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Quand Trump passe, les marchés trépassent !

Publié le 09 novembre 2016 par Edelit @TransacEDHEC

Donald John Trump va officiellement devenir le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique. Cette nouvelle a provoqué la stupéfaction de la population mondiale, mais pas que… Ce sont en effet les marchés financiers qui réagissent le plus mal à l’annonce de ce nouveau président.

Quand Trump passe, les marchés trépassent !

L’or monte, le dollar et les bourses baissent.

À quoi se remarque une panique sur les marchés financiers ? Réponse : une hausse du prix de l’or. C’est ce que l’on peut constater en regardant l’évolution du cours de l’or depuis le début du XXème siècle. Si en 1929 l’once d’or se négociait 300$ (en $ constant actuel), son cours atteignit aisément 600$ dans les années trente lorsque l’économie est en crise. De même, l’annonce de la fin des accords de Bretton Woods (combiné à la stagflation) causa une hausse du cours de l’once d’or de près de 500%. L’élection de Trump provoque une réaction similaire bien que dans une moindre mesure. Ainsi sur les places asiatiques qui étaient les premières ouvertes à l’annonce des résultats, le cours de l’once d’or a grimpé de 5,4% en quelques heures. À Londres ce matin, la réaction est identique, tout comme à New York où l’once d’or gagne 3,5% pour s’établir à 1 319 dollars.

Concernant les différentes places financières, les ouvertures des cotations se suivent et se ressemblent : le mouvement général est à la baisse. Le Nikkei a été la première à subir les conséquences de la victoire de Donald Trump, elle a enregistré à sa clôture une baisse conséquente de 5,36%. Pour le CAC40, la baisse est moins franche mais notable tout de même, la bourse de Paris perd donc presque 92 points à l’ouverture soit une baisse d’environ 2%. La diminution générale des indices boursiers est due au climat d’incertitude qu’impose l’élection de D. Trump.

En effet, la plupart de ses mesures pour « redonner sa grandeur à l’Amérique » restent floues : le patriotisme économique et la lutte contre l’immigration se traduiront-ils par une diminution du commerce extérieur et du libre-échange ? Or les marchés détestent l’incertitude, elle brouille toutes les anticipations, d’où la hausse du cours de l’or et les baisses successives sur les places boursières mondiales. D’ailleurs, Wall Street connaissait hier une hausse de plus de 2% en s’appuyant sur l’hypothèse de la victoire de la candidate démocrate, candidate qui se voulait pour sa part plus claire sur l’horizon à venir en cas de victoire. Pareillement, l’indice VIX qui peut être considéré comme l’une des façons de mesurer l’aversion au risque sur le S&P 500 s’est envolé de plus de 10%, révélant ainsi les craintes des investisseurs.

Du côté des devises, sans surprise, c’est le dollar qui pâtit de la victoire du milliardaire américain aux élections présidentielles. Cela fait les affaires de l’euro qui gagne ainsi 2% face au dollar américain pour s’établir à 1 euro pour 1,1216 dollar. Mais le meilleur indicateur pour observer l’impact de la victoire de Trump est sans doute la parité dollar américain / pesos. En effet la politique étrangère et migratoire vis-à-vis du Mexique a été l’une des pommes de discorde de la course à la maison blanche. Les marchés financiers ont fait de cette parité une sorte de baromètre de leur avis sur le dénouement de la présidentielle. Et quand la fameuse victoire a été annoncé, le peso a chuté fortement atteignant une parité de plus de 1 pour 20, soit une baisse d’environ 12%.

Quand Trump passe, les marchés trépassent !

Un conflit Donald Trump VS Janet Yellen

Les marchés financiers ne sont pas les seuls que la victoire de Donald Trump inquiètent. La Fed (réserve fédérale américaine) et sa présidente Janet Yellen se trouvent elles aussi dans une position pour le moins délicate. Alors que cela fait des mois et des mois que Yellen distille savamment ses annonces pour ancrer les anticipations sur une remontée des taux d’intérêts, le nouveau président américain pourrait bien contrecarrer ses plans. Une fois de plus dans l’histoire des Etats-Unis, la politique monétaire pourrait donc rentrer en conflit avec la politique budgétaire.

Au regard du programme électoral de Trump, ce conflit est en effet probable. On peut par exemple douter de l’avis favorable de Janet Yellen concernant sa proposition (populiste ?) d’une baisse massive des impôts, du fait du creusement de la dette que cela entrainerait. Et ce n’est pas tout, la dette américaine pourrait être bien plus aggravée par l’ensemble des mesures prévues. Le Committee for a Responsible Budget, qui est en charge de l’évaluation du coût des politiques budgétaires, estime que son programme pourrait accroitre la dette de la coquette somme de 5 300 milliards de dollars. Ce chiffre astronomique correspondrait au regard de l’actuelle dette à une augmentation de plus de 25% de cette dernière. Les obligations américaines seraient au final les grandes perdantes de cette victoire. En effet, cela ferait ressurgir le spectre de l’insoutenabilité de la dette et augmenterait les taux obligataires souverains.

Le problème inflationniste pourrait également se poser. Tant d’un point de vue commercial, que financier, les différentes mesures prônées par Trump dans le but de redynamiser la croissance pousseraient l’inflation à la hausse. Or si cette hausse de l’inflation n’est pas bien contrôlée et dépasse les 3%, la Fed sera au regard de ses mandats dans l’obligation d’augmenter brusquement ses taux d’intérêts, provoquant par là même une récession au niveau national et des déséquilibres financiers en Chine et dans les autres pays émergents.

Quand Trump passe, les marchés trépassent !

L’autre aspect du conflit, revêt un caractère plus personnel. Trump n’a en effet cessé durant la campagne d’accuser la présidente de la Fed d’avoir délibérément maintenue les taux d’intérêts très bas de manière à avantager le bilan du camp démocrate, et donc de favoriser tant le bilan du président sortant que l’arrivée d’Hilary Clinton dans le bureau ovale. Il a, de plus, envisagé de ne pas maintenir Yellen à la tête de la Fed une fois président. La Fed a quant à elle rétorqué que rien ni personne n’influera sur ses décisions, la Fed réaffirmant son indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.

Toutes ces raisons laissent entrevoir de nombreuses péripéties financières et économiques dans un avenir proche. S’il n’a encore rien fait, le personnage clivant de Donald Trump provoque déjà des turbulences sur les marchés financiers. Enfin, preuve s’il en fallait du choc que représente l’élection à la maison blanche de ce trublion, Maître Gims a annoncé vouloir arrêter la musique suite à cette élection… Ce qui ne manquera certainement pas de faire grimper le cours des labels français.


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