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[Critique] WAR DOGS

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] WAR DOGS

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Titre original : War Dogs

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Todd Phillips
Distribution : Jonah Hill, Miles Teller, Ana De Armas, Bradley Cooper, Kevin Pollack, Shaun Toub…
Genre : Drame/Comédie/Adaptation
Date de sortie : 7 septembre 2016

Le Pitch :
Deux amis d’enfance âgés d’un vingtaine d’années décident de se lancer corps et âme dans le commerce des armes, à l’époque de la seconde guerre en Irak. Ils profitent pour cela des appels d’offres du gouvernement américain et commencent à traiter avec le Pentagone. Les dollars défilent au fil des contrats à l’importance croissante. Mais les novices un peu trop gourmands ne vont cependant pas tarder à être totalement dépassés par les événements. Histoire vraie…

La Critique :
Le réalisateur Todd Phillips n’avait rien tourné depuis 2013 et le troisième (et poussif) volet de la franchise lucrative Very Bad Trip. Une conclusion (enfin on espère) qui intervenait après plusieurs années à ne tourner exclusivement que des comédies plus ou moins loufoques, de Retour à la Fac à Starsky & Hutch, en passant par Date Limite. Pour son nouveau film, Phillips a néanmoins décidé de changer de stratégie et de rendre son humour un peu plus concerné, vis à vis de certaines problématiques actuelles. Le cinéaste ayant visiblement souhaité se placer dans le sillage du Loup de Wall Street, de The Big Short et de tous ces longs-métrages en forme de miroirs tendus à la face d’une Amérique alors confrontée aux squelettes qui squattent son placard. Pour autant, de par son sujet, le trafic d’armes et son traitement, War Dogs vient surtout se positionner dans la droite lignée de Lord of War. En fait, il semblerait même qu’il s’envisage comme un croisement du film d’Andrew Niccol et du Scarface de Brian De Palma. Rien que ça !

War-Dogs-Ana-de-Armas

War Dogs entend captiver son audience dès les premières minutes. Todd Phillips n’étant pas né de la dernière pluie, il ne fonce pas non plus dans le tas et reste relativement sage. Du moins jusqu’à l’arrivée dans la partie de Jonah Hill, qui s’impose comme l’électron libre du duo qu’il forme avec Miles Teller, soit le « sage et posé » qui incarne pour sa part la conscience morale. War Dogs donc, verse dans le montage rapide et dans les punchlines qui claquent. En début de parcours, le film est drôle. Principalement, là encore, grâce à Jonah Hill, dont le personnage, charismatique, est aussi très divertissant, même si, on en reparlera, il s’avère également prévisible, à l’image du long-métrage dans son ensemble.
Adapté d’un histoire vraie, War Dogs traduit une volonté de s’approprier le récit pour donner libre court au réalisateur et à ses acteurs. On devine les libertés prises avec la réalité mais ce n’est pas grave, car c’est pour le bien commun, y compris le notre. On sait dès le départ qu’on est pas venu voir un documentaire et le postulat, entièrement authentique pour sa part, est de toute façon suffisamment énorme pour interdire au métrage d’en faire des caisses. Les seuls extravagances sont donc dues à Todd Phillips et à sa propension à calquer sa dynamique sur celle de nombreux autres films avant lui, bande-originale farcie de tubes, intertitres et voix-off à l’appui. À l’écran, le résultat a de la gueule mais impossible, et c’est pire de minutes en minutes, de ne pas se dire qu’on a déjà vu ça ailleurs. Et souvent en mieux. Oui, car War Dogs semble justement faire un peu trop confiance à son postulat pour proposer du frais. Il nous ressort de vieilles recettes, multiplie les clins d’œil, à Scarface surtout, et mime Lord of War jusque dans sa progression. Fatalement, les lieux communs s’enchaînent avec la régularité d’un flingue automatique. On retrouve la copine qui n’approuve pas et qui pense à se barrer mais qui aime bien l’argent quand même (Ana De Armas, sublime), le mec qui est trop gourmand (Jonah Hill), celui qui modère mais qui incarne la perte d’innocence que l’histoire raconte (Miles Teller), le méchant attendu et charismatique (Bradley Cooper), les allers-retours plus ou moins exotiques (le Moyen-Orient, Miami, l’Albanie, Las Vegas), la coke, l’alcool et les prostituées… Le seul truc que War Dogs nous épargne est l’infidélité du héros. C’est déjà ça. Un phénomène qui s’amplifie quand l’histoire cesse complètement d’être drôle pour se concentrer sur la partie rédemption et dénonciation de cette version viciée du rêve américain poursuivie jusqu’au point de non retour

Mais si il n’y a pas de surprise et qu’on voit venir le dénouement à 100 bornes, le show a quand même une certaine prestance. Les comédiens sont bons, parfaitement à l’aise dans des godasses sur-mesure, on ne voit pas passer le temps et même si d’autres ont déjà emprunté cette route, le message a suffisamment d’importance pour mériter une nouvelle illustration, aussi balisée soit-elle.

En Bref…
Plein de bonne volonté, War Dogs est bien sûr moins puissant que Lord of War et peut-être un poil trop cynique et moralisateur, mais en l’état, il se montre cinématographiquement plus qu’acceptable. Il fait le job avec une certaine flamboyance, sans parvenir à toucher sa cible avec autant de force qu’espéré, mais au moins, il l’a touche la plupart du temps.

@ Gilles Rolland

War-Dogs-Hill-Teller-Cooper
  Crédits photos : Warner Bros. France


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