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Les parents d’élèves d’Epinay-sur-Seine font front face à la violence

Publié le 24 juin 2014 par Elisabeth1

La peur semble s'être installée dans les collèges d'Epinay-sur-Seine. Depuis des mois, deux bandes s'affrontent dans cette banlieue de Seine-Saint-Denis. Cette violence qui empoisonne la vie de dizaines de collégiens et lycéens est montée d'un cran ces dernières semaines. Bagarres, expéditions de représailles, bataille de territoires, menaces... entre les jeunes des cités d'Orgemont et celle du centre-ville, la tension est palpable. Les professeurs comme les parents d'élèves tirent la sonnette d'alarme. En vain.

Samedi 21 juin, une manifestation de protestation était organisée devant la mairie. Une centaine des parents, emmenés par la FCPE, étaient massés devant l'Hôtel de ville pour demander à Hervé Chevreau, maire (UDI) de la commune, d'être entendus. Ils avaient été rejoints par l'association Intégration réinsertion solidarité, un collectif de mères africaines de la cité d'Orgemont. " On veut la paix, on est fatiguées ", scandaient ces femmes, déterminées. Sous le soleil, tambours et sifflets étaient de sortie. La veille, une énième bagarre avait éclaté à la fin d'un concert en plein air.

Zones interdites

De provocation en provocation, la situation a empiré, témoignent tous les observateurs. Les accrochages se succèdent avec interdictions de territoire aux mômes du quartier adverse. Le square est devenu un ring. " Chez nous, ils ont fait des zones interdites. Et on a des familles dont l'adolescent ne va plus en cours depuis des semaines par peur de se faire taper dessus ", témoigne une mère en boubou. Mi-mai, la " guerre " sévissait aux abords des collèges provoquant une grève des enseignants après plusieurs agressions d'élèves.

Lire notre post de blog : La guerre de bandes à Epinay-sur-Seine gagne les collèges

Depuis, la violence a gagné les abords du lycée Feyder. L'établissement a dû annuler un bac blanc à cause des risques de violence à la sortie. " Ce qu'il y a de plus terrible, c'est que cela se banalise. Les élèves nous disent presque que c'est normal ", remarque Pierre Rosselin enseignant de mathématiques au lycée. Des élèves ont changé d'établissement et la fuite scolaire s'organise.

Mères mobilisées

Selon plusieurs témoignages, rien ne va plus depuis l'ouverture du centre commercial l'Ilot. Fermé voici trois ans pour rénovation, il a rouvert avec ces enseignes plus chics. L'endroit - appelé autrefois Super M - est devenu le lieu de la compétition entre les deux bandes. " C'est à qui contrôlera le périmètre. C'est dire s'il manque de lieux d'activités pour les jeunes ! ", constate Mathieu Glayman, responsable parents d'élèves.

Devant la montée de la tension, des habitants et professionnels ont tenté de s'organiser. Certaines mères ont fait du porte-à-porte dans la cité d'Orgemont pour calmer les choses et obtenir pour leur gamin l'autorisation d'aller en cours. En vain. Des éducateurs sportifs et des animateurs se sont à leur tour mobilisés pour essayer de voir comment mobiliser les adultes. " Ce n'est plus possible qu'un gamin de 16 ans n'aille plus en cours parce que son établissement est sur le territoire d'une bande ", renchérit Raphaël Goma, responsable d'une association de quartier d'Orgemont.

Black-out de la mairie

Le ressentiment vis-à-vis des autorités, qui ne prendraient pas la mesure du problème, grandit. Le 20 juin, une réunion sur la violence au collège Robespierre était convoquée, ni la mairie ni le commissaire ne sont venus. Et à la fin de la manifestation, samedi , la délégation reçue par l'adjoint à la politique de la ville, n'a obtenu aucune réponse. " C'est le black-out de la part de la mairie ", se désole Christian Zollner, parent d'élève au collège. La mairie n'a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

" Les parents se sentent très seuls ", constate Yannick Trigance, conseiller municipal PS. Ils ont pourtant prévu de continuer à se mobiliser. Pour réclamer des activités pour les jeunes, l'ouverture des collèges cet été et des Etats généraux réunissant toutes les parties. " La seule solution c'est que tout le monde se bouge ", assure M. Glayman. Un nouveau rassemblement est prévu le 3 juillet lors du conseil municipal.

Sylvia Zappi Signaler ce contenu comme inapproprié

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