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[Critique série] BRAQUO – Saison 4

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] BRAQUO – Saison 4

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Note:

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Origine : France
Créateur : Olivier Marchal
Réalisateurs : Xavier Palud, Frédéric Jardin
Distribution : Jean-Hugues Anglade, Joseph Malerba, Karole Rocher, Isabelle Renauld, Thierry René, Boris Terral, Pierre Laplace, Michel Subor, Renaud Rutten, Slimane Dazi, Laurent Richard, Assaad Bouab, Philippine Leroy-Beaulieu, Doudou Masta, Gérald Papasian, Mathéo Capelli…
Genre : Policier/Drame
Diffusion en France : Canal+
Nombre d’épisodes : 8

Le Pitch :
Après avoir sauvé Roxanne Delgado d’une mort certaine et neutralisé l’ex-inspecteur de l’IGS Roland Vogel, le commandant Eddie Caplan est sous le coup d’une enquête de la police des polices menée par l’implacable Henri Brabant, qui s’est juré de le faire tomber. De son côté, le collègue de ce dernier, Walter Morlighem, se retrouve dans le viseur de la mafia turque après avoir abattu le fils du redoutable Baba Aroudj. Alors qu’un important deal doit se monter entre le Milieu marseillais et les turcs, Caplan et Morlighem franchissent à nouveau la ligne jaune et mettent en péril leur carrière, leur famille et eux-mêmes…

La Critique :
Braquo, c’est terminé et finalement, ce n’est pas plus mal. Il faut dire que le show avait perdu de sa superbe pour plusieurs raisons. Tout d’abord, sa durée de développement. Sept ans pour quatre saisons de huit épisodes, c’est trop, beaucoup trop. Surtout quand tout dans la série est censée se passer sur quelques semaines voire quelques mois. En résulte une perte de crédibilité quand les personnages partent et reviennent avec des véhicules différents ou ont le visage marqué par les années qui passent. Là où les séries américaines enchaînent les saisons tous les ans, on voit là une différence flagrante avec la France. L’autre raison est l’arrivée d’Abdel Raouf Dafri dès la saison 2. Alors que la saison 1 d’Olivier Marchal proposait un vrai polar, Dafri change du tout au tout. Pourtant auréolé de succès avec les scénarios du diptyque Mesrine et d’Un Prophète, Dafri a été à Braquo ce que Vincent Bolloré a été à Canal + : le mauvais choix d’un mec qui a imposé sa vision et tout foutu en l’air. Dès le début du tournage de la saison 2, Olivier Marchal s’éloigne de la série qu’il a créée, la qualifiant de « grotesque et démesurée ». Bien que couronnée d’un International Emmy, cette saison éloigne une bonne partie des fans. La saison 3 tentera de renouer avec les origines en abandonnant le côté complot politico-militaire vaseux et en se concentrant sur l’essence de la série. La nouvelle et dernière saison est dans cette logique mais à aucun moment on se retrouve à la hauteur de la prometteuse première saison, comme si les trois dernières saisons avaient été celles de trop.

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Tout commence pourtant bien, le cliffhanger de la saison précédente a trouvé un dénouement heureux avec le sauvetage in extremis de Roxanne Delgado, enterrée vivante par le psychopathe Vogel (ex-inspecteur de l’IGS prêt à tout pour éliminer l’équipe de Caplan un par un). L’arrivée d’un nouvel inspecteur de l’IGS après plusieurs tragédies dont Vogel est l’auteur, relance un peu de suspense et on sent que c’est chaud pour Caplan. De son côté, Morlighem a la bonne idée de lancer en guerre contre les Turcs alors qu’ils font passer les méchants des précédentes saisons pour des amateurs. On est en droit donc de frissonner mais finalement, c’est assez vite décevant. Tout d’abord, Caplan met fin à l’existence de sa némésis Vogel (on croyait que Caplan avait fait un carton sur lui dans le final de la précédente saison, mais finalement, il vise super mal) en le transformant en méchoui par des codétenus. De son côté, Morlighem résout le problème turc à sa façon à mi-saison, grâce à des personnages subitement apparus : le premier, Charlie, on ne sait qui il est que dans un dialogue bref, et l’autre, à part son prénom, on ne sait pas du tout ce qu’il fait là. Comme les dangers sont vite écartés, Dafri en invente de nouveaux via toute une flopée de personnages qui déboulent comme un cheveu dans la soupe. On découvre un frangin de Caplan alors qu’il n’en a pas été fait mention jusqu’à présent. La série se délocalise en partie à Marseille où le duo Caplan/Morlighem se retrouve à devoir aider, pour des raisons hyper bancales, des policiers locaux en guerre contre le Milieu. Tous les défauts de Braquo version Dafri font surface. À chaque saison, beaucoup de nouveaux personnages apparaissent, très peu ont une existence justifiée et servent juste à tuer ou se faire dégommer, voire les deux. C’est hyper complexe, peu lisible, et la plupart des personnages manquent totalement d’épaisseur. À chaque fois qu’un personnage représente un danger quelconque, il se fait descendre par un autre qui, soit vient d’apparaître, soit n’a que peu de présence à l’écran, et ce jusqu’au dénouement. D’autres défauts font tâche comme un manque de réalisme d’une partie des intrigues et des intrigues secondaires qui sont soit inutiles, soit pas du tout développées. Pour contrebalancer, les acteurs sont en partie plutôt bons. Le trio Anglade/Malerba/Rocher fait le job, bien que les personnages des deux derniers sont nettement moins fouillés que dans les saisons précédentes. Isabelle Renauld est convaincante, mais trop vite écartée. Au rayon des nouveautés, Thierry René et Boris Terral sont les plus intéressants, le premier bluffe en inspecteur de l’IGS droit dans ses bottes et le second est touchant dans le rôle de Nathan, frère cadet du personnage principal, qui donne à ce dernier un côté humain qu’on ne voit que peu dans la série. Au rayon des bad guys, Doudou Masta joue le strict minimum (de toute façon, en général, l’ancien rappeur a un jeu minimaliste consistant surtout à s’appuyer sur sa voix de stentor pour imposer son charisme), Renaud Rutten joue bien un méchant certes moins redoutable que d’autres de cette saison, mais finalement déterminant, et Assaad Bouab est prometteur mais aurait mérité un meilleur rôle avec de meilleures répliques. Une grosse partie du casting, en revanche, est parfaitement inutile. La réalisation de Xavier Palud et Frédéric Jardin rattrape un peu le truc, mais ça ne le fait pas tout.
Autant de lacunes qui finalement plombent une série qui, au départ, avait tant à offrir dans un pays où l’écrasante majorité des séries locales sont, au mieux, à la ramasse. Au final, après tous les espoirs suscités par la première saison, c’est une impression d’immense gâchis qui subsiste.

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En Bref…
Sur le papier, cette saison avait tout pour faire aussi bien, voire mieux que la saison précédente et pour arriver à un niveau presque équivalent à celui de l’excellente première saison. Mais Dafri a renoué avec ses défauts avec trop de personnages dont beaucoup sont inutiles, des intrigues et un final bâclé, un côté démesuré et peu réaliste. Pas mauvais en soi, juste bancal et moyen. Cruellement moyen…

@ Nicolas Cambon

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  Crédits photos : Canal+


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