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Jacquot de Nantes

Publié le 23 juin 2008 par Caroline

Le soir de la fête de la musique, je suis restée chez moi. Ce n’était pas par esprit de contradiction, mais parce que j’avais envie de regarder un DVD que je venais d’acheter : Jacquot de Nantes, d’Agnès Varda. J’ai déjà parlé de mon admiration pour cette dame, ici ou là. Alors c’est sans frustration aucune que j’ai “zappé” la Fête de la Musique 2008 pour regarder ce film que je n’avais jamais vu. Je dois ajouter que Jacques Demy (le Jacquot du film pour ceux qui l’ignoreraient ) est aussi quelqu’un que j’admire beaucoup, que je ne me lasse pas de regarder ses films, que mes enfants ont été élevés avec Les Demoiselles de Rochefort ou Peau d’Âne, et qu’ils ne s’en portent pas plus mal.
Autant dire tout de suite que j’ai passé une merveilleuse soirée. Agnès Varda ne s’encombre pas de codes convenus pour filmer. Elle laisse aller sa sensibilité avec une grande liberté. Du noir et blanc et de la couleur, des extraits de films vers lesquels le spectateur est envoyé par un index tendu dessiné, des plans très rapprochés de Jacques Demy où l’on voit le grain de sa peau, chaque cheveu, où l’on perçoit des miettes de vie. Et puis, comme dans tous les DVD d’Agnès Varda, il y a les boni, comme elle les appelle, fidèle qu’elle est à la grammaire latine et à la deuxième déclinaison. Elle évoque le tournage, dans les lieux mêmes où Jacques Demy a grandi, le garage de ses parents. Dans le grenier, en débarrassant les objets (surtout des pneus) accumulés là depuis des années, on a retrouvé les spots qu’il utilisait pour tourner de petits films d’animation (ces spots étant faits de phares d’automobiles), et aussi un morceau de pellicule qu’il avait tourné dans ce lieu. Ce bonus se termine par l’image finale du film qu’Agnès Varda avait présenté à la Fondation Cartier : Les veuves de Noirmoutier.
Un autre bonus raconte Nantes, comment sa ville natale est inscrite dans son oeuvre. Et là, il est fait allusion à André Breton en citant “Nadja”. J’ai retrouvé l’extrait en question :

Nantes : peut-être avec Paris la seule ville de France où j’ai l’impression que peut m’arriver quelque chose qui en vaut la peine, où certains regards brûlent pour eux-même de trop de feux (je l’ai constaté encore l’année dernière, le temps de traverser Nantes en automobile et de voir cette femme, une ouvrière, je crois, qu’accompagnait un homme, et qui a levé les yeux : j’aurais dû m’arrêter), où pour moi la cadence de la vie n’est pas la même qu’ailleurs, où un esprit d’aventure au-delà de toutes les aventures habite encore certains êtres, Nantes, d’où peuvent encore me venir des amis, Nantes où j’ai aimé un parc : le parc Porcé.

Je ne connais pas Nantes. Depuis longtemps, je rêve aussi d’aller à Rochefort. Un pèlerinage ? Je n’aime pas ce mot qui a une connotation trop religieuse pour moi. Un voyage “dans les pas de...” tout simplement.


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