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Madame Celestina nous a quittés

Publié le 27 février 2017 par Paulo Lobo
Madame Celestina nous a quittés
Il y a des gens sur cette terre, quand ils meurent, c'est le monde entier qui pleure. 
Et puis il y en a d'autres, personne ou presque ne les connaît. Ils ont vécu seuls, dans leur coin, sans famille, sans amis. 
Voici sur la photo Madame Celestina De Pra, notre voisine. Elle vient de décéder, dans la discrétion la plus absolue. Elle avait 88 ans.
Depuis sa chute au printemps dernier, nous avons essayé de l'accompagner et de l'aider dans la mesure de nos possibilités. Nous avons appris à la connaitre et à l'apprécier. Mon épouse en particulier Nancy était devenue son amie et sa confidente. 
Pendant des années, comme tous les autres voisins dans la rue, nous la prenions pour une personne revêche et solitaire, alors qu'elle était simplement en manque d'amitié et d'attention.
C'était une dame au grand coeur, dont la vie a été émaillée de joies et de peines, et qui vivait seule dans sa grande maison depuis trente ans. Sans famille. Seule. 
Elle était pleine de sagesse, de savoir-vivre et d'élégance.
A cause de son énergie débordante, les enfants l'appelaient la 'super-velhinha" - la super vieille dame.
Face à la mort, nous sommes tous pareils, il n'y a plus ni pauvres ni riches, ni moches ni beaux; mais s'il reste deux ou trois personnes derrière nous qui peuvent nous regretter et dire "c'était quelqu'un de bien", alors on a apporté notre pierre à la longue histoire des humains. 
Nous, les voisins d'en face, nous pleurons aujourd'hui le départ de Mme Celestina De Pra, qui nous faisait de si délicieuses crêpes à la mode ancienne. C'était quelqu'un de bien, quelqu'un de digne, une femme intelligente et indépendante, sensible. 
Cette semaine, nous ne savons pas encore quand, ce sera l'enterrement, et il n'y aura certainement pas foule. 
Regardez autour de vous, regardez dans votre rue, il y a surement l'un ou l'autre voisin ou voisine qui n'attend qu'un signe de vous. Qui passe ses heures jours semaines mois années, à regarder les murs la télé les fenêtres. Qui a tant à donner, si nous daignons lui ouvrir notre sourire notre attention.
Ne les oublions pas, ils valent beaucoup plus que toutes les heures que nous gaspillons à regarder nos écrans.
Je ne fais de leçon de morale à personne, je suis le premier à m'en vouloir, ce petit message est juste un témoignage, une alerte, un hommage.

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