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[Critique] BEFORE THE FLOOD (AVANT LE DÉLUGE)

Par Onrembobine @OnRembobinefr

[Critique] BEFORE THE FLOOD (AVANT LE DÉLUGE)

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Titre Original : Before the flood

Note:

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Origine : États-Unis
Réalisateur : Fisher Stevens
Distribution : Leonardo DiCaprio (voix), Barack Obama, John Kerry…
Genre : Documentaire
Date de sortie : 30 octobre 2016 (Disponible en streaming ici jusqu’au 6 novembre 2016)

Le Pitch :
Une plongée au cœur des problématiques importantes et urgentes causées par le réchauffement climatique. Un film narré par Leonardo DiCaprio…


« Before the Flood » / « Avant le Déluge… par Nat-Geo-Channel-FR

La Critique d’ Avant le déluge :

L’engagement de Leonardo DiCaprio en faveur de la protection de l’environnement n’est pas méconnu. En effet, l’acteur qui enchaîne les réussites cinématographiques et qui a enfin décroché son premier Oscar l’année dernière pour le sublime The Revenant, est investi dans la cause environnementale depuis de nombreuses années et à diverses échelles. Il a d’ailleurs créé une fondation avec laquelle il finance des projets autour du développement durable et les énergies renouvelables, tout en effectuant de nombreux dons à des associations et des organisations non gouvernementales. En 2014, Leonardo DiCaprio a été nommé Messager de la paix sur la question du climat par et pour l’ONU. Il s’est d’ailleurs exprimé dans l’enceinte des Nations Unies à travers un discours particulièrement impactant. Il fait également beaucoup de sensibilisation et de conscientisation par le biais de ses films engagés et de ses déplacements. Il s’exprime très régulièrement sur la question concernant la perte de la biodiversité à travers le monde, mais aussi sur la nécessité de préserver et soutenir les peuples indigènes. Il a notamment produit le film Cowspiracy : le secret du développement durable, pour une diffusion mondiale sur Netflix, un documentaire qui dénonce l’impact catastrophique de l’agriculture animale sur l’environnement. Toutes les actions de l’acteur et son actualité à ce sujet sont visibles sur ses supports de communication Internet. En 2007 sortait le bouleversant documentaire La 11ème Heure : Le Dernier Virage, co-écrit, narré, et produit par l’acteur lui-même et réalisé par Nadia Conners et Leila Conners Petersen. La 11ème heure, qui nous plonge dans la catastrophe du réchauffement climatique. Un film marquant, qui par sa réalisation soignée et son aspect poétique, a le pouvoir d’interpeller immédiatement, tout en dressant le portrait d’une humanité à la dérive mais jamais foncièrement mauvaise. En découle une prise de conscience particulièrement forte qui laisse une empreinte inaltérable. En-est il de même pour Avant le déluge ?

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Before the Flood : le cri d’alerte

Pour les besoins de sa nouvelle alerte coup de poing, Leonardo DiCaprio est allé interviewer des scientifiques, des militants mais aussi des politiques comme Barack Obama, ou encore le Pape François, que l’on avait déjà pu entendre sur la question de l’écologie. On peut aussi voir des images d’archives de l’acteur jeune, échanger sur sa passion naissante pour l’environnement, avec Bill Clinton. Le film nous emmène en divers endroits du globe, tantôt en Chine, premier pays pollueur au monde passé devant les États-Unis, mais aussi première usine du monde, pour le monde. Un pays complexe, en changement, qui voit fleurir de nouvelles et nombreuses manifestations de citoyens engagés en faveur de l’écologie.

