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Joyaux des Maharaja

Publié le 30 mars 2017 par Marcel & Simone @MarceletSimone

Plongez dans la pénombre du Salon d'Honneur du Grand Palais pour vous laisser éblouir par les joyaux de l'exposition exceptionnelle Des Grands Moghols aux Maharaja : Joyaux de la Collection Al Thani. Plus de 270 pièces d'orfèvres appartenant à la collection particulière Al Thani scintillent aux côtés des objets et bijoux prêtés par la Bibliothèque Nationale de France, le British Museum, le Metropolitan Museum of Art, le Musée de l'Ermitage, le Victoria and Albert Museum ainsi que la maison Cartier.

  Ornement de turban (sarpech) Inde, vers 1900 (ornement de turban) ; Paris, 2012 (clip Cartier) Or, argent, émeraude, diamants, perle H: 11,7 cm; l: 12,8 cm © The Al Thani Collection 2013. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd

Ornement de turban (sarpech) Inde, vers 1900 (ornement de turban) ; Paris, 2012 (clip Cartier) Or, argent, émeraude, diamants, perle H: 11,7 cm; l: 12,8 cm © The Al Thani Collection 2013. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd

    Dans une scénographie intimiste inspirée des palais indiens, où la lumière émanant des pierreries vient sculpter l'obscurité, on se fraie un passage à la découverte des merveilles de la joaillerie indienne, qui portent avec elles un ensemble de significations historiques et symboliques.

     Les pierres précieuses, apanage des rois, se font le reflet des pouvoirs politiques en place. Une première série de spinelles et d'émeraudes portent ainsi des inscriptions en Persan, datées du XVII ème siècle, alors que les Moghols étendent leur empire sur la péninsule indienne. Sur ces pierres figure le nom de Jahangir, empereur de la Dynastie Moghole de 1605 à 1627. On peut même admirer la bague d'archer qui aurait accompagné l'Empereur Shah Jahan dans ses conquêtes ou parties de chasse : ce large anneau d'or censé protégé le pouce tendant le fil de l'arc porte un diamant central, entourés de pétales de rubis et d'émeraudes. 

 
Joyaux des Maharaja
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    On conférait à l'émeraude des propriétés protectrices, elle pouvait guérir de certains maux et poisons, combattre l'emprises des démons et même aveugler les serpents et dragons par son rayonnement magique! Les empereurs s'en font donc un talisman de choix et l'utilisent dans leurs parures ainsi que dans des objets fonctionnels tels que leurs sceaux ou le manche de leur dagues.

    Idem pour le jade qui, dans le monde musulman est associé à la victoire et sert dans la confection d'armes et d'objets de chasses. Ce gemme aurait également le pouvoir de révéler les poisons et d'en annihiler l'effet. Ce n'est donc pas par pure esthétisme que les empereurs utilisaient ce matériaux pour confectionner leurs coupes. On peut admirer deux magnifiques exemples dans la partie centrale de l'exposition faisant figurer les objets quotidiens de la Cour de Jahangir : encrier de jade, jeux d'échecs plumier ou encore repose-pied sertis de pierres précieuses…

    Une des différences majeures entre la joaillerie indienne et celle développée en occident réside dans la manière dont les pierres sont assemblées entre elles. Dans la tradition occidentale, la pierre est taillée de façon géométrique et polie puis assemblée à une monture à l'aide de griffes qui viennent tenir le diamant. Grâce à la technique de sertissage du kundan, l'orfèvre indien respecte davantage la forme et la dimension originelle de la pierre. Une lisière d'or pur est déposée sur le pourtour de la pierre, à température ambiante, des liaisons moléculaires se créent et maintiennent la pierre sur son socle. Cette technique provoque un effet esthétique différent d'une parure griffée. Chaque pierre apparaît comme une touche pigmentée, délimitée par une ligne dorée, et s'assemble dans un tissus flamboyant. 

    Dans la deuxième section de l'exposition, on voit comment le travail des pierres précieuses a été influencé par la mode européenne sous l'influence de l'expansion britannique au cours du XIXème siècle. Les princes indiens perdent alors leur pouvoir politique mais utilisent les bijoux pour affirmer leur statut social. Les bijoux, généralement portés par les hommes se font de plus en plus sophistiqués et extravagants. Les pierres également se font plus géométriques, comme en témoignent les broches aigrettes et ornements de turbans à plumes de diamants. 

    La dernière partie de l'exposition est dédiée à la création moderne et contemporaine. En 1911 Jacques Cartier se rend en Inde pour un voyage qui ouvrira de nombreuses collaborations avec les princes indiens, lui confiant la confection de nombreuses parures. La joaillerie européenne s'inspirera en retour de nombreuses facettes du savoir-faire de l'esthétisme indien, comme la combinaison de pierres de couleurs différentes, ou bien la multiplication des rangs de perles. Plusieurs pièces créées par le joaillier indien Bhagat ou parisien JAR témoignent de ce dialogue qui s'est établit et perdure à l'heure actuelle. 

 
Joyaux des Maharaja
Joyaux des Maharaja

Des Grands Moghols aux Maharajas - Joyaux de la collection Al Thani

du 29 mars au 5 juin 2017

Grand Palais

Exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais, avec la collaboration du Musée national des arts asiatiques – Guimet

Commissaires : Dr Amin Jaffer, conservateur en chef, Collection Al Thani; Amina Taha-Hussein Okada, conservateur général au musée national des arts asiatiques – Guimet

Scénographie : bGc

Tarif : 13€, réduit : 9€

Ouverture : tous les jours de 10h00 à 20h00, nocturne mercredi jusqu'à 22h00

Fermé les mardis

 

Légende des visuels :

Ornement de turban (sarpech) Inde, vers 1900 (ornement de turban) ; Paris, 2012 (clip Cartier) Or, argent, émeraude, diamants, perle H: 11,7 cm; l: 12,8 cm © The Al Thani Collection 2013. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd

Collier de rubis de Nawanagar  Cartier, 1937 Platine, rubis, diamants © Christie’s Images Ltd 

Bague d’archer de l’empereur Shah Jahan Inde, vers 1625-1650 Or, diamants, rubis, émeraudes Inscription en persan: Sahib qiran-i thani («Le Second Maître de l’Heureuse Conjonction ») Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage © Musée national de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg, 2017 /Vladimir Terebenin

Émeraude ayant appartenu à Shah Jahan  Inde du Nord ou Deccan, datée 1031 AH (1621-1622) Inscription en persan: Shihab al-din Muhammad  Shah Jahan Ghazi Empereur 1031  H: 2,2 cm; l: 2,4 cm; D: 0,7 cm; poids: 30,61 ct  © The Al Thani Collection 2013. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd 

L’Arcot II Inde, vers 1760 ; retaillé en 1959 et 2011 Diamant L. 2,61 cm ; l. 1,61 cm ; D. 0,6 cm ; poids : 17,21 ct © The Al Thani Collection 2016. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd

Coupe à vin de Jahangir Inde du Nord, datée 1016 AH (1607-1608) Jade Inscription en persan comportant la titulature de Jahangir et deux quatrains © The Al Thani Collection 2015. Tous droits réservés. Photo Prudence Cuming Associates Ltd

 

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