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Rétro 2016 : l'année "bascule" ?

Publié le 31 décembre 2016 par Vindex @BloggActualite
Bonjour à tous,
L'année touchant presque à sa fin, le temps et venu, comme le veut notre tradition, de tirer un bilan. Et celle-ci fut comme souvent chargée, les médias devant osciller voire zapper entre l'hécatombe des célébrités, les attentats, l'Euro et les Jeux Olympiques, les événements sportifs annuels, et les surprises du chef (Brexit, Trump). Dans le flot continu d'information, difficile parfois de s'y retrouver, de ne pas oublier ou se mélanger les pinceaux. Essayons d'y  voir clair même si bien évidemment, une année ne peut être prise isolément de celles qui la suivent pour comprendre son sens. Je vois au moins trois domaines dans lesquels 2016 a potentiellement fait basculé les choses, sous réserve de confirmation bien sûr : la politique Européenne, les Relations Internationales et la situation au Proche et Moyen-Orient. 

Brexit : coup de tonnerre sur la construction européenne ? 


Sonnant comme un premier avertissement adressé aux "élites", le Brexit est un de ces événements historiques que nous avons vécus cette année... A condition qu'il soit suivi d'effet. Car nombreux furent les dénigrements adressés à ces pauvres vieux anglais ayant freiné l'apparent européisme des jeunes écossais ! Fréquents sont encore les articles qui alarment sur la situation économique du pauvre Royaume-Uni sans la fabuleuse Union Européenne. Articles auxquels certains répondent que le Royaume-Uni sera au contraire agrandi. Mais le plus surprenant, c'est de lire encore des articles prétentieux qui titrent "Et si le Brexit n'avait finalement pas lieu ?". Ben oui, après tout, quand le peuple vote quelque chose, c'est qu'en fait, il ne le souhaite pas. 
Ce Brexit est un peu l'aveu d'échec, la limite de la construction européenne. Alors que David Cameron a pensé qu'il pouvait jouer sur le sentiment européen de son peuple pour se redorer le blason en organisant ce référendum, il a aussitôt admis son échec suite à la terrible sentence des citoyens, répondant "zut" aux garanties qu'il leur promettait quand eux pensaient "immigration", "pauvreté", "sécurité". Ce n'est pas faute d'avoir été averti par le passé : le ressenti des dirigeants européens et des institutions européennes et en net décalage avec les préoccupation des peuples qui semblent de plus en plus désabusés au sujet de la mondialisation et ses divers avatars.  
Le Brexit, "saut dans l'inconnu" mêlant danger et excitation, est au yeux de certains un précédent, cette "jurisprudence" qui manquait tant aux eurosceptiques. Prudence toutefois : celui-ci sera long et accouchera de nouvelles relations entre le continent et le Royaume-Uni. Par ailleurs, un autre précédent manque encore : celui d'un pays sortant de l'euro. Car si la monnaie commune n'est pas partagée par tous les pays de l'UE, elle n'en est pas moins un autre dogme à toucher et force est de constater que l'année 2016 est loin d'avoir été celle qui lui sera fatale. Il faut également se souvenir de ce que les européistes ont retenu du Brexit : ceux-ci souhaitent recentrer la construction européenne, profiter de cela pour la renforcer. Un pas de plus vers le fédéralisme est-il à attendre pour les années à venir ? C'est probablement ce que souhaitent les institutions européennes et les européistes. Car si le Brexit peut-être une aubaine, il constitue également la perte d'un allié, d'un contre-pouvoir au sein des institutions européennes, dans lesquelles les souverainistes devront lutter d'autant plus. 
Pour conclure sur cet épisode : le Brexit a ébranlé l'Europe quelques jours, quelques semaines. Mais celle-ci n'a pas changé de recette, son attitude à propos de la Wallonie et du Traité de Libre Echange avec le Canada en témoigne. 


La surprise "Trump"


