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Ito Naga à la Rencontre poétique chez Tiasci - Paalam en décembre 2016

Publié le 20 décembre 2016 par Onarretetout

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Le chemin d'Ito Naga conduit vers les planètes. Normal, penserez-vous : Ito Naga est astrophysicien. Mais ce qu’il en dit pose plus de questions que cela n’apporte de certitudes. Ainsi, la proximité des planètes soulève la question de l’habitabilité. Et rappelle que, parfois, la terre même est inhabitable. La poésie surgit de ces phrases que la science, pour sa part, va chercher à démontrer. Si vous lisez « La lune est comme la terre » (propos de Galilée), et si vous laissez votre esprit flotter ou voler vers d’autres phrases, vous arriverez peut-être à « des pensées qui, d’un seul coup, nous remplissent ». Dans ce livre, NGC 224, Ito Naga est en constant dialogue avec le lecteur, qu’il tutoie, comme il semble tutoyer l'idée même de proximité et l’espace infini, qui n’est pas la vie éternelle.

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Et avec lui, nous remontons le temps et l’édition de ses recueils. Il ouvre le deuxième livre, et « Une femme s’avance en kimono. Ses épaules sont légèrement tombantes, comme pour être caressées par le tissu ». Il prononce des mots japonais, pleins de nuances. Des gestes qu’on pourrait interpréter de travers, comme « appuyer le poing sur la tempe droite puis ouvrir brusquement la main » : cela ne signifie pas « avoir une idée lumineuse », mais « quel idiot (kuru kuru pa) ». Ce chemin dans la langue japonaise est encore une façon d’interroger le réel. Jusque dans la nuit noire : « Les Japonais ne disent pas de la nuit qu’elle est noire (kuroi) mais qu’elle est sombre (kurai) puisqu’il y a toujours un éclat ». « "La couleur et le parfum" dit-on en japonais (iro mo ka mo) pour signifier "l’apparence et la substance" »…

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Et puis viennent les affirmations, puisqu’on commence par là: Je sais. Drôles d’affirmations, façon de raconter, et encore de questionner. Quand « aujourd’hui, à part quelques étrangers qui apprennent studieusement le français, on ne dit plus "n’est-ce pas ?", comme s’il n’y avait plus que des certitudes ». Mais aussi : « "Je pense que" traduit rarement une conviction profonde ou une réelle expérience du corps ». Interrogeant les évidences, Ito Naga n’introduit pas le doute mais offre à notre esprit les multiples ouvertures des mots.

La discussion qui a suivi cette lecture nous a entraînés dans ces chemins où la pensée croise l’inconnu, le non su, l’esprit étant, comme l’univers, en expansion infinie.


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