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The Bad Brother

Publié le 11 février 2017 par Le Journal De Personne
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Quand j'étais enfant, je fus abusée... par une série télévisée intitulée: "le prisonnier".
Ça ne m'amusait pas... ça détruisait dans ma tête tout attrait pour l'ordre, pour toute idée d'organisation, où tout fait bloc, où tout fait partie du même bloc, où tout se répond comme dans une caisse de résonnance. Comme dans un corps, tous les organes sont liés enchainés et enchevêtrés, mêmes si nos sensations nous attestent le contraire.
Quand je dis : j'ai mal au ventre, je ne situe pas encore le mal, j'essaye de le situer, d'isoler l'origine de la douleur.
Et ça me fait encore plus mal de ne pas y arriver... parce que le ventre n'est pas un organe, mais toute une organisation.
J'ai failli dire un réseau où tous les éléments sont connectés à une centrale cérébrale, même chez les décérébrés qui ne savent pas ce que vaut un cerveau !
Est-ce que c'est l'intestin qui ne se sent pas bien, le foie, la vésicule ou les reins ?
Je n'en sais rien.
La douleur de l'un peut être projetée sur les autres et faire tâche d'huile.
Une douleur projetée, il n'y a pas mieux pour fausser un diagnostic et donner une fausse impression, une fausse information.
On est tenté de faire des études de médecine, rien que pour comprendre les raisons de notre mauvaise mine et ne plus être dupe du tout organique. C'est psychologique, j'en conviens... psychosomatique même ou tout simplement symptomatique : il doit y avoir une fonction qui est tombée en panne. Il y a donc dysfonctionnement.

Autrement dit, ça fonctionne mal à chaque fois que j'ai l'impression d'avoir mal.
Consulter, me faire ausculter, ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai tendance à vouloir lutter... ôter la douleur à mes sensations.
Je dis : ça va ! Ça va ! Sans savoir qui, quoi, ni où ça va.

Je revois le générique de ma fameuse série télévisée, avec le héros, prisonnier, tentant de s'enfuir et qui se met à courir en criant : "je ne suis pas un numéro, je ne suis pas un numéro, JE SUIS UN HOMME LIBRE !"
Mais il est pris de vitesse et repris de justesse, pour être remis dans la bulle... jusqu'à perdre la boule...
Le drame c'est qu'il a oublié qu'il faisait partie d'un programme, d'un hologramme, d'un organigramme qui fait toute la trame de l'histoire.
Chacun croit qu'il est seul dans sa bulle avec sa monade et sa limonade, en feignant d'ignorer qu'il est intrinsèquement lié à d'autres bulles et qu'entre elles toutes, l'information circule, comme un influx nerveux, parce qu'il s'agit ni plus, ni moins que d'un système... un système nerveux... qui influe sur la moindre de vos cellules... Pour cesser d'en être prisonnier, il faut éteindre au lieu d'étreindre la bête, couper le lien avec la tête, tout lien avec internet. Autrement dit, pour l'éteindre, il faut s'éteindre !
Parce que ce n'est pas the Big mais the Bad Brother qui détient vos ficelles existentielles ou spirituelles.
À chaque clic vous augmentez sa puissance d'agir et vous diminuez votre puissance de réfléchir.
Vous êtes googlisé, ni homme, ni libre, mais un numéro qui a contribué à l'insu de son plein gré à cette révolution numérique.
Le monde n'a plus aucun rapport avec votre volonté, il est devenu une représentation... de théâtre tragi-comique !


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