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California Girls, roman de Simon Liberati

Par Mpbernet

California Girls

1969 : le monde entier apprend avec stupeur l’effroyable tuerie perpétrée par les adeptes de la « Famille » de Charles Manson, le meurtre de la belle Sharon Tate, enceinte de huit mois, épouse de Roman Polanski. Un souvenir très net pour moi, mais une histoire sur laquelle je ne connaissais aucun détail …

Voilà un roman dérangeant, terrifiant de vérité, remarquablement écrit, plus réaliste que la prose de James Ellroy ou les scènes de crimes de Pierre Lemaître ou Ingrid Desjours, une histoire à faire dresser les cheveux sur la tête d’un chauve car la violence n’en est même plus une … Tuer pour tuer, torturer même pas par plaisir, percevoir les bruits, les odeurs de la mort poisseuse difficile à donner quand les victimes se débattent. Du travail sale, exécuté salement.

L’histoire retient le nom de Charles Manson, gourou minable pérorant du haut de son mètre 55,  toujours vivant aujourd’hui, et cela me dérange. Il n’a pas participé personnellement  aux meurtres gratuits mais a téléguidé ses disciples, des filles très jeunes vivant en communauté, paumées, demeurant dans une saleté repoussante, amoureuses fascinées par ses thèses aberrantes, pratiquant l’abus de drogues et l’amour collectif, l’échenillage des poubelles et les larcins de quelques dollars …

L’idée de Charles Manson est celle de la proche fin du monde, provoquée par l’envahissement des Noirs. Son projet est simple : commettre des crimes abominables dans les beaux quartiers et en faire porter la responsabilité à des Noirs, et ainsi hâter le chaos final qu’il nomme « Helter Skelter » en référence à la chanson des Beatles – entre nous, cette première approche du Hard Rock n’est pas la meilleure création de Paul McCartney – qui verrait ensuite le triomphe de la Famille, devenue le seul recours.

Le roman foisonne de notations réalistes, puisées au plus près des sources judiciaires, bien plus évocatrices, dans leur naïveté brute, que n’importe quel film d’horreur. Finalement, l’exécution de Sharon Tate, starlette d’une exceptionnelle beauté un peu hagarde, est due au hasard : ses bourreaux ne savaient absolument pas ni qui elle était ni qui étaient les amis qui lui tenaient compagnie dans cette villa construite en 1942 pour Michèle Morgan, au 10050 Cielo Drive.

En revanche, je me suis vite repérée parmi les quartiers de Los Angeles, grâce à ma connaissance toute récente de l’œuvre de Michael Connelly. Cependant, les scènes de crimes que découvre l’inspecteur Bosch du LAPD sont bien gentillettes à côté des descriptions « dynamiques » des assassinats commis par Sadie, Linda, Katie, Leslie, Tex et Clem …

Un roman âpre, terrifiant, décourageant pour ce que l’on sait de la nature humaine … encore que nous voyons aujourd’hui encore pire. Cinquante ans après, aucun progrès en la matière !

California Girls, roman de Simon Liberati publié chez Grasset, 337 p., 20 €


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