Magazine Beaux Arts

Monsieur Davenport traverse les arcs-en-ciel et saute d’étoile en étoile. Extrait des Contes du Smog et du Whisky

Par Abdesselam @abdesselam

Chers lecteurs, je mets à votre disposition  ce récit issu de ma publication « les contes du Smog et du whisky » disponible  chez amazon en Ebook et broché. La version électronique peut être lue sur les systèmes Android en téléchargeant l’application Amazon kindle sur le play store où ici. iPhone même démarche. Bonne lecture.
Je mets à la disposition de mes lecteurs, ma publication « Les Contes du Smog et du Whisky » au format électronique. Il faudrait juste laisser sur ce site en commentaire : « OK ebook ».

Monsieur Davenport traverse les arcs-en-ciel et saute d’étoile en étoile.

Le train s’arrêta et déversa sa pluie de tintamarre de grincement de fer et d’étincelles des roues motrices, dans l’atmosphère brumeuse et lourde de WitheChappel, un petit village de la banlieue de Londres.
Dans la luxueuse voiture-lit de première classe, monsieur Davenport regarda sa bouteille de whisky à la belle couleur brune, aux reflets dorés et à moitié vides puis sortis pour rencontrer son destin.
Il vit à travers la nappe de brouillard la maigre silhouette du chef de gare.
Un homme à la couleur hâve et au corps émacié comme s‘il n’avait jamais mangé à sa faim.
– dis-moi mon brave qui a il d’intéressant dans ce village ?.
L’autre ne répondit pas regardant une présence invisible.
Monsieur Davenport lui tendit sa moitié de bouteille.
Le gardien de gare flaira le whisky comme un chien de chasse. Quand le nectar donna des couleurs à ses joues pâlottes, il répondit d’une voix lasse.
– il y a bien la taverne chez chergui.
– et puis encore ?
– Il y a bien un nommé le Falot qui se promène avec un rat intelligent. Un rat qui sait compter les billets de banque.
– Soit répondu Monsieur Davenport, d’accord pour le rat qui sait compter des billets de banque **.
– vous savez continua le chef de gare que le whisky avait rendu bavard, il n’y rien à WitheChappel. Vous comprenez tout le monde est parti.
– O.K. mon brave gardez la bouteille je poursuis mon chemin. Je finirai bien par trouver quelque chose qui vaille. Je passerai bien deux jours dans votre petit village.
Le chef de gare plus préoccupé par sa bouteille que par son anonyme interlocuteur entendit à peine derrière le rideau brumeux de son esprit, ce dernier lui demander l’heure du prochain train. Dans deux jours fut la réponse donnée avec une voix qui tremblotait.
Et c’est ainsi que monsieur Davenport décida de rester deux jours dans un village, mais le destin l’y fera demeurer six mois.
Mais ça, c’était le problème du destin pas le sien.

Monsieur Davenport déambula dans les ruelles du village puis s’en alla suivre un chemin qui le mena à la lisière d’un foret.
Il entendit un éclat de rire mourir dans le ciel.
Un cheval galopait, monté par une jeune et belle femme dont les cheveux en folie se mêlaient au vent âpre de l’automne. Sa silhouette frêle et élancée suivait en rythme les soubresauts du galop du cheval.
Elle longeait la forêt en une chevauchée élégante de fureur.
Elle lançait au vent des paroles qui vinrent entamer le cœur de monsieur Davenport.
– traverse les étoiles mon brave disait la belle inconnue en s’adressant à son cheval. Traverse les étoiles et engage-toi dans les arcs-en-ciel.
Monsieur Davenport s’en alla louer un cheval et se mit à galoper à côté de la dame.
– voilà l’étoile bleue traversons là, voilà l’arc-en-ciel magique entrons dans ses profondeurs, il renferme des cités fabuleuses.
Monsieur Davenport qui ne voyait point de cité ni d’étoile encore moins d’arc-en-ciel écoutait la jeune dame.
Il apprit d’elle qu’elle avait visité des cités perdues aux ruelles multicolores, aux vasques qui déversaient une eau dans la teinte changeait et où se reflétaient les cœurs.
Il sut tout des champs de coquelicots à la couleur de vermeille, qui s’étendaient à perte de vue et d’étoile en étoile.
Tout cela la jeune fille l’avait connu en chevauchant son unique cheval.

