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[Critique] OUIJA : LES ORIGINES

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] OUIJA : LES ORIGINES

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Titre original : Ouija : Origin Of Evil

Note:

★
★
★
½
☆

Origine : États-Unis
Réalisateur : Mike Flanagan
Distribution : Elizabeth Reaser, Annalise Basso, Lulu Wilson, Henry Thomas, Parker Mack, Doug Jones…
Genre : Horreur/Épouvante/Suite
Date de sortie : 2 novembre 2016

Le Pitch :
À Los Angeles, en 1965, une mère tente de subsister tant bien que mal afin d’élever ses deux filles, après la disparition tragique de son mari. Elle se livre alors à un numéro bien rodé de médium, en faisant croire à ses clients qu’elle peut communiquer avec les défunts. Un jour pourtant, un véritable esprit entre en contact avec la plus jeune des filles par l’intermédiaire d’une planche de Ouija. Un esprit malfaisant, qui semble avoir juré la perte de cette famille…

La Critique de Ouija : Les Origines :

Les exemples de suites ou de préquels qui ont réussi à faire mieux que l’original ne sont pas légion. Souvent, quand on parle par exemple de Terminator 2 ou du Parrain 2, ils sont même sujets à débat car il s’agit dans tous les cas d’excellents films. Pour Ouija : Les Origines c’est différent. Non seulement ce deuxième volet est largement mieux que son prédécesseur, mais il l’enterre carrément six pieds sous terre, en le faisant globalement passer pour une purge bancale sur tous les points, qui n’avait même pas eu le talent d’exploiter correctement la somme de clichés grossiers sur lesquels il s’appuyait. Alors oui, sous son titre racoleur pas attirant du tout, Ouija 2 est un très bon film d’épouvante. Le genre qui fait peur. Carrément.

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Ouija es-tu là ?

Ouija : Les Origines vient se positionner dans la lignée de ces œuvres fantastiques qui tentent de raccrocher les wagons avec l’âge d’or des années 70. Au début, on a donc droit au vieux logo d’Universal, puisque le film se déroule en 1965, et tout est globalement fait pour nous plonger dans cette époque, histoire de se réclamer sans détour de l’influence des canons du genre, L’Exorciste en tête. La photographie de Ouija 2 est superbe, et le soucis du détail avec lequel le réalisateur a justement réussi à raviver le parfum des 60’s force par moment le respect, même si sa démarche n’a rien de révolutionnaire. Prenons par exemple les taches qui apparaissent à intervalles réguliers en haut à droite de l’écran. Aujourd’hui, à l’heure du numérique, ce genre de truc est inutile vu qu’il s’agit de repères pour indiquer au projectionniste à quel moment changer la bobine sans interrompre le film. Pourtant, Ouija 2 en comporte beaucoup. Comme avant. Ce n’est pas grand chose mais cela indique sans aucun doute la minutie avec laquelle Flanagan et son équipe ont abordé leur projet. Un projet qui s’affranchit, ne serait-ce que parce qu’il se déroule plusieurs décennies avant, du précédent long-métrage, et qui préfère donc embrasser ses propres codes et ses propres références, qu’il comprend et assimile avec une maestria qui lui permet de ne pas chercher à tout prix à surprendre.
Ce qu’il faut comprendre par là c’est que Ouija 2 est somme tout classique, mais dans le bon sens du terme. La sauce prend dès le début et la peur ne tarde pas à pointer le bout de son nez, pour la simple et bonne raison qu’en dehors de quelques jump scares un peu inévitables, le récit prend son temps pour poser ses bases. Pour présenter les personnages et leur conférer la profondeur nécessaire, mais aussi pour soigner son atmosphère afin de la rendre plus propice à une déconstruction en règle, qui intervient quant à elle au cours d’une deuxième partie plus intense et mémorable à plus d’un titre.

Tragédie horrifique

Ouija 2 n’est pas seulement un bon film d’épouvante qui fait peur. Il est aussi une vraie tragédie familiale qui explore ses propres thématiques qui, à terme, vont venir nourrir le mécanisme horrifique pour lui donner plus d’impact. La réflexion sur le deuil à laquelle se livre le cinéaste Mike Flanagan ne manque pas de sensibilité, surtout qu’en l’occurrence, le trio d’actrices accomplit un formidable travail d’équipe et confère beaucoup d’énergie et d’émotions à l’ensemble. Mention aux jeunes Elizabeth Reaser (vu récemment dans Captain Fantastic) et Lulu Wilson qui jouent des rôles hyper cloisonnés, mais qui arrivent pourtant à les sublimer chacune à leur façon. Flanagan, qui confirme un vrai talent après le sympathique The Mirror et l’intense Pas un Bruit (Hush), trouve l’exacte tonalité et fonce bille en tête vers un dénouement qui fait plus que tenir la route en cela qu’il ne lâche rien. Encore une fois, les codes sont respectés, mais le caractère frondeur et cette tendance à véritablement soigner ses personnages, son histoire et par là même à ne pas prendre ses spectateurs pour des truffes, font vraiment la différence.
Contrairement à beaucoup de ces séries B qui n’ont rien d’autre à offrir que des scénarios prétextes et des sursauts bon marché, Ouija 2 surprend et livre une bonne histoire solide, des frissons, et passionne sur la longueur.

En Bref…
Ouija : Les Origines est tout ce que Ouija premier du nom n’est pas. Non seulement il est plus effrayant, mais il raconte aussi quelque chose qui va au-delà de l’intervention systématique d’esprits diaboliques. Bourré de bonnes idées, rythmé et parfaitement incarné, il s’impose comme l’une des bonnes surprises de cette année cinéma et est conseillé à toutes celles et ceux qui aiment se faire peur.

@ Gilles Rolland

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  Crédits photos : Universal Pictures International France


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