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Une fille et un flingue: quand Ollivier Pourriol fait son cinéma

Par Filou49 @blog_bazart
23 août 2016

pourriol

 " Tu n'as gardé qu'un brouillon, gros malin, et aucune copie: c'est ça d'écrire à la main. Tout est original est tout perdu. On ne pourra jamais la relire, mais elle lui a beaucoup plu, ta lettre. Le paradoxe, c'est qu'elle nous a pas écrit pour  le dire, mais elle nous a appelés. Mon téléphone a sonné, numéro masqué, j'ai  pas répondu, ah moi numéro masqué je réponds  jamais. C'était elle. Elle a laissé un message très sympa. Bonjour, c'est Catherine Deneuve, j'ai bien reçu votre lettre, oui, pourquoi pas, on peut se rencontrer, bien sûr, pour parler de votre truc, là ,je pars à la campagne, alors je ne sais pas, je vous rappelerai."

 Alors que depuis, hier, Catherine Deneuve, 72 ans, et Gérard Depardieu, 67 ans, tournent pour la dixième fois dans le même long-métrage,  sous la direction de Florence Quentin, la scénariste fétiche d’Étienne Chatilliez, ils sont, au même moment, les héros -malgré eux- d'un des romans de la rentrée littéraire, le nouveau roman d'Ollivier Pourriol, "Une fille et un Flingue" qui parait chez Stock à partir du 25 août et que j'ai eu la chance de lire en avant première pendant l'été.

 Ollivier Pourriol, je l'avais découvert en lisant On/Off, l'ouvrage dans lequel il revenait sur son expérience malheureuse au grand journal, puis en tant que chroniqueur de  mon émission fétiche le Cercle,  dans laquelle ses interventions, philosophiques et même métaphysiques volaient souvent plus haut que celles de ses confrères, souvent pertinentes et épatantes...

Car ce romancier/ philosophe est avant tout un fou de cinéma- une carastéristique qui ne peut que le rendre sympathique- et anime encore régulièrement notamment dans les MK2 - des grands cinéma parisiens que j'avais jadis l'habitude de fréquenter-  des conférences mélangeant cinéma et philosophie, ses deux passions de toujours.

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Une passion du cinéma dans laquelle il rend hommage dans ce roman  assez potache et loufoque, où l'on croise pas mal de grands noms du 7ème art, Deneuve et Depardieu donc mais aussi Luc Besson, Jean Luc Godard ( dont une de ses célèbres citations donnent d'ailleurs le titre au roman),  Vincent Cassel et tant d'autres à travers une intrigue prétexte de deux frères un peu barrés qui tentent de réaliser un film en venant de rien , un périple qu'il raconteront de leurs cellules de prison puisque on le sait des le départ, leur aventures flirte dangereusement avec le crapuleux et tourneront mal..

Car ces deux frères Dimitri et Aliocha sont étudiants en cinématographie,  élèves à la Cité du cinéma, et  qui vont réussir mine de rien à attirer les monstres sacré du cinéma français dans leurs escarcelles. Et nous sommes partis pour un récit rocambolesque  et effrené, qui ne se prend jamais au sérieux, et qui ,malgré quelques gentilles piques parsemées ici et là, transpire surtout d'un vrai amour de son auteur pour le 7ème art..

Tout le roman donne l'impression d'être raconté du point de vue d'un film en tournage, avec des séquences particulièrement frénétiques et rythmées.On sent que Ollivier Pourriol a voulu glisser dans son récit un certain nombre d'anecdotes sur les coulisses du cinéma, du reste pas toujours de façon très naturelle ( il faut dire que je connaissais un certain nombre de phrases issues d'interviews que j'avais lues), donnant parfois un coté un peu fourre tout au récit. 

Mais qu'importe, l'essentiel est que cette ode au 7ème art offre un moment de détente assez jubilatoire et trépidant, et qui constitue assurément une des premières bonnes surprises de cette rentrée littéraire.. 


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