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American Horror Story : Roanoke

Par Tinalakiller

Créée par Ryan Murphy et Brad Falchuk

Avec Kathy Bates, Lily Rabe, Sarah Paulson, Cuba Gooding Jr., André Holland, Angela Bassett, Adina Porter, Denis O'Hare, Wes Bentley, Evan Peters, Cheyenne Jackson, Lady Gaga, Frances Conroy, Finn Wittrock, Taissa Farmiga, Leslie Jordan, Chaz Bono...

Anthologie horrifique américaine. 6e saison. 2016.
American Horror Story : Roanoke

Présentée sous la forme d'un documentaire intitulé " My Roanoke Nightmare" , l'histoire suit un couple, Shelby et Matt Miller, vivant à Los Angeles. Après l'agression de Matt ayant failli causer sa mort et l'annonce de la fausse couche de Shelby, le couple décide de déménager pour la Caroline du Nord, la région natale de Matt. Ils y achètent une ancienne ferme construite en 1790, sans savoir que des événements bien plus sombres les y attendent.

American Horror Story : Roanoke

J'ai découvert American Horror Story relativement tard mais elle fait désormais partie pour moi des séries les plus remarquables excitantes de la télévision américaine. J'attendais donc de pied ferme cette sixième saison, " Roanoke ". Le titre fait directement référence donc à la " Colonie Perdue " (il n'y a jamais eu d'explication ou de trace de la disparition des 115 pionniers venus d'Angleterre) du même nom qui a marqué l'histoire américaine. Cette année, la série de Ryan Murphy et Brad Falchuk avait l'ambition de mêler à la fois inspiration historique (le nom de cette saison n'est donc pas anodin), found-footage, reconstitution de faits divers (sans Pierre Bellemare et avec des trucs flippants et surnaturels), télé-réalité et évidemment la base de la série : horreur (notamment avec cette fois-ci du cannibalisme au fin fond de l'Amérique). Bref, sur le papier, ça devait envoyer du pâté surtout avec un tel casting (qui réunit un paquet d'acteurs de toutes les saisons) ! Cette saison semble être organisée en trois parties distinctes : la première partie concerne l'émission " My Roanoke Nightmare " sous forme de documentaire reconstituant des faits qui se seraient déroulés dans la réalité (avec des acteurs qui interprètent les personnages clés des événements relatés dans l'émission. La seconde partie est une émission de télé-réalité qui réunit les personnages et leurs interprètes de la première saison donc de " My Roanoke Nightmare " : ils doivent revivre les événements (durant les trois jours de la Lune Rouge) reconstitués en live devant des caméras planquées partout dans la maison de l'horreur. Enfin, la troisième partie se déroule plusieurs mois après cette deuxième saison. Comme on nous l'avait annoncé dans l'un des épisodes, il ne restera qu'un seul survivant. Ce survivant est davantage mis en avant durant la fin de cette saison doit alors rendre quelques compte. Bref, sur le papier, ça donne vraiment envie et je sais qu'il y a des grands fans de cette nouvelle saison (mais de toute façon chacun a sa saison préférée, je n'ai jamais eu l'impression qu'il y avait réellement LA saison qui mettait tout le monde d'accord). Pour ma part, cette dernière saison m'a énormément déçue et c'est vraiment la première fois que American Horror Story livre selon moi une oeuvre mauvaise. Je sais qu'une saison 7 est prévue (un cross-over entre la première saison " Murder House " et la troisième " Coven ") mais je croise les doigts pour que ce " Roanoke " soit juste une erreur de parcours et non le début du déclin (ce qui ne serait pas étonnant au bout de six saisons).

