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La prophétie des Andes

Publié le 03 septembre 2016 par Montagnessavoie
James Redfield, La prophétie des Andes, 1994.
La prophétie des Andes
Paraît-il qu'il s'agit d'un best-seller, dans le style récit initiatique et développement personnel comme on en a tant publié. Le héros, un Américain en plein doute qui vient de démissionner de son job, entend parler par une amie d'un mystérieux manuscrit qui révèlerait des tonnes de choses incroyables sur l'humain et l'univers. Ni une, ni deux, il prend l'avion pour le Pérou. Franchement, mis à part enfoncer des portes ouvertes, je n'ai rien vu de neuf sous le soleil. Et côté incohérence, on est au top de l'art : un manuscrit, donc, écrit en araméen, divisé en neuf révélations disséminées sur le territoire péruvien, entre jungle et montagne, et dont les incas et les mayas seraient à l'origine. Franchement, je ne suis pas au courant de tout, mais s'il y a une chose que je sais, c'est que les mayas n'ont jamais mis leurs sandales au Pérou ! Je me dis bon, passons, allons plus loin. Cependant, révélation après révélation, on reste sur notre faim. Alors, pêle-mêle, j'ai réussi à déterminer un mélange de philosophie yogi, d'animisme andin mais pas trop, de psychanalyse de bas étage... tout ça pour comprendre, dans les dernières pages, qu'il s'agit d'une ode à la religion chrétienne ! Jésus, notre maître spirituel à tous ! Par conséquent, je crie au scandale, je m'insurge contre ce tout ça pour ça qui justifie la mission de conversion des prêtres, qui approuve le fait que les "Indiens" doivent adhérer au monothéisme. Je saute au plafond quand l'auteur finit par concevoir un monde tout automatique, où le travail des robots dégagerait du temps libre pour que les humains cherchent et trouvent leur moi profond. En complète contradiction avec ce qu'on laissait transparaître dans les épisodes précédents, quand on nous vantait les mérites de la connexion énergétique avec autrui ! N'importe quoi et encore n'importe quoi !  Une fois le bouquin fini, parce que je suis consciencieuse jusqu'au bout, voilà que je découvre qu'il existe une dixième révélation et donc d'autres tomes à cette histoire fleuve ! Cette fois, c'en est trop ! Je vais vérifier sur le site internet qui est ce fameux James Redfield. Et là, c'est la stupeur : une sorte de gourou sectaire qui enjoint les hommes à prier pour progresser et faire avancer le monde, doublé d'un profiteur qui inscrit en bonne place sur sa page un lien vers un compte PayPal où verser des dons ! Intérieurement, je suffoque et me mets à crier STOP ! Basta cosi ! Non seulement ce type bafoue les traditions andines, se prend pour un donneur de leçons tendance évangéliste et appuie le colonialisme spirituel, mais il vide en outre les poches de millions de gens moins avancés que d'autres sur le chemin du développement personnel. Cet odieux personnage est un danger public ! Et quel mauvais romancier ! Car, si la découverte par le héros des neuf révélations, l'une après l'autre, se fait par le biais de coïncidences, le récit lui aussi n'obéit qu'à cela pour tenir. Sans transition, comme disent les journalistes quand ils passent du coq à l'âne. Et là se pose LA question fondamentale de l'article : comment un navet pareil peut devenir un best-seller ? Si vous avez des réponses, je suis prête à tout entendre !

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