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Tu ne tueras point

Par Mrvladdy @mrvladdycrane
Tu ne tueras pointTu ne tueras point (Hacksaw Ridge). 2 heures 11. États-Unis - Australie. Guerre. Sortie en France le 9 novembre 2016 (le 4 novembre 2016 aux États-Unis). Réalisé par Mel Gibson avec Andrew Garfield, Vince Vaughn, Sam Worthington, Teresa Palmer, Luke Bracey, Hugo Weaving, Rachel Griffiths, Damien Thomlinson, Nathaniel Buzolic, Matt Nable, Richard Roxburgh, Milo Gibson, Ryan Corr, Goran D. Kleut, Firass Dirani, Luke Pegler, Ben O'Toole, Robert Morgan...

Quand la Seconde Guerre mondiale a éclaté, Desmond, un jeune américain, s'est retrouvé confronté à un dilemme : comme n'importe lequel de ses compatriotes, il voulait servir son pays, mais la violence était incompatible avec ses croyances et ses principes moraux. Il s'opposait ne serait-ce qu'à tenir une arme et refusait d'autant plus de tuer.

" Dans ce monde qui fait tout pour se détruire, ça ne me semble pas une si mauvaise idée de vouloir essayer de recoller un peu les morceaux. " Avis écrit le 18 novembre 2016.

Il s'engagea tout de même dans l'infanterie comme médecin. Son refus d'infléchir ses convictions lui valut d'être rudement mené par ses camarades et sa hiérarchie, mais c'est armé de sa seule foi qu'il est entré dans l'enfer de la guerre pour en devenir l'un des plus grands héros. Lors de la bataille d'Okinawa sur l'imprenable falaise de Maeda, il a réussi à sauver des dizaines de vies seul sous le feu de l'ennemi, ramenant en sureté, du champ de bataille, un à un les soldats blessés.

Mel Gibson fait partie de ses stars hollywoodiennes qui me font déplacés en salles les yeux fermés. Devant ou derrière la caméra, je signe volontiers partant. Du coup, j'attendais son " Tu ne tueras point " avec une grande impatience. J'avais un peu peur du casting mais de ce que me montrait la bande annonce, c'était clairement un film que je voulais voir sur grand écran.

Et je ne regrette pas de l'avoir découvert en salles car j'ai adoré le spectacle que l'on m'a proposé. Le scénario écrit par Andrew Knight, Robert Schenkkan et Randall Wallace m'a vraiment pris aux tripes. Pourtant, avec du recul, même sans connaître l'histoire d'origine, on devine un peu ce qui va se passer, on s'y prépare, mais le récit a su me prendre avec lui, me tenir en haleine et ne plus me lâcher jusqu'à son final.

De mémoire, je n'avais pas été pris par un film de guerre de la sorte depuis " Il faut sauver le soldat Ryan ". Dans une autre forme, on y retrouve d'ailleurs cette même absurdité de la guerre, ce même attachement envers ses personnages et cette violence brutale physique et psychologique. Sur ce dernier point, je dois dire que je trouve même le film assez éprouvant.

Cette façon qu'à le héros de devoir canalisé sa violence, le combat qu'il mène pour défendre ses idéaux, cette façon de devoir livrer une guerre dans la guerre, c'est remarquable. Très patriotique, on n'échappe pas à un certain clivage entre les gentils qui défendent la liberté et les méchants prêt à mourir pour tuer le plus grand nombre (les japonais sont presque anecdotique, presque un danger dans l'ombre...) mais à côté de ça, au sein de cette troupe américaine, je trouve que les différents arguments prononcés entre Doss sur ses valeurs d'un côté et l'armée américaine sur les siennes de l'autre tiennent la route.

Si le casting me faisait un peu peur, c'est que bien que j'apprécie cette distribution d'une manière générale, je ne les voyais pas dans ce genre de projet et encore moins sous la direction d'un Mel Gibson habitué à une certaine brutalité dans ses histoires. Très vite, je n'ai pu que constater que j'avais tort. Mes craintes se sont envolés tant les acteurs font bien le job.

Andrew Garfield (Desmond T. Doss) en tête. J'avais peur qu'il soit un poil trop léger mais il est parfait pour ce personnage. L'acteur réussit à être attachant sans jamais être risible tout en étant convaincant lorsqu'il défend son idéologie. Il parvient à lui donner la légèreté nécessaire pour qu'on y croie tout en ayant en même temps une certaine forme de consistance pour qu'il ne se fasse pas bouffer par les autres acteurs.