On croyait être repu de la surprise du Brexit. Celle-ci ne faisait qu'en préparer une plus grosse encore. Car le Brexit n'est pas une élection et si les partis eurosceptiques et populistes continuent leur poussée (UKIP au Royaume-Uni, FPÖ en Autriche), aucun n'a encore pris le pouvoir. Ce que les populistes européens n'ont pas fait, Trump l'a fait. Figure iconoclaste, polémique même parmi les Républicain, décriée pour ses positions provocatrices et démagogiques, le candidat Trump a doublement créé la surprise : tout d'abord en écrasant ses adversaires à la primaire Républicaine, pourtant promises à des "éléphants". Puis en inversant la tendance qui lui promettait une cuisante défaite face à Hillary Clinton aux élections de novembre qui prévoyaient la consécration d'une première femme à la Maison Blanche. 
C'est donc bien lui la vraie surprise. Plus paléoconservateur que néoconservateur, plus populiste qu'élitiste, il fut probablement le candidat Républicain le plus singulier de l'histoire politique américaine récente. Promettant monts et merveilles aux déclassés de la mondialisation, il a réussi le pari de limiter la casse chez les latinos tout en conservant une bonne partie de l'électorat aisé. Elu grâce au collège électoral tout en ayant moins de suffrages que son adversaire, il a néanmoins déjoué tous les pronostics, apparaissant seul contre tous. Il incarne plus encore le basculement mental, culturel et politique qui s'est amorcé depuis quelques années dans les pays occidentaux : critique du libre-échange, de l'immigration, de la mondialisation, des "élites", du "système". 
Reste à savoir ce que va produire ce basculement. Il a déjà attiré les foudres médiatiques, qui bien qu'ayant cherché à comprendre ce vote, continuent de conspuer le résultat. Mais on peut raisonnablement penser que Trump devra mettre de l'eau dans son vin. Il est évident que certaines de ses promesses seront réévaluées au contact des réalités. Et même ses orientations plus raisonnable et moins controversées (protectionnisme, grands travaux,...) seront mis à l'épreuve. Quant aux relations internationales, elle  ne se modifieront pas tant sous son influence que sous celle de Vladimir Poutine, comme nous le verrons plus tard. Car si Donald Trump a évoqué sa sympathie pour le président Russe, n'oublions pas que certains élus républicains (comme John McCain) ne sont pas de son avis et restent bornées aux visions néoconservatrices, même si elles apparaissent de plus en plus désuètes. Gardons également un oeil sur sa "sinophobie" qui sera sans doute policée. 

Proche et Moyen-Orient : où en est-on ? 


Cette année encore, l'Orient fut une donnée clef, en particulier pour la situation en Syrie et en Irak. 
L'Etat Islamique, bien qu'affaibli, reste vivant. L'année 2016 l'a vu poursuivre sa capacité de nuisance avec des attentats encore nombreux : Istanbul, Jakarta, Bruxelles, Bagdad, Hassaké, Orlando, Nice, Saint-Etienne du Rouvray ou encore Berlin ont pleuré leurs morts à cause de l'organisation Djhadiste, sans compter les autres groupes terroristes (TAK, AQMI, Boko Haram). Cette survivance d'attentats très meurtriers pose bien sûr la question de la sécurité et des frontières, en particulier en Europe, même si elle démontre selon beaucoup d'experts un certain affaiblissement de Daesh sur son territoire. Nul doute en effet que la tendance s'est inversée et que les sièges lancés contre Mossoul et Raqqa montrent le recul de l'Etat Islamique. Mais attention à ces batailles urbaines particulièrement difficiles, meurtrières et dans lesquelles la guérilla menée par les terroristes s'avère souvent efficace. Il faut également rappeler qu'après avoir perdu Palmyre (tout un symbole), le groupe islamiste l'a repris il y a peu. 
Plus récemment encore, l'Orient fut symbolique d'un basculement plus franc dans les relations internationales : celui de la renaissance effective de la puissance Russe. Entamée en 2015 et marquant une première depuis la chute du bloc soviétique, l'intervention Russe en Syrie a autant révélé l'impuissance occidentale que la capacité d'action de l'Ours russe. La victoire d'Alep-est, permettant au régime Syrien de contrôler les 5 plus grandes villes du pays, en est le synonyme, quel qu’en soit le prix payé. Et le cessez-le-feu signé avec la Turquie, le régime et l'opposition syrienne confirme cela, les Etats-Unis et l'Union Européenne n'ayant été que spectateurs. Si le conflit n'est pas terminée en Syrie, l'amorce de la solution au conflit vient de Moscou et Poutine est déjà le grand vainqueur diplomatique de cette guerre. Le résultat d'un processus déjà entamé depuis quelques années avec l'épisode Géorgien puis Ukrainien. 

Mais aussi


L'année 2016, c'est aussi de nombreux événements périphériques à cet éventuel basculement politique : panama papers, Wikileaks, Loi Travail ou encore Nuit Debout. Si ceux-ci ont retenu une attention également soutenue dans les médias, ils nous ont semblé moins porteurs de sens et moins surprenants. 
Car si 2016 fut riche en surprises, 2017 aura du travail ! La confirmation de ces tournants peut-être attendue bien qu'elle ne soit pas assurée. Toujours est-il qu'on ne peut plus se le cacher : le monde change, évolue, se recompose, aussi bien dans les sphères d'influences que dans les mentalités politiques. Au plus grand déplaisir de certains. 
Vin DEX

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