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Ton problème c’est mon problème

Publié le 06 février 2017 par Le Journal De Personne
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Je me mens et ne cesse de me mentir à chaque fois que je fais intervenir le sentiment.
En politique, il n'y a pas pire pour fausser le jugement.
J'irais presque jusqu'à dire que pour penser vrai, juger juste et voir ce qui est, il faut commencer par circonscrire le sentiment. L'éviter ou le mettre de côté. Entre parenthèses.
Pour penser, il ne faut pas que je sois embarrassée par ce que j'aime ou ce que je hais.
Pour juger, il faut que je sois débarrassée de tout amour, de toute haine.
Pour voir ce qui est, je suis obligée de m'affranchir de deux excès : aimer et haïr.
En politique, il faut apprendre à réfléchir et ne pas fléchir.
Ne pas céder au sentiment. Cesser de se mentir.
Avant de dénoncer ce qui me dérange, je dois renoncer à ce qui m'arrange.
Ce qui me va, ne va pas. Ce qui ne me va pas, va ; il faut avoir des yeux pour voir ça et non des vœux.
En politique aussi, il faut apprendre à lire, à écrire et à compter... en sachant qu'on n'a jamais fini de s'instruire. Sans jamais en avoir assez parce que le réel est notre seul et unique procès. On y est à la fois juge et partie. Quel dommage de passer à côté... Nous serons condamnés à le revivre pour l'éternité.
Cessons donc de croire au parti de la vérité. Parce que la vérité n'est d'aucun parti.
La seule patrie à laquelle nous ayons droit, c'est l'esprit de répartie : rendre à chacun son dû sans prendre son désir pour la réalité. Ni croire que mon engagement n'engage que moi car il engage toute l'humanité.
Ton problème c'est aussi mon problème.
Il n'y a pas de politique autrement.

Et je me répète en répétant : qu'il ne s'agit point de sentiment. Ce n'est pas mon cœur, mais mon esprit qui m'indique qu'il n'y a pas de politique sans soucis. Et qu'il n'y a en politique qu'un souci : appliquer son esprit pour impliquer autrui. Parce que c'est lui, mon souci. Qu'il soit d'ici ou hors d'ici.

Ô capitaine, mon capitaine, tu es responsable de toute l'humanité.
Ta grandeur, c'est de prendre en charge sa misère, qui est aussi la tienne.
Que tu l'aimes ou que tu ne l'aimes pas, ne change rien à ton problème. Infirmier, tu refermes la plaie sans t'interroger sur l'identité de l'infirme.
Fermier, tu le sais, qu'on ne récolte que ce qu'on a semé. S'il n'y a pas assez de blé, il faut coopérer ou changer ta façon d'opérer.
Les solutions existent mais nous préférons les problèmes.
La paix est possible mais nous préférons la guerre.
L'ouverture est nécessaire mais nous préférons la fermeture.
Pourquoi ? Parce que nous avons peur. Peur de quoi ?
Peur de soi. Peur de l'autre. Peur de la peur.
Ça s'appelle la crainte. Nous nous craignons. Voilà le sentiment à l'origine de tous les débordements : la crainte.
Elle est réelle et non feinte.
On craint un mal et on espère y échapper.
On espère un bien et on craint qu'il ne nous échappe.
Pas d'espoir sans crainte.
Tout ce drame est exclusivement sentimental. De l'affect qui nous rend infectes.
Il n'y a rien à craindre. Cessons de nous plaindre.
Agissons, au lieu de réagir.


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