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La Maison Blues

Publié le 14 août 2016 par Hunterjones
La Maison Blues C'est un fait peu connu, mais le trompettiste Dizzie Gillespie, en 1964, s'était, assez vaguement, lancé dans la course à la Présidence des États-Unis.
Vaguement, car il n'a jamais précisé si il allait le faire du côté des Républicains ou du côté des Démocrates.
Tel un naïf artiste, il avait tout simplement lancé qu'il serait du côté du peuple.
La Maison Blues Lors d'un de ses spectacles cette même année, un spectateur était monté sur scène avec une affiche clamant "Dizzie For President" pendant que celui-ci se produisait derrière. Ça avait fait un tel effet sur Gillespie qu'il avait eu beaucoup de difficultés à se remettre à jouer. Il avait aimé l'idée de la présidence, avait pensé un programme et aura même dans le futur, un album titré de la chose.
Dans ses spectacles, il avait fait faire des macarons "Vote Dizzy!" tout en adaptant sa chanson Salt Peanuts avec les vers suivants:
Your politics oughta be a groovier thing
Vote Dizzy! Vite Dizzy!
So get a good President who is willing to swing
Vote Dizzy ! Vote Dizzy!
La Maison Blues
Diz croyait aux droit civils, sa "campagne" envoyait d'ailleurs tous les dons à C.O.R.E., le Congress for Racial Equality) une organisation qui lui tenait à coeur, il souhaitait que les États-Unis se retire du conflit Vietnamien et le clamait haut et fort, et souhaitait que l'on reconnaisse la Chine communiste.
Dizzy voulait donner une voix à autre chose que deux multimillionaires comme le Texan Lyndon B.Johnson ou le sénateur de l'Arizona Barry Goldwater.
Dizzie, aimant bien s'amuser plus que tout autre chose, avait même présenté son cabinet fantôme.
La Maison Blues
Duke Ellington comme secrétaire d'État.
Miles Davis comme chef de la CIA
Max Roach Secrétaire de la Défense
Charles Mingus Secrétaire de la Paix
(HA! il n'existe pas un tel titre et Mingus avait un sale tempérament)
Ray Charles à la Chambre du Congrès
Louis Armstrong comme Secrétaire de l'agriculture
Mary Lou Williams comme Ambassadrice au Vatican
Thelonious Monk comme Ambassadeur "sur la route" (un tel poste n'existe pas non plus)
Malcolm X comme Procureur Général
La preuve que tout ça était peu sérieux est que sa co-listière aurait été l'humoriste Phyllis Diller.
La Maison Blues
Mais Diz, sa candidature aussitôt annoncée, n'a jamais donné de réel suivi officiel dans les bureaux des élections des États-Unis.
Et de toute manière, le vrai prez était Lester Young, décédé depuis 5 ans.
En 1979, Fela Kuti avait aussi tenté de poser sa candidature avec son mouvement révolutionnaire Afrobeat au Nigéria. Mais le gouvernement, qui lui faisait la vie dure, avait trouvé toute sortes de moyens pour lui refuser sa candidature. L'amour du cannabis de Kuti n'aidant rien.
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Plus récemment, Wyclef Jean a tenté une très sérieuse candidature à la Présidence haïtienne. Toutefois, pour des questions de résidences trop prolongées à l'étranger, et surtout son refus de loger à temps plein en Haïti, sa candidature a aussi été rejetée.
Il semble un peu fou, de toute manière, de prendre un néophyte, pour occuper un rôle si important.
La Maison Blues
Mais les années 80 avaient bien offert un ancien acteur comme Président. Alors un artiste, pourquoi pas?
La blague de Dizzie rappelle beaucoup la sottise de cette année avec Donald Trump.
Une farce de bien mauvais goût celle-là comparée à la concentration de talents de 1964.


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