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"Bons baisers de Bruges" : Colin Farrell en plein chaos Belge

Par Buzzline

Pitch : Moins on en sait... mieux on se porte !

Notre avis : Vrai-faux polar et vraie-fausse comédie... ce premier film de Martin McDonagh est tout à la fois un drame sombre, acide et complètement barré, où l'absurde tutoie la "quasi" excellence. Un régal de tous les instants ! Ce film sait jouer de la surprise pour mieux prendre le spectateur à contre-pied, perdu entre rires et malaise... Le tout servit par des comédiens épatants. Une combinaison d'une profondeur et d'un impact redoutables ! Les surprises naissent quasiment toujours des films dont on attend pas spécialement grand chose. Présenté au dernier festival de Sundance et auréolé d'une solide réputation via la rafale de critiques positives outre-Atlantique, c'était à se demander ce qu'était ce fameux In Bruges (Bons baisers de Bruges). Le résultat est aussi surprenant qu'incroyablement épatant ! Si l'on exclut quelques approximations et légers flottements un peu trop "bavards", ce premier long métrage vaut son pesant de cacahuètes. Bons baisers de Bruges est un drame décalé et puissant sous couvert d'un "polar mic-mac" et de comédie policière tendance Guy Ritchie. En apparence tout du moins, car passé un démarrage comico-policier semblable à un Snatch option "promenade de doux hiver", le film tend surtout vers un aspect insaisissable et beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. OVNI barré, inclassable, où l'on se demande toujours si l'on doit rire ou tirer la tronche en se lamentant, le film prend vite des allures de grand mélodrame poignant où la rédemption personnelle s'impose comme le plus terrible des enfers. On y croise donc des règlements de comptes, des différences culturelles sidérantes, des personnages tous psychologiquement atteints, de la romance désespérée, une ambiance particulière, des beuveries, des échanges d'idées, des nains racistes cocaïnomanes...
 Dopé par un casting harmonieux, Bons baisers de Bruges multiplie les personnages uniques. Dans les rôles titres, Colin Farrell et Brendan Gleeson bouffent l'écran avec une aisance mélangée à du cabotinage servi sur un plateau en or. Dans le rôle de Ken, géant cultivé au charisme glaçant et jovial passionné d'art et de musée, Gleeson en impose. Face à lui, Farrell surprend dans le rôle de Ray, jeune chien fou teigneux aussi immature que rongé par le doute et la bêtise, faisant une fixation déplacée et curieuse sur les nains.
  Ralph Fiennes vient clore ce trio de tête via un rôle minime mais d'une force assez conséquente. Une B.O. impeccable, une ambiance à la fois froide et chaleureuse, et des dialogues comme des situations férocement décalées, viennent conférer au film un statut de future œuvre culte. Un vrai petit régal mitonné avec amour dans la meilleure tradition du cinéma indépendant américain.   Enfin, le feu sous la glace : derrière la façade du polar-comédie se cache surtout la rédemption impossible de deux êtres venus entamer une longue marche funèbre aux côtés d'une galerie de personnages désespérés. Un drame, très auto-critique, saisissant qui prend des allures de beauté triste où les tueurs à gages deviennent des proies pourchassées par leur conscience. Un jusqu'au-boutisme qui mérite amplement le détour, et qui permet à ce Bons baisers de Bruges de surprendre et de jouer avec le spectateur sans que celui-ci ne sache trop où il va... Un atout qui permet surtout au film d'être revu pour en saisir toutes les subtilités.  C'est ainsi que nous sortons de la salle, complètement détendu, après avoir ri et surtout vibré après une foule d'émotions, le drame déchirant en tête. Un sacré bon film, qui sait faire du neuf avec de l'ancien et une foule d'idées narratives !  

 

Pourquoi y aller ?

Pour le ton décalé et grave du film. Pour Colin Farrell, Brendan Gleeson et Ralph Fiennes. Pour la B.O.. Pour la surprise constante du film.

Ce qui peut freiner ?

Certains passages un brin trop bavards. Les quelques aspects un peu fouillis du scénario.


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