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Du plaisir de se faire embobiner

Par Carmenrob

J’ai sans doute fait comme d’innombrables lecteurs avant moi en refermant Les vies multiples d’Amory Clay: j’ai cherché des traces de son existence sur Google. Convaincue d’avoir affaire à la biographie romancée d’une vraie photographe née le 7 mars 1908 et décédée (de sa propre main) le 23 juin 1983, tel qu’il en est fait mention à la fin du livre. Photos à l’appui du texte. Le tout à la première personne, ce qui renforce l’illusion de véracité.

William Boyd que j’avais découvert et apprécié avec L’attente de l’aube, signe ici une œuvre originale dans laquelle la fiction devient plus réelle que la réalité. Plus on avance dans le récit et plus on y croit.

Du plaisir de se faire embobiner
Au fil de ses «multiples vies», Amory Clay illustre toutes les facettes de son métier. De photographe-portraitiste avec son oncle qui lui enseigne le boulot, elle deviendra photographe d’actualité, photographe artistique, photographe de guerre, photographe de mode, et plus encore. On la suivra de l’Angleterre à New York, de la France à l’Écosse, des Vosges au Vietnam. On sera les témoins des velléités de fascisme en Angleterre, au seuil de la Deuxième Guerre mondiale, de l’insouciance des Américains avant leur entrée dans le conflit, de la survivance anachronique de l’aristocratie écossaise d’après-guerre, et de la guerre elle-même avec sa face cruelle et sanglante. Sous des dehors tranquilles, c’est donc une vie mouvementée qui nous est contée, émaillée de drames, d’amours et d’aventures.

Mais c’est surtout le cheminement intérieur du personnage qui séduit, son caractère décidé, son courage, son authenticité. On s’attache rapidement à cette femme plus vraie que nature et j’imagine que je voudrai longtemps continuer à croire à son existence.

La magie de la fiction opère grâce à ce ton posé, à ce rythme lent, à ce style familier de quelqu’un qui se raconte, en toute simplicité, sans grandes envolées lyriques. Quelle efficacité! Si jamais le récit ne nous fait battre le cœur à tout rompre, jamais non plus il ne nous lasse.

Ce deuxième séjour dans l’univers de William Boyd présage une longue fréquentation.

Pour lire une opinion tout aussi favorable que la mienne, cliquez ici

William Boyd, Les vies multiples  d’Amory Clay, Seuil, 2015, 415 pages


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