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Journal d’un futur rentier (45)

Publié le 15 août 2016 par Chroom

Journal Voilà plusieurs années que je n'ai pratiquement plus eu d'augmentation de salaire. Les quelques bricoles supplémentaires que j'ai pu recevoir durant ce laps de temps n'ont même pas été suffisantes pour couvrir l'augmentation du coût de la vie.

A l'époque, je m'en serais offusqué. J'aurais été réclamer auprès de mon supérieur. J'aurais même pu quitter mon emploi. Aujourd'hui je pends cela avec beaucoup d'amusement. J'écoute les justifications, qui n'ont pas évolué depuis une bonne vingtaine d'années (à les écouter on dirait qu'on vit une crise économique depuis les années '90). Et la donne était similaire chez tous les employeurs que j'ai pu côtoyer.

Donc maintenant, ça m'amuse. Je me marre même. Après tout, augmentation de salaire rime aussi avec responsabilités et stress supplémentaire. Donc, si y en a pas, il n'y pas de quoi vouloir se tuer à la tâche. Plus de revenu, ça veut aussi dire plus d'impôts. Et si je regarde les périodes où j'ai effectivement plus gagné, je n'ai pas non plus été plus heureux... bien au contraire.

Au-delà de tout ça, il y a surtout mes revenus passifs qui me permettent de relativiser cette stagnation de mon salaire. Cela fait déjà très longtemps en effet que grâce à eux j'ai compris que je ne deviendrai jamais riche en travaillant. Les loyers immobiliers, et les revenus croissants de mes dividendes m'apportent aujourd'hui cette sécurité financière que je n'ai pas avec mon salaire seul.

Quand on pense que mes dividendes croissent de 10% par an et que je n'ai plus eu de réelle augmentation de salaire depuis très longtemps, cela fait vraiment réfléchir sur le sens du travail... Les entreprises récompensent leurs actionnaires (et en principe également leurs dirigeants) chaque année d'un revenu supplémentaire de 10%, et ce depuis presque la nuit des temps, alors qu'elles justifient en même temps l'absence d'augmentation de salaires à leurs employés, pour cause de difficultés économiques.

Le capital est donc mieux récompensé que le travail. Même très nettement. Il est même à bien des égards moins taxé. C'est certes scandaleux et il y a de quoi s'en offusquer, voire même de descendre dans les rues. Mais jusqu'ici, les divers mouvements tels que les Indignés, Occupy Wall Street ou Nuit Debout, n'ont rien changé au système, et ce malgré sa faillite avec la crise financière de 2007. Le récent scandale des Panama Papers en est la plus grande preuve.

La seule voie réellement efficace, c'est donc d’utiliser les armes du système capitaliste pour s'affranchir de ses contraintes. C'est le côté schizo du chemin vers l'indépendance financière : on fait la révolution chacun à sa manière. Ce faisant, on utilise le capital pour s'affranchir des côtés néfastes de la société consumériste et sortir de la Rat Race.


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