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Modeste Nzapassara joue Mandela au Lucernaire

Par Gangoueus @lareus
Modeste Nzapassara joue Mandela au LucernaireLe temps passe. Je réalise que je vais de moins en moins au théâtre. La formation que j’ai faite l’an dernier a accaparé pas mal de mon temps. Je me contente de lire des romans, des nouvelles et - quand l’exercice m'est imposé de la poésie. Modeste joue tout le mois d’août au Lucernaire. Modeste Nzapassara. Je l’avais vu jouer il y a quelques années le rôle du Fessologue, personnage haut en couleur du truculent roman Black Bazar d’Alain Mabanckou. Modeste joue Mandela. 
S’il y a bien une pièce qu’il me fallait voir cet été, c’est Afrika Mandela avec Modeste Nzapassara dans le rôle du leader charismatique de l'ANC qui appartient aux imaginaires communs...
 Au dernier étage du Lucernaire (qui comprend plusieurs salles), au Paradis. L’accès à la salle m’a fait entrer dans l’ambiance de ce spectacle consacré au prisonnier Mandela. Un escalier d’abord large que l’on nous recommande de monter silencieusement en raison d’une autre pièce qui se joue. Puis il rétrécit. Sa montée est périlleuse, le public un peu âgé halète. On s’installe, le spectacle fait salle comble. 
Mandela est incarcéré à Robben Island. Une journaliste blanche vient à sa rencontre. Blanche. Quand on parle de l’Afrique du sud, la couleur a un sens très fort. Elle se soumet au charisme de Mandela qui entreprend l’entretien sous une forme participative. Evoquant d’abord sa jeunesse, il est question de la disparition de sa mère et des derniers mots, morte assise et à table. Afrika. L’éducation scolaire et ses limitations. Limiter le rêve, la possibilité d’émancipation. Bien sur. Dans tout système totalitaire ou pas, l’éducation nationale est un moyen de voir la volonté ou pas des autorités politiques d’ouvrir le champ des possibles ou pas au commun des mortels. Dans celle de l’Afrique du Sud de Mandela, l'échange entre l’élève et son enseignante semble possible mais faux. Il y a des images de Mandela que personnellement je n’avais pas pris le temps de questionner. Au Lucernaire, hier, j’ai eu droit à une séance de rattrapages. Mandela boxeur. Elle est drôle et intéressante cette photo. La journaliste lui demande ce que signifie la boxe pour lui. Deux poings. Chaque poing, une vie prise ou récupérée. On est face au militaire, au partisan de la lutte armée un homme porté sur des actions terroristes pour atteindre son objectif. « L’Occident doit avoir mauvaise conscience pour me libérer ». La boxe a eu un sens que le metteur en scène a voulu exprimer sur les planches. Se battre sans jamais reculer, sans jamais baisser sa garde en fixant les yeux droits sur son adversaire. 
La pièce touche à plusieurs épisodes de la vie, tirés des écrits de Mandela lui-même durant sa détention ou de son fameux ouvrage autobiographique Un long chemin vers la liberté. Il y a Passant du coq-à-l’âne, d’un sujet à un autre, le spectateur doit être attentif. Les dialogues d’une remarque qualité. Et Modeste Nzapassara est plus la mémoire de Mandela. Il est Mandela. Le comédien m’a d’ailleurs expliqué combien il s’est impliqué dans ce rôle.
Passant du coq-à-l’âne, d’un sujet à un autre, le spectateur doit être attentif. Les dialogues d’une remarque qualité. Et Modeste Nzapassara est plus la mémoire de Mandela. Il est Mandela. Le comédien m’a d’ailleurs expliqué combien il s’est impliqué dans ce rôle et le fait que cela lui imposait certaines postures  dans l’interprétation de ce rôle. J’ai reconnu Mandela dans sa gestuelle, ses positions, son sourire, sa dignité, son charisme. D’ailleurs, j’ai demandé au comédien s’il avait passé des heures à regarder le grand homme état sud africain. Non. Ce n’est pas sur cet aspect de l’homme politique qu’il a investigué. J’ai donc apprécié cette pièce même si je dois dire que la mise en scène quelque peu statique et portant des tirades parfois longues et techniques, avec des ruptures de sujet parfois brutales, cette mise en scène disais-je impose la pleine concentration du spectateur. 
Ce spectacle est joué au Lucernaire jusqu’au 27 Août 2016.
https://soundcloud.com/lareus-gangoueus/entretien-avec-modeste-nzapassaramp3
La compagnie de théâtre Le minotaure 
Une pièce de Jean-Jacques  Abel Greneau, mise en scène par Katy Grandi avec Modeste Nzapassara, Patricia Vernay et Jean-Jacques Abel Greneau.
Lumière et régie de Fouad Souaker 

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