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Le poche de l'été : le pouvoir du chien, le formidable huis clos à ciel ouvert de Thomas Savage

Par Filou49 @blog_bazart
15 août 2016

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« Oui, le garçon parlait à la tablée de six, et oui, il zozotait un peu comme toutes les chochottes que Phil avaient entendues, et il avait une façon à lui de goûter ses propres paroles. Bon, il y a des gens qui peuvent s’entendre avec eux, de même qu’il y a des gens qui peuvent s’entendre avec des juifs ou des négros, mais ça les regarde. Phil, lui, ne pouvait pas les supporter. »

Deux frères, la quarantaine célibataire, sont propriétaire d’une des plus grosses exploitations agricoles du Montana. Leurs parents richissimes descendant de Bostonien leur ont laissé les rênes et coulent des jours paisibles à Salt Lake City. Phil, l’ainé est beau, brillant et intelligent il est la  suffisance et la méchanceté personnifié, George de deux ans son cadet est lourd, timide et emprunté mais il est la bonté même.

Le bon et le méchant patron c’est idéal pour faire tourner une ferme et la ferme des Burbank est respectée dans toute la région. Alors lorsque ce lourdaud de George se marie avec une veuve flanquée d’un ado efféminé, Phil en est sûr c’est à leur argent que ces deux-là en veulent. Il va tout mettre en œuvre pour les faire déguerpir et ouvrir les yeux à ce « gras double » de George.

Des plaines, des montagnes, une nature qui donne et qui prend, une ferme, des centaines de têtes de bétail, des cow-boys, des hommes rudes et taiseux, nous sommes dans l’Ouest, le vrai. Un huis-clos à ciel ouvert où le Chinook fait onduler l’herbe grasse du Montana, le décor est installé la tragédie peut commencer.

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Deux frères, une femme, le bien, le mal, la peur de l’autre, et la sexualité refoulée, disons-le tout net « le pouvoir du chien » est un roman parfait. Aucune longueur, chaque description, chaque évènement  font évoluer le récit, c’est net précis est formidablement agréable à lire. 

Bien sûr John Steinbeck et Tennessee Williams sont  tout près, mais Thomas Savage a une écriture qui lui est propre, pas de gras, pas de fioriture, des personnages bien construits et une intrigue concise, impossible d’en dire plus de peur de gâcher le plaisir du futur lecteur. Encore une belle découverte que nous devons à la collection « Vintage » de chez Belfond. « Le pouvoir du chien » est paru aussi chez 10-18, donc à offrir à tous les apprentis romancier.

 md


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