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Le rap et le slang pour apprivoiser l’anglais dans le 93

Publié le 22 juin 2014 par Elisabeth1

Devant la médiathèque flambant neuve, un camion sono bariolé a été installé. Dans le cercle formé par la centaine de spectateurs, deux jeunes se sont lancés dans un défi de break dance. Au fond de la place, deux autres graffent sur un long tissu. Ce samedi 21 juin, jour de la fête de la musique à L'Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), l'association One two three rap organisait sa " block party ", une fête de quartier à la mode hip-hop.

Atte Oksanen, cofondateur de l'association, chauffe l'assistance. C'est autour des jeunes de One,two, three rap de se lancer pour chanter ce qu'ils ont composé. Ce ne sont pas des artistes comme les autres. Eux viennent montrer ce qu'ils ont appris dans de curieux ateliers d'apprentissage de l'anglais. Avec en maître de cérémonie, le rappeur californien Raashan Ahamad, séduit par l'initiative.

Plus motivés qu'en cours

Ils ont entre 12 et 25 ans, et un point commun: leurs difficultés à parler anglais. Ils sont une vingtaine présents, venant de Saint-Ouen, Saint-Denis, La Courneuve ou de la Maison verte dans le 18 e arrondissement de Paris, tout timides à se relayer au micro. Yani Alapini, 17 ans, a participé toute l'année aux ateliers de l'association. Lui voulait parfaire sa maîtrise du slang [argot américain] : " Comme je fais du rap, je voulais pratiquer et me préparer pour des études en fac ". Inès, 12 ans, a retrouvé aussi confiance : " J'ai fait des progrès à l'écrit et à l'oral. J'apprends plus qu'en classe ", lance la jeune fille, fan de Maître Gims.

Les cours, un peu particuliers, de l'association tournent tous autour de la culture hip-hop. " Ça permet de travailler leur oral de manière ludique. Ils connaissent tous des chansons et on les décrypte avec eux " , explique Audrey Noeltner, présidente. Grammaire, vocabulaire, travaux d'écriture, les animateurs prennent leur temps et jouent sur le plaisir de la musique pour faire passer les méandres de la langue auprès de jeunes pas toujours à l'aise en classe. " Ils sont plus motivés qu'en cours et progressent alors qu'ils ne s'en sentaient pas capables ", renchérit Atte Oksanen.

Un joli souvenir

Houssam, 13 ans, vient du foyer de l'enfance La Farandole, structure d'accueil des enfants en danger du 93, qui a accompagné quelques gamins placés par l'Aide sociale à l'enfance. " Ça va mieux en cours d'anglais depuis que je le fais. Mon prof m'a même félicité ", confie cet adolescent longiligne. " Il s'accepte mieux avec ses difficultés. Dans une semaine, il va partir dans une famille. Ça va lui faire un joli souvenir ", raconte son éducateur Jouad Ali.

Houssam a pris le micro en regardant son éducateur. Un gros son sort de la sono et tout d'un coup le duo rappe dans la langue de Shakespeare. L'adolescent sait que l'adulte a autant de mal que lui en anglais. Mais micro en main, ils sont à égalité dans le trac. Et le sourire qu'Houssam a à la fin de son duo, sous les acclamations, est peut-être la plus belle réussite du projet.

Sylvia Zappi Signaler ce contenu comme inapproprié

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