L’amour qui semblait provenir des étoiles, prit dans ses filets le cœur de monsieur Davenport.
Il demanda la main de cette fille qui chevauchait de si belle manière et qui s’adressait aux étoiles et traversait les arcs-en-ciel.
On lui apprit que la dame était atteinte de ce mal qu’on prononce à voix basse et dont on évoque le nom en chuchotant tellement on le craint.
Folie.
Et c’est ainsi que le cœur de monsieur Davenport battit au rythme d’une belle inconnue atteinte de schizophrénie.

Monsieur Davenport qui croyait en la raison de la science, fit venir les meilleurs spécialistes pour chasser de l’esprit de sa fiancée le mal qui lui consumait le cerveau.
Il décida de rester toute sa vie a coté de la femme qui l’avait emportée d’étoile en étoile dans ce petit village de WitheChappel où en vérité il ne voulut demeurer que deux journées pour échapper à l’ennui.
Les journées passèrent puis les mois. Les séances de thérapie finirent par venir à bout du mal et la jeune femme recouvra sa raison et devint normale.
Monsieur Davenport l’emmena pour qu’à cheval ils galopassent de nouveau à travers les étoiles et les arcs-en-ciel.
Mais la jeune dame ne savait plus galoper, ni aimait les chevaux, immondes animaux.
Il lui rappela les cités aux ruelles multicolores et aux vasques qui déversaient une eau à la teinte qui changea et où se reflétaient les cœurs.
– Voyons vous divaguez mon ami lui répondit la dame en ricanant.
Car il faut bien le reconnaître, sa fiancée qui riait aux étoiles et traversait les arcs-en-ciel était devenue normale.
Et c’est ainsi que monsieur Davenport s’en alla à la gare après six mois passés dans ce petit village.
Il trouva le même chef de gare qui s’adressa à lui.
– c’est vous le monsieur qui m’avait offert un bon whisky fort honorable. Vous voulez savoir quand part le prochain train. Dans deux heures.
Monsieur Davenport s’assit sur un banc et attendit le cœur gros le prochain train.
Il entendit une voix qui disait :
«  d’étoile en étoile ».
L’âme pleine d’espoir il s’en alla voir, mais ce n’était qu’un simple vendeur de journaux qui criait « d’étoile en étoile monsieur Davenport traverse les arcs-en-ciel ».
Le jeune vendeur tendit un journal à monsieur Davenport.
– tenez lisez c’est votre destin.
Il prit le journal et y lit ce titre « Monsieur Davenport traverse les arc-en-ciel et saute d’étoile en étoile. »
Et dans les entrailles de ces pages, il vit l’image de sa fatalité, « une femme qui galopait à côté de lui »
Mais il n’y avait dans ses mains aucun journal. Tout n’était qu’issu de son imagination.
– ainsi en six mois j’ai vécu toute ma vie se dit-il.
– ainsi en six mois j’ai vécu toute ma vie se répondit-il
Monsieur Davenport parlait à lui même.
De la fenêtre du train qui déjà l’emmenait vers son destin il crut voir une femme qui galopait, mais ce n’était là encore qu’une vision issue de la complaisance de son esprit.
Il rêvait encore de tout ce qu’il avait perdu, de la belle inconnue, des étoiles et des cités mystérieuses aux ruelles multicolores.
Le train s’arrêta et monsieur Davenport quitta ce village où il pensait passer le restant de sa vie, mais où il ne demeura que six mois.
Mais il faut bien le reconnaître c’était là son rôle dans la vie.

Monsieur Davenport traverse les arcs-en-ciel et saute d’étoile en étoile. Extrait des Contes du Smog et du Whisky

Illustration de la couverture Rabie Bougedrawi.

Reproduction strictement interdite du texte et de la couverture sans la permission des auteurs.

** allusion a la nouvelle  » Monsieur le Sagouin est une rat »  du même recueil « les contes du smog et du whisky « .



Vous pourriez être intéressé par :

Retour à La Une de Logo Paperblog

Ces articles peuvent vous intéresser :

A propos de l’auteur


Abdesselam 116 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte