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Une chambre en Inde, par le Théâtre du Soleil

Publié le 15 janvier 2017 par Onarretetout

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Nuit de cauchemars en Inde. Le metteur en scène a pété les plombs, son assistante doit reprendre le projet de la compagnie. Mais est-il possible de jouer le Mahabharata ? Est-il possible de faire du théâtre ? Car le monde tourne mal. On a perdu tous les repères. Et si on détruisait les théâtres, à qui cela manquerait-il vraiment ? Et des théâtres, on en détruit. Et qu’avons-nous fait pour empêcher les guerres ? Et le théâtre peut-il empêcher quoi que ce soit ? Le sommeil de l’assistante, Cornelia, devenue metteuse en scène, est plusieurs fois interrompu par la sonnerie du téléphone (« Allo, Astrid ? »), chassant les rêves, les cauchemars. Mettant fin provisoirement à une scène du Mahabharata interprétée par une troupe indienne sous la forme populaire du Theru Koothu. Elle a beau implorer, Cornelia, ça ne va pas au bout. Mais n’est-ce pas parce que le monde intervient trop violemment : des guerres partout, le réchauffement climatique, des femmes maltraitées… Shakespeare et Tchekhov viennent lui dire que tout n’est pas perdu. Shakespeare et Tchekhov avaient-ils des situations plus enviables ? Les guerres, le pouvoir, les religions, la société au bord de la déchéance, n’était-ce pas déjà là ? Mais faire des comédies avec tout cela ? Faire rire à propos des méchants, cela ne suffit pas. Alors, que dire ? Au nom de quoi ? Peut-on écrire, peut-on lire, peut-on mettre en scène, peut-on jouer par les temps qui courent à la catastrophe ?

Dans la première partie du spectacle, une réplique revient deux ou trois fois : « Désespère et meurs ! ». À la fin, il n’est plus question de désespérer mais cela n’empêche pas de mourir, comme à Alep ou sous les balles de Daech. N’y aurait-il que le théâtre pour que les morts se relèvent et que la vie l’emporte ?

La chambre est le lieu du théâtre, le théâtre est un rêve de théâtre, les volets s’ouvrent parfois et entrent les bruits du monde. Sur la scène, décors et acteurs apparaissent et disparaissent en un clin d’oeil. Et si le monde reste à l’extérieur, au-delà des volets, sous le plateau du théâtre, les voix du monde sont là, sur la scène : anglais, français, tamoul, japonais, russe, arabe…


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