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Deux poèmes de Marina Tsvétaïéva

Par Etcetera

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J’ai trouvé ces poèmes dans le recueil Le ciel brûle de Marina Tsvetaieva (1892-1941), paru aux éditions Poésie Gallimard.

De mes vers, écrits si tôt
Que je ne me savais pas poète,
jaillis comme l’eau des fontaines,
Comme le feu des fusées,

S’engouffrant comme des diablotins
Dans le sanctuaire plein de rêves et d’encens,
De mes vers de jeunesse et de mort
– De mes vers jamais lus ! –

Jetés dans la poussière des librairies
(Où personne n’en veut ni n’en a voulu),
De mes vers, comme des vins précieux
Viendra le tour.

(mai 1913)

***

Si vous saviez, passants, attirés
Par d’autres regards charmants
Que le mien, que de feu j’ai brûlé,
Que de vie j’ai vécu pour rien,

Que d’ardeur, que de fougue donnée
Pour une ombre soudaine ou un bruit …
Et mon cœur vainement enflammé,
dépeuplé, retombant en cendres.

Ô les trains s’envolant dans la nuit
Qui emportent nos rêves de gare …
Sauriez-vous tout cela, même alors,
Je le sais, vous ne pourriez savoir

Pourquoi ma parole est si brusque
Dans l’éternelle fumée de cigarette
Et combien de tristesse noire
Gronde sous mes cheveux clairs.

(17 mai 1913)

***



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