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[Critique] DOOMSDAY

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique] DOOMSDAY

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Titre original : Doomsday

Note:

★
★
★
½
☆

Origines : Grande-Bretagne/Afrique du Sud/États-Unis/Allemagne
Réalisateur : Neil Marshall
Distribution : Rhona Mitra, Malcolm McDowell, Bob Hoskins, Adrian Lester, David O’Hara, Craig Conway, Myanna Buring…
Genre : Action/Science-Fiction/Aventure
Date de sortie : 2 avril 2008

Le Pitch :
Dans un futur proche, un terrible virus décime 90% de la population écossaise. Pour endiguer l’épidémie, le gouvernement britannique décide d’ériger un mur à la frontière et de laisser les malades à leur sort. Plusieurs années plus tard, le virus refait son apparition, cette fois-ci dans les rues de Londres. Cependant, une lueur d’espoir brille au-delà du mur. Des survivants ont été repérés et avec eux, un possible remède à la pandémie. Un commando est alors dépêché sur place pour enquêter…

La Critique de Doomsday :

C’est au début des années 2000 que Neil Marshall déboule avec Dog Soldiers, qui ravive le genre du film de loup-garou, déjà moribond depuis un paquet d’années. Avec The Descent, qu’il emballe 3 ans plus tard, Marshall impose un style concis, efficace et inspiré et livre une nouvelle référence de l’horreur claustrophobique. Centurion, qui met en scène Michael Fassbender et Imogen Poots lui permettra par la suite d’aborder un autre style sans y sacrifier son intégrité. Garant d’un cinéma violent et généreux, Marshall tourne aujourd’hui principalement pour la télévision. On lui doit notamment quelques-uns des meilleurs épisodes de Game Of Thrones (l’incroyable bataille de Blackwater c’est lui). Et si son nom reste attaché à réussite flamboyante que demeure The Descent, il ne faut pas oublier qu’en 2008, le cinéaste nous avait aussi gratifié de sa propre version de Mad Max avec Doomsday. Où comment mixer les influences et offrir aux amateurs de séries B décomplexées un trip aussi brutal que savoureusement référentiel…

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Quand 28 Jours plus Tard rencontre Mad Max

La structure narrative de Doomsday permet à Neil Marshall de s’approprier plusieurs codes chers à l’âge d’or du cinéma des années 80. De prime abord plutôt futuriste, le long-métrage devient ensuite post-apocalyptique, avant de carrément flirter avec les gimmicks de l’aventure moyenâgeuse. Difficile de ne pas remarquer le manque d’originalité dans la façon qu’a le récit de progresser mais difficile aussi de ne pas souligner l’habilité de ce dernier quand il s’agit de relier différentes saveurs sans que cela ne s’avère trop bancal. Un peu à la manière d’un jeu-vidéo, Doomsday s’amuse à changer de monde. Seule l’héroïne demeure constante. Également scénariste, Marshall n’a pas lésiné et ne s’est imposé aucune limite. Conscient que son travail allait de toute façon se cantonner aux cercles des amateurs de séries B, il n’y va pas avec le dos de cuillère. Doomsday est violent. Quand il introduit les bad guys, qui sont de l’autre côté du mur (une mise à jour du mur d’Hadrien construit par les romains), il n’hésite pas à nous les présenter comme des cannibales complètement barjots. Le chef de troupe, incarné avec une outrance jusqu’au-boutiste par Craig Conway, en fait des caisses et c’est très bien, tant ici, une telle approche est pertinente. Tous les compteurs sont dans le rouge. Les clichés sont poussés jusque dans leurs derniers retranchements. Du coup, ils s’en trouvent presque transcendés. On a déjà vu tout ça ailleurs mais rarement sous une forme aussi prononcée et racée. Complètement assumée, la démarche fait sens. Neil Marshall s’amuse en empruntant à droite à et gauche des ressorts qu’il adapte à sa propre histoire pour au final nous en donner pour notre argent. Ça tâche, c’est violent, vulgaire, et iconique à mort.

Rhona Mitra, la cavalière de l’apocalypse

Le choix de Rhona Mitra pour incarner l’héroïne est particulièrement judicieux. La volonté même de baser tout le film sur une femme l’est encore plus. Badass comme ce n’est pas permis, ultra sexy mais sans donner l’impression de chercher à l’être, l’actrice a tout compris à sa partition, qu’elle sublime sans s’économiser. De punchlines à des scènes de baston bien bourrines, Rhona Mitra est en parfaite adéquation avec son réalisateur mais aussi avec les intentions du long-métrage. Elle mène la danse et contribue bien évidemment à faire de Doosmday autre chose qu’une simple curiosité en forme de photocopie de luxe. Son charisme irradie, qu’elle se retrouve avec un flingue dans la main, qu’elle combatte à mains nues ou armée d’une épée de chevalier. En cela, ses échanges musclés avec les méchants s’avèrent aussi jouissifs que sa confrontation avec Malcolm McDowell, qui passe une tête mais qu’on remarque. Sans faire de détails, son personnage taille dans le vif et contribue à établir une rythmique qui ne laisse aucune place à l’ennui.

Doomsday est un film incroyablement ludique, nerveux et beaucoup plus cohérent qu’on ne pourrait le croire. Le genre qui renoue avec une insouciance mêlée de pur plaisir qu’on ne voit plus trop aujourd’hui, où le désir de profits domine dans l’industrie.
Divertissant au possible, pas cynique pour un sou, gore et franc du collier. Tout ça à la fois !

En Bref…
Doomsday n’aurait pas fait tâche sur les étagères des vidéos-clubs dans les années 80/90, aux côtés des monuments dont il s’inspire sans détour mais avec beaucoup de respect. Ici, Neil Marshall ne cherche rien d’autre que partager son amour d’un septième-art légèrement déviant et bien bourrin avec les aficionados. Grâce à son talent, il parvient ainsi à livrer une partition qui va directement à l’essentiel et qui mine de rien, parvient à faire preuve d’une maestria certaine.

@ Gilles Rolland

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  Crédits photos : SND


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