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(anthologie permanente) Oswald Egger, "A la lucarne j’incline les antennes vers la lumière, angle d’entaille."

Par Florence Trocmé

Les éditions Grèges ont publié récemment Rien, qui soit, d’Oswald Egger dans une traduction de Jean-René Lassalle.
Tôt – mais pas pour moi – s’umbrent se transfinissent leurs jours d’ombres nocturnes.
Mauves qui battegrimpentt à l’arroche-miroir vers les flocs de nuages noiselés montenards.
Les mélisses te saluent, Nepeta, sauge-ortie gouleyant à l’embouche de l’an.
Je bois le vin de bouleau sur la friche néofracturée de moscatelles, sous le gui.
Usefruit dans les bottereaux nasgeaient brasimorelles et bulbes foliés.
Voue les ciels contradictoires entre jachères d’Ejardins, aux lignes de neige.
Spirambre souvent dans les marbrures les stocks bruts de branches vertes.
Merles, fraudés en crellerie, nivôse et boules de mannesureau.
Lumibouleau fleurit, cyclons, qui sont nuages dans leur non-songe, et fog.
Comme des pattes, et les noix de gel feu gourd d’amurres clignent ces oeuvains-ci.
Puis en couleurs amande le bois fendu, non riflé, frênes d’hiver vermoulus.
Traversent le sommeil leurs mèches nichées de rayimoelle dans la couronne de résine.
/
Des cornes à joiseaux un föhn de rosée a soufflé leur dégel depuis des jours.
Dans les escarpes gouttent les nuages : tous les champs voilés, je sèche des fruits.
Escarites en bois d’hiver oléandre et giroflées sur les tuiles ocrées du toit.
Chevrons d’herbes dégoulinant sur viocarbres pousses de fléole et lattis traviole.
A la lucarne j’incline les antennes vers la lumière, angle d’entaille.
Stries sur la cire du ciel, en ces jours de pommes coupées plus court, les alouettes.
Le rempart de terre d’Oderlemming aux lavandes diverses (ou tousselles).
Gradations d’arbres à moineaux dans la préffusion bleu cendrée.
Entre nous le filet d’olivette, mousses terreuses, envolées les jaillifleurs.
Kermès et piquants d’éperviers sur des rives non clôturées (où l’eau repose).
Qui veut paille à galetas porte fumier aux champs et marnes sur les alpages.
Sous les spalme-dictames, écarlatines, oléacourges et petit-lait sont gâchés
Oswald Egger, Rien, qui soit, éditions Grèges, 2016, traduit de l'allemand et présenté par Jean-René Lassalle, pp. 37 et 38.
Poezibao a publié des textes d’Oswald Egger dans la revue Sur Zone
bio-bibliographie, extrait 1, (revue Sur Zone), n° 24, Oswald Egger, "Album Nihilum"
Une vidéo en allemand tournée à Hombroich, par Marc Nordbruch. Poezibao recommande de visionner cette vidéo même si on ne comprend pas la langue allemande.


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