Magazine Cinéma

Steak

Par Rob Gordon
Pour résumer la sensation éprouvée après avoir vu Steak, on pourrait dire que ça aurait été génial si ça n'était pas aussi nul. Et puis on pourrait tout aussi bien affirmer le contraire, d'ailleurs. Ou pas. Bref, c'est la confusion la plus totale. Coup de génie inabouti ou arnaque du siècle passant comme une lettre à la poste? Impossible de trancher : ce Steak-là aura raison des plus fines lames.
Ce qui est certain, c'est qu'on n'a jamais vu un film comme celui-là. Steak oscille entre Grease, Orange mécanique et Casimir, ne choisissant jamais entre les trois, et se foutant totalement d'être référencé ou non. Les plans fixes sont bizarres, souvent beaux, les plans pas fixes sont moins beaux, mais tout aussi bizarres. Arrivent Éric & Ramzy, différents sans renier leurs exploits passés. Ces deux mecs ne seront jamais de grands acteurs, c'est quasi sûr ; en revanche, entre les doigts de Quentin Dupieux, ils sont les meilleurs marionnettes de l'univers. Pas vraiment d'histoire dans Steak, pas vraiment de concept non plus : nihiliste et anti-nihiliste, le film est une succession d'instantanés parfois drôles, parfois pas. On sent le désir de ne pas faire une comédie, l'envie d'employer le rire comme la politesse du désespoir. Comme si Gus Van Sant filmait un spectacle de Guignol pendant une heure vingt.
Et puis, au gré de ces comparaisons quand même très flatteuses, on finit par se dire que non, Steak n'est qu'une boursouflure, le coup de pub d'un petit malin qui, après avoir fait fortune dans la zizique et la pub, a investi ses billes ailleurs en espérant toucher à la fois la critique et le gros lot. Deux minutes après, on pense exactement le contraire. Il y a de quoi s'attirer les foudres de la majorité. Il y a aussi de quoi en intriguer plus d'un (dont moi). Je ne sais pas bien où Quentin Dupieux a pu voir le jour, mais il nous livre en tout cas un pur film de normand, oscillant sans cesse entre le ptêt bin qu'oui et le ptêt bin qu'non. De quoi attendre la suite avec une impatience en forme de point d'interrogation...
6/10

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