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[Critique série] ASH VS. EVIL DEAD – Saison 2

Par Onrembobine @OnRembobinefr
[Critique série] ASH VS. EVIL DEAD – Saison 2

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Titre original : Ash vs. Evil Dead

Note:

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★

Origine : États-Unis
Créateur : Sam Raimi
Réalisateurs : Rick Jacobson, Tony Tilse, Michael J. Bassett, Mark Beesley.
Distribution : Bruce Campbell, Dana DeLorenzo, Ray Santiago, Lucy Lawless, Michelle Hurd, Lee Majors, Ted Raimi, Ellen Sandweiss…
Genre : Horreur/Épouvante/Comédie
Diffusion en France : OCS
Nombre d’épisodes : 10

Le Pitch :
Pensant être débarrassé des démons du Necronomicon, Ash et ses amis, Kelly et Pablo coulent des jours heureux à Jacksonville, où les filles sont belles et où la bière coule à flot. Mais rapidement les choses dégénèrent. Les Deadites sont de retour, prêts à engloutir le monde et à répandre le chaos. Seul rempart contre l’infamie de ces créatures de l’enfer, Ash va à nouveau se dresser, et se frotter du même coup à un ennemi qui va le pousser jusqu’à ses derniers retranchements, l’obligeant notamment à se plonger dans un passé qu’il aurait préféré oublier…

La Critique de Ash vs. Evil Dead – Saison 2 :

Il fut pendant longtemps question de faire revenir Ash, l’homme à la tronçonneuse et au fusil à canon scié, par la grande porte, avec une suite qu’aurait d’ailleurs pu introduire le furieux remake de Fede Alvarez (via la scène post-générique). Mais non, c’est à la télévision que l’anti-héros le plus cool du cinéma d’horreur est revenu aux affaires. Un come-back attendu, mais aussi redouté, qui a non seulement tenu toutes ses promesses, mais également imposé une tonalité aussi rare que salvatrice, à base de second degré et de débordements gore décomplexés. La saison 2 est-elle aussi réussie que la première ? Non. Elle est mieux.

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Réunion de famille

Le deuxième acte de Ash vs. Evil Dead débute là où la première partie s’était terminée. Ash, Kelly et Pablo font la fête à Jacksonville pendant que les démons déboulent dans notre réalité pour y mettre un joyeux bordel. Rapidement, Ash reprend les armes et fonce tête baissée dans l’action. Le premier épisode annonce la couleur. Ça va vite, c’est extrêmement drôle, très gore et l’intrigue qui sera à la base de cette nouvelle fournée de se construire petit à petit. Le but étant notamment de ramener Ash à ses origines et de nous présenter d’autres personnages, dont un particulièrement connu des fans, puisqu’il s’agit de Cheryl, la sœur du héros, vue dans le tout premier Evil Dead et ici toujours interprétée avec pétulance par Ellen Sandweiss. Mais l’événement tient surtout à l’arrivée tonitruante de Lee Majors, l’homme qui est tombé à pic de 1981 à 1986 après avoir valu quelques 3 milliards de dollars, qui incarne le père de Ash. Une association qui fonctionne dès les premières séquences et qui donne lieu à quelques moments pas piqués des vers, tant l’alchimie entre Lee Majors et Bruce Campbell sonne comme une évidence. Le personnage du père dont le rôle est aussi de contribuer à l’installation d’une émotion et d’une dramaturgie à laquelle la première saison ne nous avait pas vraiment habitué. Et c’est là aussi que ce nouvel acte fait très fort : sans jamais renier son ADN, il sait aussi se faire plus grave et jouer sur la psychologie de ses personnages sans se défaire d’une énergie et d’une inventivité de tous les instants.

La (seule) cabane au fond des bois

Bien sûr déjà au centre de la dynamique des épisodes précédents, le passé de Ash est ici encore plus exploité. Pas uniquement pour tabler sur l’effet madeleine de Proust et flatter les amateurs de nostalgie, mais bel et bien pour aller de l’avant. En offrant aux protagonistes un méchant aussi puissant et charismatique que Baal, le démon capable de changer de peau (au sens littéral du terme) et en continuant de creuser la psyché du personnage campé par Lucy Lawless, sans délaisser Ash, Kelly et Pablo, Ash vs Evil Dead parvient à instaurer un équilibre assez balèze, qui si il lui permet de nous régaler avec des clins d’œil (surtout pour les 3 derniers épisodes, incroyables) et de rameuter de vieux « amis » comme la douce Henrietta qui est cachée dans le cellier, fait aussi la part belle aux nouveautés. Baal, l’antagoniste en chef déboule mais pas comme un cheveu sur la soupe. Il s’insère dans la mythologie et dans la chronologie éclatée, à l’image de Kelly et de Pablo, sans que cela ne sonne faux. Bien au contraire. En donnant l’impression de ne rien s’interdire, cette saison 2 se montre plus ambitieuse mais surtout plus cohérente et maîtrisée. Le schéma établi au préalable n’est plus trop d’actualité. On est ici dans le vif du sujet et finalement, tout ce que les films n’ont jamais fait, la série s’en charge. Ash n’est donc plus seulement ce mec charismatique un peu débile, qui doit sauver le monde malgré lui, mais un homme torturé, dont la vie a salement dérapé. Confronté à son passé, il se confronte aussi à lui-même et à la portée de ses actes. Oui c’est salement profond, vous n’avez pas idée…
Si on rajoute en plus que l’émotion parvient à percer à plusieurs reprises, histoire d’alterner entre frissons, hilarité et chair de poule, la coupe est pleine et la jubilation est à son maximum.

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Un enchaînement de morceaux de bravoure

Aussi géniale fut-elle, la première saison de Ash vs. Evil Dead reposait en grande partie sur une routine et sur une nostalgie bienveillante. Une manière de renouer doucement avec le personnage et son monde mais, nous le comprenons maintenant avec ses 10 nouveaux épisodes, d’aller vers quelque chose de plus grand. Et ce à tous les niveaux. Pendant que d’autres se regardent le nombril et nous livrent un spectacle fade assorti de philosophies en forme de lapalissades, Ash lui, sait allier le fond et la forme. Les limites sont repoussées. Celle du mauvais goût, avec des séquences gore complètement délirantes mais aussi les limites de l’univers dans lequel le héros évolue. L’écriture se fait plus complexe, de concert avec une réalisation toujours virevoltante et toujours articulée autour des codes mis en place par le tout premier film et ses suites, avec ce côté très Tex Avery, parfaitement assumé et sublimé par un héros parfait, campé par un acteur à l’aise et de plus totalement investi.
On ne louera jamais assez le talent de Bruce Campbell, vrai meneur de troupe, dont le charisme, la présence ou appelez ça comme vous voulez, font des merveilles. Son interprétation galvanise. Les autre acteurs suivent le mouvement, allant, pour certains, jusqu’à eux aussi imposer leur gouaille dans un fantastique élan collectif. Des comédiens qui ont largement l’occasion de briller vu que cette fois-ci, comme on ne le mentionnera jamais assez, la partition fait la part belle à une certaine profondeur au niveau des émotions.
Non franchement, c’est brillant !

En Bref…
La seconde saison de Ash vs Evil Dead enfonce le clou et pousse tous les compteurs dans le rouge (sang) en prenant bien soin d’épaissir le propos. Véritable cadeau pour les fans, ce nouvel acte propose une palette d’émotions incroyable et s’avère aussi jouissif que surprenant. Le tout baigné dans un second degré constant qui finit de consolider l’intégrité et la grande générosité de l’ensemble. Groovy again.

@ Gilles Rolland

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  Crédits photos : Starz


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