American Horror Story : Roanoke

Les précédentes saisons étaient toutes constituées de douze ou treize épisodes, les épisodes durant à chaque fois facilement 45 voire même 50 bonnes minutes. On reprochait à ces saisons en question de vouloir développer trop de sujets, qu'il n'y avait parfois pas suffisamment d'épisodes ! Or, dans " Roanoke ", il n'y a que dix épisodes qui dépassent à peine 30 minutes (sans exagérer on atteignait parfois 35 minutes). Certains diront que cette nouvelle saison a préféré synthétiser les idées, ce qui peut être une bonne chose. Pour ma part, j'ai surtout senti une vraie panne d'inspiration de la part des scénaristes qui n'ont jamais réellement su développer toutes leurs idées alors que d'habitude ils en ont trop ! Sur le papier, comme je l'ai décrit juste avant, il y a pas mal de thèmes abordés et aussi une certaine multitude d'acteurs au casting. Mais justement, il ne s'agit que de thèmes abordés ! Rien n'est approfondi dans cette saison, ni les sujets traités et encore moins les personnages vraiment trop nombreux ! On a l'impression qu'il y en a un max juste pour faire plaisir à tout le monde (que ce soit les fans ou les acteurs). Les précédentes saisons avaient un réel avantage : un vrai personnage principal pour tenir le reste de la distribution et même du récit (tenu pendant les quatre premières saisons par Jessica Lange et dans la cinquième par Lady Gaga). Or, il n'y a pas réellement de personnage principal central (un coup c'est le couple Shelby et Matt, parfois La Bouchère, puis peut-être la frangine de Matt, bref, quel bordel) et c'est plus perturbant qu'autre chose dans le sens où il n'y a pas de cohérence dans le traitement choral. Surtout, la multitude de personnages empêche une quelconque profondeur de leur part. D'habitude, je trouve les personnages complexes et attachants même s'ils font des choses parfois peu recommandables. Pire, pour la première fois du lancement de la série, dans l'ensemble, je n'ai pas été très convaincue par le casting. Honnêtement, pour moi, il n'y a que Kathy Bates (qu'on ne présente plus) dans le rôle de la Bouchère (et son remarquable vieil accent et langage britannique) et Sarah Paulson dans trois rôles différents (dont un personnage qu'elle avait déjà incarné dans une des précédentes saisons le temps d'un épisode). Certes, Paulson se trahit parfois lorsqu'elle incarne un personnage britannique (aussi) en perdant de temps en temps l'accent mais elle prouve qu'elle est de nouveau capable d'interpréter des personnages variés dans des genres différents. Et j'ai envie de dire au passage que les rôles plus comiques lui vont très bien !

American Horror Story : Roanoke

On peut retenir les plutôt bonnes interprétations d'Adina Porter, d'Angela Bassett (même si elle joue toujours plus ou moins le même rôle) et de Frances Conroy (même si on voit très peu cette dernière à mon grand regret) même si je déplore de nouveau des problèmes d'écriture en ce qui concerne leurs personnages, ne les aidant pas à faire mieux. En revanche, je ne ferai pas autant de compliments sur à peu près le reste du casting. Certains sont complètement éteints (Wes Bentley - qui s'en sortait un peu mieux dans la précédente saison, ), d'autres sont énervants (Lily Rabe par exemple alors que je l'adore dans les autres saisons, surtout la deuxième : là on a juste envie de la gifler). Il y a aussi ceux qui sont totalement à côté de la plaquette (Cheyenne Jackson joue tellement mal dans le peu d'épisodes dans lesquels on le voit - dans son genre, il s'agit d'un exploit) ou complètement sous-exploités (Lady Gaga, Evans Peters ou encore Denis O'Hare - pourtant d'habitude si bons en ce qui concerne les deux derniers). Je ne vous parle même pas des pauvres Finn Wittrock (pourtant absolument formidable dans la saison ) et Taissa Farmiga qui sont inexistants ! Les acteurs sont finalement autant désorientés que ce scénario partant dans tous les sens. Finalement, qu'est-ce qu'on est censé retenir de cette histoire ? A priori, il s'agirait d'une critique des médias aux Etats-Unis et d'une mise en parallèle avec la réalité. Déjà, ce n'est pas le traitement le plus subtil qu'ait fait cette série depuis son lancement (et je reste tendre). American Horror Story a toujours traité du thème des apparences (il ne faut pas nécessairement croire tous les personnages ni se fier nécessairement à tout ce qu'on voit) et il y a de temps en temps des vagues tentatives, notamment avec le personnage de Lee mais là encore j'ai été déçue car je trouve que les scénaristes ne vont pas du tout au bout de leur démarche. Même le fait de ne plus voir de générique d'ouverture à chaque épisode (alors que c'est un peu LA marque de la série, juste comme ça) est pour moi un vrai signe de faiblesse (même si on pourra dire " ouais mais en fait c'est pour que ça fasse plus réaliste : sérieusement, en dehors des éléments fantastiques, en quoi cette histoire est-elle crédible une seule foutue seconde ?). Enfin, au-delà de vouloir à tout prix exploiter (hyper mal) un concept au détriment d'une histoire solide et de personnages marquants, la série prouve encore une fois qu'elle veut absolument plaire aux jeunes. Avant l'horreur était plus dans la suggestion, maintenant on veut absolument en montrer, tomber dans le " gore ". Mais finalement, ce n'est pas nécessairement une bonne chose...

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