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À la pointe de la mode!

Publié le 29 août 2016 par Ratdemusee

Le Rat de Musée n'est pas une bête de mode, loin de là... disons que je m'habille toujours de la manière la plus pratique possible, à l'exception des occasions spéciales durant lesquelles, juchée sur mes talons, je m'efforce de garder l'équilibre!🙂

Pour autant, l'histoire du costume m'a toujours fascinée ; et cela faisait plusieurs années déjà que j'attendais de découvrir le musée dédié aux pièces les plus surprenantes et les plus intéressantes des collections françaises : le palais Galliera. Située dans le 16ème arrondissement de Paris, cette bâtisse de style néo-Renaissance, tout en colonnes et sculptures, dévoile sa façade au milieu d'un square joliment fleuri, à deux pas du palais de Tokyo.

À la pointe de la mode!

Ce musée a été construit à la fin du 19ème siècle à la demande de la duchesse Galliera, qui souhaitait faire don à l'État français de sa riche collection d'art. Suite à une erreur de rédaction dans les papiers de donation, le palais fut légué à la ville de Paris, ce qui contraria fortement la riche duchesse... qui préféra alors confier sa collection au Palazzo Rosso de Gênes. Néanmoins, et malgré le décès de la donatrice en 1888, le bâtiment fut achevé en 1894 ; d'abord musée de l'Art Industriel, puis salle d'exposition et de ventes, ce n'est qu'en 1977 que le lieu devint musée de la Mode et du Costume de la Ville de Paris. Ses collections (plus de 243 000 costumes et accessoires!) ne peuvent être présentées que ponctuellement, en raison de la fragilité des pièces. Ce n'est donc qu'à l'occasion des expositions temporaires régulièrement organisées que les costumes ont à nouveau l'opportunité de briller sous les projecteurs (briller étant tout à fait relatif, car l'éclairage très tamisé est étudié pour occasionner aussi peu de dommages que possible). En ce moment, et jusqu'au mois d'octobre, c'est à l'étude de l' Anatomie d'une collection que nous convie le musée...

L'exposition est brillamment conçue comme un voyage entre les époques, entre pièces fabuleuses portées par les plus grandes actrices et simples costumes de serviteur ou même de forçat!

À la pointe de la mode!

Le contraste entre atours somptueux et guenilles aux émouvantes reprises fonctionne à merveille, et on se surprend à s'attarder sur un tablier de bonne plutôt que sur un bonnet de vison, le premier titillant beaucoup plus l'imagination que le second : quelle jeune fille a serré autour de sa taille fine les cordons de ce tablier, un peu défraîchi maintenant, et pour aller servir quels maîtres? Les cartels, sans être exemplaires, apportent quelques informations utiles, notamment en ce qui concerne les vêtements historiques : petite chemise blanche brodée d'une minuscule couronne rouge pour le Dauphin, futur prisonnier du Temple, gilet de Napoléon ou extraordinaire manchon en plumes de la princesse Mathilde. Les quelques paires de chaussures disséminées au fil de l'exposition surprennent particulièrement par leur taille minuscule et leur étroitesse : des pieds d'enfant y rentreraient à peine aujourd'hui!

Les costumes des actrices et artistes de la Belle Époque m'ont également beaucoup plu : chaque pièce correspondait à merveille à la femme célèbre qui l'arborait, de Sarah Bernhardt à Mistinguett. Une autre salle (et quelques décennies) plus tard, en vraie fan d'Audrey Hepburn, c'est avec émotion que j'ai découvert les tenues spécialement créées pour elle par Givenchy.

Les noms illustres défilent et d'étonnantes créations se révèlent au détour d'une salle : ici une robe de cheveux griffée Maison Margiela, une robe " seins-obus " de chez Jean-Paul Gaultier, et bien sûr l'iconique " chapeau-chaussure " créé par Schiaparelli et Dali pour Gala, épouse et muse de ce dernier.

À la pointe de la mode!

Malheureusement (mais pour d'évidentes raisons de conservation), les photos sont interdites dans les quelques salles de présentation des collections ; je n'ai donc eu d'autre choix que d'illustrer cet article avec des clichés extraits du site Internet de la structure, mais aussi du livret " Anatomie d'une collection "... dans lequel j'ai tellement apprécié de retrouver le (très beau) texte d'ouverture de l'exposition que je vous en copie ici quelques extraits :

" Quand les engouements s'éteignent, quand les couturiers ne sont plus que le nom des griffes et des étiquettes qu'ils ont cousues, les écorces nées de leurs rêves demeurent. [...] Au musée, les costumes, les vestiaires, les garde-robes ne s'accrochent plus aux portemanteaux de ceux qui les ont possédés. Pourtant, ils conservent la trace indestructible de leur souvenir. L'émotion d'un corps disparu, évanoui, persiste dans le creux des corsages coquillages. Le souffle d'un geste, la mémoire d'un mouvement sont des sédiments plus apparents qu'il n'y paraît. [...] Intimes, sauvages, singulières, sans pagination ni mots, ces encyclopédies de l'être, aux feuilles de Nylon ou de soie, envahissent les rayons des réserves. Comme les livres sur la tranche, les vêtements rangés de profil font des placards et des dressings les bibliothèques romanesques dont les musées de mode sont les reliures en tissu. " (Olivier Saillard)

À la pointe de la mode!

Et vous, avez-vous déjà visité le palais de la Mode?

Quels créateurs vous inspirent?

Et pensez-vous, vous aussi, qu'un vêtement garde toujours l'empreinte de son propriétaire?


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