Magazine Cinéma

C.R.A.Z.Y L’ode à la comédie familiale

Par Christian Papia @ChristianPAPIA

(8/10)

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Synopsis: Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur. De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu'il cherche désespérément àretrouver, Zac nous raconte son histoire...25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.C'est le début de C.R.A.Z.Y., le récit de la vie d'un petit garçon puis d'unjeune homme pas comme les autres, qui va jusqu'à renier sa nature profonde pour attirer l'attention de son père.

Le soir de Noël 1960, dans la famille Beaulieu, au Québec, naît Zach, le quatrième fils. Très pieuse, la mère y voit même un signe du destin et est prête à attribuer au nouveau-né certains pouvoirs extraordinaires, notamment un don de guérison. Les années passent. Zach grandit entre un père bourru mais attachant et ses trois frères : l'intellectuel, le rebelle et le sportif. Quand sa mère accouche d'un cinquième garçon, Zach passe tout son temps avec le bébé. Un jour, son père le surprend en train d'essayer les robes de sa mère. Il entre dans une colère noire. A l'adolescence, Zach, qui se sent de plus en plus attiré par les garçons, tente de refouler ses désirs...Il y a des films comme ça, où d’entrée de jeu on sent que l’on va vivre le cinéma. Dès l’entame, la voix off de Zach (Marc-André Grondin) est saisissante. Moments, sublimées par des plans-séquences sur fond de chansons d’Aznavour entonnées à la moindre occasion par le père Beaulieu. Bataille et insultes entre frères, mélange étonnant de grâce futile d’une famille. Zach et son attirance pour les habits de fille et autres jeux de « fifille » ne seront pas le sujet majeur du film. Jean Marc Vallée préfère miser sur la relation fils père. En l’occurrence il s’agit de Michel côté, magnifique en père fou de ses fils et de leurs « dons ». Zach, 4ème p’tit gars sur une fratrie de 5, va s’élever au rang de personnage intemporel tant le sujet de l’attention d’un père sur son fils est inné chez l’être humain.

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Chaque enfant à sa passion, trop de lecture, trop de sport, trop de fumette, trop de fille. Zach lui poursuit sa route, à la recherche de son style qui balance entre tous les looks 70-80. Il est glam rock, comme son idole, David Bowie, il est punk, et parfois simplement cool, sans être baba. Le destin ramène Zachary à l'église pour chacun de ses anniversaires, jour de réveillon…L’évolution se fait au fil des gouts musicaux du temps, white Rabbit, Rolling stones, Zach grandit nous emportant  avec lui. Son ainé, Raymond est magistralement interprété par un Pierre-Luc Brillant plus que saignant dans son rôle de junky pop. Les bougies défilent à (trop) grande vitesse, les pétards continuent de tourner, les (bons) goûts musicaux s’accélèrent, les cheveux s’allongent, la liste des tubes de Bowie également. Mais Zach continue sa quête de lui-même, il n’est pas malheureux mais il ne se sent pas pour autant vivant. Sexe, drogue rock n roll, mais surtout amour zach grandit comme un ado pressé de tout essayer, tout concevoir et tout découvrir. 

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L’accent de Jean Marc Vallée porte sur l’évolution de l’autorité et de l’emprise du père sur ses fils qui se dégradent au fil du temps. L’ascenseur émotionnel du père est l’essence du film, satisfait de la rouste infligé par son fils lors d’une bagarre de collège, à la colère folle de le voir se « réchauffer » avec son camarade de boxe…On nage en plein argument d’une manif contre la loi pour tous, la nature de l’homosexualité interrogeait par la classe moyenne parisienne ou la ménagère quinquagénaire  alsacienne… Les réveillons défilent, Aznavour devient mélancolique. La fac, le taf, amer et sans envie. Un père désemparé entre un fils junky et un autre homo, le coup de vieux est ardent. Une  fracture entre Zach et Raymond s’opère, pourtant le premier est épris d’un amour sincère pour son frère. 

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Peu à peu l’emprise du père s’atténue, celui de la mère lui grandit. Elle, le soutient, le porte comme s'il était encore dans son ventre : alors qu'il fait une crise d'asthme, elle l'aide à retrouver son souffle à distance. C'est une des nombreuses belles scènes du film. Elle en révèle la profonde sensibilité. Au final CRAZY est un don pour les amoureux des comédies sensibles et reste comme le point de départ d’un réalisateur au-dessus du lot.

C.R.A.Z.Y (2005) - Symphathy For The Devil

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