Dès le départ, la réalisation du film fait directement une parabole avec le tableau intitulé Les Panneaux du Déluge de Jérôme Bosch, en imprégnant ainsi Before the flood d’une dimension poétique peut-être nécessaire. Le propos est en effet pesant, le réchauffement climatique n’a cessé de s’aggraver au fil du temps, sans qu’aucune grande décision ne soit jamais vraiment prise. Le documentaire met bout à bout des séquences mélangeant archives, explications imagées, interviews et prises de vue sur la nature mais aussi sur la pollution qui l’étouffe, rendant ainsi son sujet compréhensible et cohérent. L’un des points forts est sans doute la mise en évidence des mécanismes qui permettent au climato-scepticisme de prospérer aux États-Unis, malgré le consensus scientifique sur la question. Il est également intéressant d’observer que réchauffement climatique et insécurité sont intrinsèquement liés, la crise climatique apparaissant comme une crise humaine. Mort des récifs coralliens, disparition des forêts d’Indonésie et donc de toute leur biodiversité pour la production d’huile de palme, anéantissement de la forêt amazonienne pour l’élevage de bovins, de nombreux sujets sont abordés. Sans que pour autant on ne fasse le tour de la question, car 1h35 ça n’est évidemment pas suffisant. Mais le documentaire est surtout un appel, une énième bouteille lancée à la mer. Il n’ennuie jamais, saisit son audience, et ne s’écarte pas de son sujet en se voulant instructif. Leonardo DiCaprio ne se place pas en détenteur de la vérité ni en héros, avoue ses contradictions tout en apparaissant comme un citoyen concerné. Le plus important ici de toute façon, c’est le message et non le messager.

Un constat d’où l’espoir n’est pas absent

Avant le déluge est une mise en garde, une invitation à agir avec liberté. Un état des lieux qui fait froid dans le dos mais qui laisse également entrevoir une lumière d’espoir à l’horizon. Le film apparaît comme un ultime appel à la prise de conscience. Il met en valeur la possibilité viable et pérenne du développement des énergies renouvelables, entravées, bien qu’existantes, par des intérêts privés bien trop grands. Le comédien oscarisé prône le développement et la généralisation des énergies renouvelables comme solution ultime et assure la présentation d’un documentaire qui pose aussi l’interrogation de la consommation humaine et des moyens de production.

Nous apprenions récemment que selon un rapport du WWF (World Wide Fund – Fonds mondial pour la nature), la Terre avait perdu 58 % de vertébrés, en 42 ans. Concrètement, certaines populations d’animaux comme les mammifères, les oiseaux, les amphibiens ou encore les reptiles et les poissons ont vu leur population chuter de plus de moitié. Toujours selon cette étude, ce pourcentage ne fera que grossir si rien n’est fait. Les scientifiques s’accordent à dire que la population mondiale a démarré sa sixième extinction de masse à vitesse accélérée car provoquée par l’activité humaine. Modes de production et de consommation, braconnage, surpêche, pollutions diverses sont au cœur de ce problème crucial.

« En orbite, on voit dans un rayon de milliers de kilomètres, et croyez-moi, c’est une révélation. Toutes ces villes dans la nuit, ces millions de gens qui s’activent. Sur la surface éclairée on voit la nature à l’œuvre, avec les ouragans comme d’immenses tourbillons au-dessus des océans. J’ai vu l’Amazone couler entre mes pieds pendant cinq minutes au milieu d’un immense tapis vert. C’était magnifique jusqu’à la mer. Le soleil s’est levé sur l’Amazonie, toute la forêt s’est réveillée, et elle a fait ce qu’elle fait tous les jours, elle a inspiré et expiré notre air. En revenant j’aimais encore plus notre planète, je n’y avais jamais pensé quand j’étais juste dessus. J’aime aussi davantage ses habitants. C’est comme être privé de sa famille et la retrouver. Je souhaite que la planète aille mieux. J’ai très sincèrement foi en l’Humanité. » Docteur Piers Sellers, astronaute (NASA)

En Bref…
On ne peut donc que saluer la démarche de Before the flood – Avant le déluge, qui pourrait en conscientisant de nombreuses personnes à travers le monde, déclencher de nouvelles convictions et engagements soulevés par un vent d’indignation mais surtout un furieux espoir.

@ Audrey Cartier

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  Crédits photos : RatPac Documentary Films

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