J'ai beaucoup aimé aussi Vince Vaughn (Le Sergent Howell). Dans le côté comique de son rôle il s'en sort bien mais je ne m'en faisais pas là-dessus. Cependant, il ne rend jamais son personnage clownesque et parvient aussi à lui donner de l'ampleur pour s'imposer en leader de troupes. Je n'ai pas vraiment été surpris par sa prestation mais elle m'a beaucoup plu.

Sam Worthington (Le Capitaine Glover) m'a lui semblé par moment un peu plus transparent par rapport aux autres mais sans que cela me choque ou ne me fasse sortir de l'histoire. On le voit juste comme il faut et honnêtement, ce n'est pas honteux non plus c'est juste que pour ce rôle, un acteur un peu plus " marqué " physiquement m'aurait bien plu. Dans le reste de la troupe américaine, j'ai eu une certaine tendresse pour Luke Bracey (Smitty Ryker) dont le traitement m'a plu.

Côté " vie civile ", Teresa Palmer (Dorothy Schutte) est agréable. Fort soutien morale pour Doss, l'actrice ne se contente pas d'être juste une potiche. Même lorsqu'elle n'est pas présente à l'écran, on sent l'impact émotionnel qu'elle provoque chez notre héros. C'est également la même chose avec les parents de Doss, Rachel Griffiths (Bertha Doss) et surtout Hugo Weaving (Tom Doss) que j'ai vraiment adoré.

Quant à la réalisation de Mel Gibson... Quelle claque que je me suis prise ! Le résultat est vraiment magnifique avec un choix dans les différents cadrages qui donnent toute sa beauté à cette tragédie et une mise en scène judicieuse qui nous emporte dans cette histoire. Dans les scènes " posées ", l'émotion est présente tandis que dans l'action, on sent le sang et la poussière sur nous.

Sur cet aspect, il y a bien sûr parfois quelques scènes sanglantes qui peuvent sembler un peu gratuite mais devant leurs maitrises, j'en fais vraiment abstraction. On est pris dans cette guerre, on ressent la force des combats et je pense que c'est aussi pour ça que niveau claque, dans un combat de guerre, je n'avais pas ressenti un tel impact depuis les vingt premières minutes de " Il faut sauver le soldat Ryan ".

Steven Spielberg allait à fond ensuite dans les émotions (tout en restant bon dans le traitement de la violence), Mel Gibson lui joue à fond la carte du combat crédible (tout en restant bon dans le traitement des émotions). Deux façons de faire différentes, mais deux façons prenantes dont je suis fan et qui ont leurs petits effets sur moi.

Que dire aussi sur le travail de la photographie qui est absolument magnifique. C'est beau... C'est un qualificatif un peu simpliste mais que dire d'autres ? Visuellement, j'en ai pris plein les yeux. Le boulot sur la lumière et l'exploitation des différents décors fonctionnent à merveille tandis que les effets visuels sont extrêmement convaincants. Quand je vois ça, je me dis que j'ai raison d'être un peu dur parfois sur ce point avec d'autres films car Mel Gibson prouve qu'il est possible, même dans une certaine exubérance, d'avoir un résultat de qualité.

J'ai beaucoup aimé aussi la bande originale composée par Rupert Gregson-Williams. Les mélodies accompagnent très bien cette histoire sans jamais en faire trop dans les violons. Cette musique apporte un véritable " plus " à cette histoire avec des envolées lyriques et des partitions qui en bonus, font eux aussi leurs petits effets avec un équipement d'une salle de cinéma.

Tu ne tueras point

Pour résumer, ce n'est pas mon film préféré de Mel Gibson en tant que réalisateur mais avec " Tu ne tueras point ", le cinéaste place une nouvelle fois la barre très haute et confirme tout le bien que je pense de son travail. Oui, je l'admets, l'histoire peut avoir quelques maladresses mais j'en fais vite abstraction tant le long métrage réussi à m'emmener avec lui dans cette guerre et à me faire combattre aux côtés de Doss que ce soit sur le terrain ou au sein même de l'armée. Un film que je reverrais avec beaucoup de plaisir et qui en plus, bénéficie d'une réalisation et d'une photographie à couper le souffle.


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