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Black Panther, par Ta-Nehisi Coates et Brian Steelfreeze

Par Gangoueus @lareus

Black Panther, par Ta-Nehisi Coates et Brian SteelfreezeEn début d’année, l’écrivain américain Ta-Nehisi Coates intervenait à la Grande Librairie pour parler de son essai Une colère noire (Lettre à mon fils). J’avais été marqué par la profonde colère de cet auteur qui défendait un livre qui a reçu la plus haute distinction, le National book prize. Le livre collait avec une réalité terrifiante aux Etats Unis avec des meurtres réguliers par de citoyens africains-américains par la police. Je n’ai pas encore lu ce livre. Je patiente.
En me baladant dans Manhattan, sur la 5ème avenue, je suis tombé sur une librairie Barnes and Noble. En y réfléchissant, je réalise qu’on tombe pas sur des librairies à tous les coins de rue de New York comme c’est le cas dans toutes les villes de France. En regardant de près les actualités de cette librairie, je suis tombé sur Black Panther, un comics qui fait un carton cette année aux Etats-Unis. Qui trouve-t-on à l’écriture et au scénario de ce comics? Ta-Nehisi Coates. Je vais être honnête avec vous. J’ai lu pas mal de Marvel et de Comics quand j’étais môme, mais je n’avais pas le souvenir d’un super-héros ou super-vilain du nom de Black Panther. En plus, toujours dans ce souci de transparence qui nous lie, le titre de Black Panther est tellement évocateur (50 ans après la naissance du mouvement militaro-politique initié par Bobby Seale et Paul Huey Newton) que l’association d’idées entre le fameux livre de Coates que j’ai cité plus haut, les bavures policières et un super-héros « black » me semblait être très cohérente. Je m’attendais à découvrir une sorte de Shaft version Comics.
Dans ce nouvel épisode de Black Panther, je découvre que la figure centrale de T'Challa n’a absolu rien à voir les suites du mouvement des droits civiques. C’est un super-personnage africain qui préside le Wakanda. Je suis toujours amusé par les noms très roots que la fiction américaine offre aux territoires africains imaginaires. J’imagine que l’Ouganda, le Kenya influencent beaucoup les esprits. Notre super-personnage est le leader d’une nation africaine relativement avancée sur le plan technologique mais en même temps en proie aux maux qui gangrènent le continent, guerres civiles, viols massifs des femmes… On pense à la RDC... Les choses ne sont pas sous contrôle. Et le personnage de T’challa qui a bourlingué semble un peu perdu, en manque de repère pour rétablir l’ordre dans son pays. Son adversaire le plus farouche, une sorte de chaman marabout détenant des super-pouvoirs singuliers tient sous son emprise une femme douée à laquelle était attaché T'Challa Black Panther. En parallèle, deux femmes s’organisent pour lutter contre l’arbitraire et la violence faites aux femmes dans l’arrière pays du Wakanda.
En fait, ce qui est particulier dans ce comics que j’ai lu en anglais - donc, il fait fort probable que

Black Panther, par Ta-Nehisi Coates et Brian Steelfreeze

Photo credit: Sean Carter Photography

certaines nuances m’échappent, il est difficile de définir le bon, la brute et le méchant. Et c’est toute l’intelligence de ce projet de mon point de vue. Je peux toutefois me tromper. T’Challa n’est pas un ange. Il est en proie à des doutes, questionne son entourage, il contient son agressivité naturelle. Après tout c’est un félin.
J’aimerais dire que lorsqu’on a baigné dans certaines croyances magico-religieuses en Afrique, on ne lit pas Black Panther comme un Comics classique. La spiritualité, les formes de lutte de pouvoir car c’est de cela dont il est question prennent une forme quasi-mystique. Sauf que cela a un sens chez les animistes. Le double animal n’est pas une vue de l’esprit là-bas. Je pensais aux andjimba au Congo Brazzaville, qui dans les années 80 ont commis une série de meurtres rituelles au nord du Congo, créant une psychose dont beaucoup se souviennent. Les Andjimba étaient des hommes léopards ou caïmans. Bon, j’arrête de déconner. Mais on s’imagine bien cette lutte de pouvoir qui oppose T'Challa au Chaman. Ce qui est aussi intéressant ce sont tous les signes du discours afro-centriste. Les personnages ne portent pas des perruques et des tissages. Un côté rasta, dreadlocks des leaders sans qu’on pense à autre chose qu’une forme de réconciliation avec soi.
Naturellement quand on lit un texte dans une langue que l’on n’a pas apprivoisé, les dessins vont avoir une place importante et je trouve que Brian Stealfreeze fait un travail efficace de conception et de mise en scène de la trame. En creusant sur le sujet, je me suis rendu compte que le personnage de T'Challa a fait une entrée fracassante dans la série de films sur Captain America. Et que Comics a retravaillé un personnage. La fin de ce comics nous impose d’attendre la suite. Une suite complexe… Mais j’ai envie de dire que Coates continue d’écrire à son fils. 

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