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[Critique] ÇA – IL EST REVENU

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] ÇA – IL EST REVENU

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Titre original : It

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Tommy Lee Wallace
Distribution : Tim Curry, Jonathan Brandis, Seth Green, Harry Anderson, Annette O’Toole, Emily Perkins, Ben Heller…
Genre : Épouvante/Horreur/Adaptation
Date de sortie : 18 et 20 novembre 1990 (ABC)/16 octobre 1993 (M6)

Le Pitch :
Le jeune Georgie fait la connaissance de Grippe-sou alors qu’il joue sous la pluie, à Derry, dans l’état du Maine. Le corps du garçon est retrouvé peu de temps après, atrocement mutilé. Un meurtre qui s’inscrit dans le mode opératoire d’une créature malfaisante déguisée en clown, nichée dans les égouts de la ville. Un monstre qu’une bande d’amis se sont jurés de détruire par tous les moyens…

La Critique :
Quand on parle des adaptations de Stephen King, au cinéma ou à la télévision, Ça – Il est revenu, revient souvent et reste cité comme l’une des meilleures. Il ne s’agit pourtant pas d’un film de cinéma ayant bénéficié d’une sortie fastueuse, à l’image de certaines autres transpositions de livres du maître. Mais pourtant… À sa diffusion en France sur M6 en 1993, presque 3 ans après avoir terrorisé des millions d’américains, le clown le plus célèbre du septième-art a traumatisé un paquet de téléspectateurs, qui aujourd’hui, repensent avec un délicieux effroi, aux méfaits de celui qui vit dans les égouts en compagnie de ses jeunes victimes.
À bien y regarder, avec le recul et la sagesse acquise avec les années, Ça n’est pourtant clairement pas à la hauteur des véritables chefs-d’œuvre adaptés de King, comme Christine, Misery, Stand By Me ou bien sûr Shining (bien qu’il y ait débat sur celui-ci, c’est connu) et Creepshow, pour n’en citer que quelques-uns. Le truc, c’est que malgré ses défauts parfois grossiers, il fonctionne relativement, voire parfois vraiment bien, et justifie, lors de ces moments, son statut jamais démenti depuis sa sortie.

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Une bonne adaptation se doit d’exister sans que l’on ait besoin d’avoir lu le livre qu’elle illustre. En cela, Ça a (presque) tout bon. Il n’empêche que lorsqu’on a lu le best-seller de Stephen King, avant ou après avoir vu le film, impossible de ne pas se dire que ce dernier édulcore non seulement beaucoup le propos, mais le simplifie aussi beaucoup trop, pour se focaliser, et c’est compréhensible, sur une opposition bien/mal assez basique, en oubliant au passage toutes les implications que King s’était forcé de mettre en place. On sent alors de toute évidence que Tommy Lee Wallace, le réalisateur, et son scénariste Lawrence D. Cohen, ont souhaité conserver toute la filiation que Ça pouvait avoir avec Stand By Me, de Rob Reiner, sans en assumer toute l’ambiguïté, il est vrai parfois complexe du roman. Mais encore une fois, le principal est que le long-métrage fonctionne. Surtout dans sa première partie d’ailleurs (à l’époque de sa diffusion, le téléfilm fut divisé en deux parties d’1h30).

Une première partie beaucoup plus intéressante et maîtrisée que la seconde, qui se focalise sur le premier affrontement avec Grippe-sou le clown (Pennywise en français) et qui, de part l’absence d’effets-spéciaux trop élaborés, résiste également mieux à l’épreuve du temps. C’est là que nous faisons connaissance avec les enfants qui plus tard, reviendront se frotter à nouveau avec le monstre. Des gamins attachants, tous autant qu’ils sont, campés par des comédiens impeccables, comme le regretté Jonathan Brandis, Seth Green ou encore Emily Perkins. Et en effet, il se dégage de cette belle histoire d’amitié qui s’impose comme le conte d’une innocence bafouée en forme de métaphore cruelle du passage à l’âge adulte, une mélancolie et une poésie déjà présentes dans Stand By Me. Les interventions de Tim Curry, génial en clown maléfique étant systématiquement effrayantes et traumatisantes.
Quand les personnages, 30 ans plus tard, se retrouvent à Derry pour botter une nouvelle fois le cul à Ça, les choses se compliquent pour le téléfilm qui peine à instaurer une rythmique convaincante, pas vraiment aidé par des acteurs inégaux et par une écriture en dents de scie relativement dommageable à la bonne tenue de l’ensemble. Le fait que, lors de sa conclusion, Ça fasse appel à des effets aujourd’hui obsolètes, n’aide pas non plus le métrage à résister au jugement du temps… Cette seconde partie est ainsi beaucoup moins passionnante que la première et l’émotion a carrément du mal à percer alors qu’auparavant, elle s’imposait avec un naturel somme toute rare. Pas déshonorante pour autant, la conclusion ne convainc pas avec la même évidence et trahit un certain embarras à boucler un récit avec la même force dont il faisait preuve à ses débuts.

Ça – Il est revenu doit beaucoup à Tim Curry qui pour sa part, livre une performance glaçante. Dommage qu’il ne soit pas plus présent, même si la rareté de ses interventions leur confèrent un impact indéniable. En ce qui le concerne, il est évident que la nouvelle version, qui devrait atterrir cette fois-ci dans les cinémas, en 2017, aura du mal à faire mieux. Son clown est le plus terrifiant, le plus perturbant et plus ambigu que le cinéma d’horreur a pu nous présenter depuis ses balbutiements. À tous les niveaux. Une créature de cauchemar qui symbolise bien des choses que ce téléfilm ne fait que suggérer, de peur probablement de prendre les mêmes chemins que le livre. Des choses qui font précisément de lui une sorte de représentation ultime d’une peur viscérale, allant bien au-delà de son apparence, pourtant déjà bien flippante à la base.
On pardonne alors aisément le caractère maladroit du téléfilm et ses « oublis ». Au moins, il n’a pas gâché le principal. Avec son ambiance pour le coup fidèle à l’univers de l’écrivain, il vient se placer quelque part entre le meilleur de King au cinéma et des œuvres plus mineures mais néanmoins méritantes, comme cette adaptation injustement oubliée du Fléau, réalisée en 1994 par Mick Garris et elle aussi diffusée à la télévision.

@ Gilles Rolland

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