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Kenneth Rexroth – En raison inverse du carré des distances (Inversely, as the Square of Their Distances Apart, 1944)

Par Stéphane Chabrières @schabrieres

Kenneth RexrothIl fait chaud ce soir, rien ne bouge.
Les étoiles sont floues. Le fleuve —
Indistinct et monstrueux sous les lucioles —
Coule, à peine audible, d’un flot
Résonnant et grave dans le lointain.
Je devine tes yeux, tes lèvres humides.
Invisible, majestueux, odorant,
Ton corps s’ouvre à moi en secret.
Voilà bien l’ultime énigme.
Après tout ce temps, je ne sais rien
De plus étrange. Nous qui nous connaissons comme
Une chose une et double, dont les membres
Sont les instruments habiles d’un seul plaisir,
Nous restons des mystères dans les bras l’un de l’autre.

*

It is warm tonight and very still.
The stars are hazy and the river —
Vague and monstrous under the fireflies —
Is hardly audible, resonant
And profound at the edge of hearing.
I can just see your eyes and wet lips.
Invisible, solemn, and fragrant,
Your flesh opens to me in secret.
We shall know no further enigma.
After all the years there is nothing
Stranger than this. We who know ourselves
As one doubled thing, and move our limbs
As deft implements of one fused lust,
Are mysteries in each other’s arms.

***

Kenneth Rexroth (1905-1982) – Traduit de l’anglais (États-Unis) par Joël Cornuault



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