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Cavalleria rusticana sans Pagliacci mais avec Sancta Susanna

Publié le 02 décembre 2016 par Popov

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"Cav sans Pag" (diminutif de Cavalleria rusticana et Pagliacci) deux œuvres du mouvement "vériste" italien c’est possible. Deux classiques incontournables souvent repris ensemble et pour une fois dissociés par le metteur en scène Mario Martone qui pour le premier propose une version réaliste et sobre qui convient parfaitement à l’œuvre de Giovanni Verga et évite les clichés « cinéma italien » (type La Strada ou autre allusion à Anita Ekberg devant le palais Poli) dont les mises en scène précédentes nous ont abreuvé. Ici on est plutôt pour célébrer ces « Noces de sang » siciliennes dans le registre de l’économie et les Pâques tragiques ne s’en portent que mieux. Dirigé par Carlo Rizzi, la musique de l’œuvre gagne en douceur et en brutalité mêlée (« Hanno amazzato Turridu tombe coupe un couperet final). Très enlevé par une équipe de solistes homogène et une direction romantique l’œuvre échappe aux turpitudes virtuoses  et souligne les grâces d’une partition riche et délicate écrite par un jeune homme de 26 ans, Piero Mascagni et devenu un rituel musical italien. Rien à dire, c’est beau.Efina Garancia chante Santuzza avec beaucoup de conviction face au ténor coréen Yonghoon Lee au coffre intimidant et néanmoins élégant . Turridu.

Alfio, le charretier cocu est magnifique de facilité (Vitally Bilyy).

Intérieur d’un couvent

La bonne idée pour compléter cet opéra en un acte est d’adjoindre non pas son doublet habituel mais une œuvre de jeunesse courte de Paul Hindemith Sancta Susanna aux allures extrêmement contemporaines. A cette époque Hindemith se cherche encore et cherche la modernité sans tomber dans le piège du sérialisme ambiant. Cette histoire de refoulement monastique qui va conduire une nonne à de lubriques attouchements avec un crucifix géant, fut interdite en son temps. La musique d’une modernité folle pourrait ressembler à du Strauss. Anna Caterina Antonnaci joue cette « araignée possédée » que les autorités religieuses emmureront vivante pour réfréner ces ardeurs et dévoiler ce que des années de frustration peuvent provoquer chez un être normalement constitué.


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