comme une tisane de tilleul, cela ne peut jamais faire de mal. Oui, un poète peut donner de la beauté au XXIe siècle, mais certains le font mille fois mieux que moi ! Quand je vois en plein cœur de Paris qu’une place porte le nom de Joachim du Bellay, il ne peut y avoir que de l’espoir.
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