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« Les indésirables » – Diane Ducret

Publié le 31 mars 2017 par The Cosmic Sam @thecosmicsam

Merci infiniment à Babelio et Flammarion pour l’envoi de ce livre et pour m’avoir permis de rencontrer la belle Diane Ducret! Ce fût un merveilleux moment et j’espère vous donner envie (si ce n’est déjà fait) de lire ce roman.

Le livre : « Les indésirables »

« Les indésirables » – Diane Ducret

Crédit photo : Samsha Tavernier

L’auteure : Diane Ducret est une philosophe, historienne, journaliste et romancière franco-belge. Elle réalise des documentaires pour des émissions telles que des « Racines et des ailes » ou « Secrets d’Histoire » et intervient en tant que chroniqueuse radio. Elle a notamment écrit « Femmes de dictateurs », « Corpus Equi » et « L’homme idéal existe, il est québécois » (dont je vous parlais ici) qui ont remporté un grand succès.

Le résumé : « Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé ! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes « indésirables » internées par l’Etat français. Leur pacte secret les lie à Suzanne « la goulue », Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. A Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.  »

Mon avis : J’aime découvrir les romans ayant eu lieu à cette période de l’Histoire, car en plus de participer de notre devoir de mémoire, ils nous rappellent qu’à travers l’horreur il existe également des moments de résistance, de grâce et de poésie.

Avec ce nouveau livre de Diane Ducret tout est au rendez-vous.

L’horreur : parce qu’elle nous parle des camps de concentration, mais des camps pas comme les autres. En réalité, il s’agit d’une période presque totalement inconnue de l’Histoire française et encore tabou aujourd’hui (pour preuve, il n’existe presque aucune archive y relative). Avant l’occupation allemande en France, le gouvernement avait donné l’ordre de rafler toutes les femmes célibataires sans enfant d’origine allemande ayant fui leur pays pour la France. La rafle eu lieu au Vel’d’hiv faisant un douloureux écho à l’autre tristement célèbre rafle ayant eu lieu plusieurs années plus tard. Toutes ces femmes furent alors envoyées dans un camp dans les Pyrénées à la frontière espagnole pour survivre dans des conditions de vie horribles tout en étant soumises aux accès de violence de certains de leurs geôliers.

La résistance : car Diane Ducret a basé son histoire sur des témoignages et donc sur des personnages ayant réellement existé. C’est le cas, entre autres, du directeur du camp Davergne et de l’infirmière surnommée « l’ange de Gurs ». Grâce à ces personnes profondément humaines qui ont su se rebeller contre l’horreur, il est possible d’entrevoir de la lumière parmi les ténèbres. On assiste également au fur et à mesure de l’histoire à une forme de résistance de la part de ces femmes allemandes qui parviennent à continuer d’avoir envie de vivre, de se faire belle, de rester femme, de se voir faire la cour par les prisonniers espagnols internés dans le camps voisin, de rire, de chanter, de s’aimer et d’enfanter.

Et c’est là qu’intervient la grâce : parce qu’au sein de ce camp où se croisent les personnages principaux d’Eva et de Lisa, mais également d’Hannah Arendt, les internés vont avoir l’audace de créer un cabaret où elles vont chanter, danser et jouer du théâtre comme une parenthèse enchantée. Cette poésie se retrouve par touche tout au long du livre, car les chapitres sont ponctués de paroles de chansons burlesque typiques des années 30-40. On se surprend même à sourire entre deux moments de pure émotion.

En bref : Une très belle découverte avec ce roman historique bien documenté. Toute une palette d’émotion est au rendez-vous. La fin se termine sur une note douce amère… et un sourire!

✨ La rencontre avec Diane Ducret 

Comment avez-vous eu connaissance du camp de Gurs? 

Etant originaire du Pays Basque, Diane Ducret aime en découvrir davantage sur l’Histoire de sa région. C’est en lisant la postface d’un livre qu’elle a appris l’existence de ce camp de Gurs et de ces femmes appelées les « indésirables ». Malgré sa profession d’Historienne, Diane Ducret ne connaissait pas l’existence de ce camp, c’est donc tout naturellement qu’elle s’est penchée sur ce triste événement. Il n’existe que très peu d’information, car la majorité des archives du camp a été détruite, aussi on ne peut qu’estimer le nombre d’internées entre 3000 et 5000. C’est en tombant sur des témoignages poignants et sur de vieux programmes du cabaret qui a été crée dans le camp que Diane Ducret a décidé de se lancer dans l’écriture de ce livre.

Comment avez-vous choisi la forme de ce livre, entre essai et roman? 

Selon Diane Ducret, l’histoire se prêtait en effet aux deux formes. Elle a déjà réalisé plusieurs essais historiques et c’est un exercice qu’elle affectionne tout particulièrement. Cependant, elle voulait davantage insister sur ces femmes et leurs ressentis que sur la seconde guerre mondiale. Elle souhaitait mettre en avant ces petits actes de résistance de la vie de tous les jours et retracer comment une idée a priori si saugrenue de créer un cabaret dans un tel contexte avait pu prendre naissance. Par conséquent, le choix du roman s’est imposé de lui-même, étant le plus propice pour faire parler les émotions et donner une voix à ces femmes courageuses. Il était également important de toucher le grand public et de porter à la connaissance du plus grand nombre ce qui s’était passé dans ce camp français.

Fût-il difficile de trouver la voix des personnages? 

Lise était le personnage le plus difficile a faire parler, car c’était la plus discrète mais également celle présentant l’évolution la plus importante au sein du camp. Pour les autres, les témoignages ont beaucoup aidé, mais il était parfois difficile pour Diane Ducret de s’en détacher.

Vous êtes-vous rendue sur le site de l’ancien camp de Gurs? 

Il est possible de visiter le lieu, mais il n’existe pas de musée, même le lieu est oublié. Il ne reste presque rien du camp qui a été entièrement planté de pins. Sont toujours visibles une baraque, les latrines et quelques plaques du cimetière. Cependant, ce qui a le plus marqué Diane Ducret, c’est une plaque devant la baraque de « l’ange de Gurs » avec gravé dessus : « Il vaut mieux allumer une lumière que de se plaindre de l’obscurité. »

Quelle était l’ambiance dans laquelle vous vous êtes plongée lors de l’écriture de ce livre?

Diane Ducret confesse avoir beaucoup pleuré lors de l’écriture. Elle a également écouté beaucoup de musique et tout particulièrement Yann Tiersen.

Merci encore à elle pour ce chaleureux moment plein de simplicité! 

Alors, je vous ai donné envie de découvrir ce livre? En avez-vous lu d’autres de Diane Ducret? 



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